RETOUR VERS LE FUTUR

Le Terminator des journalistes

retour vers le futureIl signe “The Machine”, il est capable de rédiger un article complet et fouillé en deux secondes  sans faute de grammaire ni d’orthographe. The machine, de son vrai nom Stats Monkey,  est un puissant logiciel. Sa fonction : journaliste.

Il est né à Evanston (Illinois), près de Chicago, nourrit par un réseau d'ordinateurs appartenant au laboratoire d'information intelligente (Infolab), installé sur le campus de l'université du Northwestern.
Stats Monkey est spécialisé (pour le moment) dans les résumés sportifs. Il télécharge les tableaux chiffrés publiés par les sites Web des ligues, collecte les données brutes (Score, blessures…) puis classe les informations et reconstruit le déroulé du match en langage informatique. Pour le vocabulaire, il puise dans “une base de données contenant une liste de phrases, d'expressions toutes faites, de figures de style et de mots-clés revenant fréquemment dans la presse sportive. Il va alors rédiger un article”, rapporte le journal français le Monde.

Stats Monkey a été imaginé par les professeurs Larry Birnbaum et Kris Hammond, spécialistes d'intelligence artificielle, et développer par John Templon, 27 ans, diplômé de journalisme, et Nick Allen, 25 ans, informaticien. Pour les journalistes qui hypothèquent déjà leur devenir, Kris Hammond se veut rassurant : “Notre but est juste de fournir aux journalistes des outils qui les débarrasseront des tâches les plus répétitives et les moins intéressantes. Ils dégageront ainsi du temps pour accomplir leurs missions nobles : reportages de terrain, investigations, analyses...”

Pourtant, plusieurs autres projets autour de l’information et son automatisation sont en développement dans les laboratoires d’Infolab, même la caricature y passe (Dilem ne sera pas épargné), en mettant au point “un système de fabrication de bandes dessinées appelé Manatee Comics. Son but est de démonter, reproduire et automatiser le mécanisme des plaisanteries basées sur une comparaison, une chute inattendue, un paradoxe...”

Sur le web, les commentaires autour de cette innovation vont bon train, pour certains, les journalistes robots existent depuis bien trop longtemps, ceux qui sont “inféodés aux pouvoirs politiques et financiers”, pour un autre internaute, “ça ne changera rien vu le niveau actuel des "articles" listant des informations non comprises et "décontextualisées" ou des "journalistes" incapables d'écrire sans Wikipedia ou Google”. D’autres sont plus optimistes en déclarant que “la machine ne peut pas — encore — expliquer le contexte, les causes et les conséquences, expliciter des notions complexes en les mettant dans leur contexte, bref, faire un travail de journaliste”.

Entre les réseaux sociaux qui relaient les faits à la seconde, les plateformes d’informations type Google News qui hiérarchisent tous azimuts, le papier qui tend à disparaître et désormais le journaliste robot capable de reproduire et perfectionner jusqu’à le style d’écriture des plus grandes signatures, le journalisme n’a jamais été aussi mis à l’épreuve.

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