La légende n’a pas retenu ni son nom, ni celui de sa bien-aimée. Tout ce que l’on sait c’est qu’il était forgeron dans un village dont l’emplacement, à notre connaissance, n’a jamais été localisé avec exactitude. Tantôt on le situe du coté de Aïn El Hammam, tantôt du côté de Draa El Mizan. On ne sait pas non plus à quelle époque ont eu lieu les événements de cette histoire devenue légendaire. Le plus important ne réside peut-être pas là mais dans ces fragments de récit que l’on se raconte encore de nos jours et qui illustrent de fort belle manière ce dont est capable un homme blessé dans son amour-propre.
Le jeune forgeron d’un village dénommé Akalous veut épouser la fille du plus riche éleveur du pays. Sa mère essaie de lui faire entendre raison en le convaincant que cette fille-là n’était pas pour lui.
Le jeune forgeron insista tant et si bien que sa brave mère accepta, sans conviction de l’accompagner chez le riche éleveur pour demander la main de sa fille. Ce dernier, comme elle l’avait prévu, refusa de la leur accorder sous prétexte qu’elle était " réservée " depuis longtemps au fils d’un de ses vieux amis.
«Amachahou rebbi ats iselhou Ats ighzif anechth ousarou» (Ecoutez, que je vous conte une histoire, Dieu fasse qu’elle soit belle, longue et se déroule comme un long fil).
Le conte que vous êtes en train de lire a fait le tour de la planète sous sa version chantée. C’est en effet, grâce à Benmohamed (Benhamadouche), pour les belles paroles, à Idir (Cheriet Hamid) pour musique et chant, que ce conte venu du fin fond des âges a pu comme le Phénix renaître de ses cendres. Nous vous le livrons sous sa forme écrite.
Après plusieurs tentatives sans succès l’ogre décide de prendre conseil chez “Amghar Azemni” (le vieux sage). Il va le voir et lui dit :
“Helk’agh thiyarsi inou Youthayi Ouadhou
Dhelvagh d’g’ek’ H’elou” (J’ai des maux de gorge, ma voix est enrouée, je veux qu’elle devienne aussi fluette que celle d’une jeune fille. Guéris-moi, je t’en prie !)
Dressant les oreilles, il dit à ses frères : “Thedhra El H’adja d’ Rova !” (Quelque chose de grave est arrivé à Rova !) Il faut que nous allions de ce pas la délivrer. Ce n’est pas dans ses habitudes de traîner dehors à la tombée de la nuit.” Mus par un mauvais pressentiment, ils se rendent tous les quatre à la hutte construite autour de leur père. Ils ne trouvent que du sang et des ossements d’homme.
«Amachahou rebbi ats iselhou Ats ighzif anechth ousarou» (Ecoutez, que je vous conte une histoire, Dieu fasse qu’elle soit belle, longue et se déroule comme un long fil). Ce n’est qu’en 1969 que le premier homme a posé ses pieds sur la lune. A en croire une légende kabyle, une mémée ayant vécu à une époque remontant à la nuit des temps, a fait mieux que les astronautes de la NASA. Elle a fait tomber dans son écuelle (Thavaqith is) la lune (ayour) pour faire des sortilèges. Encouragée par ce premier exploit, elle s’est attaquée ensuite au soleil (itij), mal lui en prit. Si l’opération de descente de la lune s’est passée sans incident, ce n’était pas le cas lors de la descente du soleil où soudainement le jour s’est transformé en nuit.
«Amachahou rebbi ats iselhou.Ats ighzif anechth ousarou» (Ecoutez, que je vous conte une histoire, Dieu fasse qu’elle soit belle, longue et se déroule comme un long fil). D’après une légende kabyle, les premiers hommes qui peuplèrent la Terre étaient des privilégiés.
Amachahou rebbi ats iselhou.Ats ighzif anechth ousarou.(Ecoutez, que je vous conte une histoire, Dieu fasse qu’elle soit belle, longue et se déroule comme un long fil). Jadis régnait sur la terre un monarque aux multiples lubies. Ce sont quelques-unes d’elles, que nous allons vous raconter à travers ce conte du terroir.
Amachahou rebbi ats iselhou. Ats ighzif anechth ousarou (Ecoutez, que je vous conte une histoire, Dieu fasse qu’elle soit belle, longue et se déroule comme un long fil). Dans les contes kabyles le personnage de Teriel (l’ogresse) est presque toujours assimilé à méchanceté, peur et horreur Dans l’histoire du terroir qui suit on a affaire à une Teriel plus humaine que d’habitude. Il y a très longtemps de ça, dans une contrée, vivait un homme aisé. Il avait pour progéniture trois filles d’une inégalable beauté.
Amachahou rebbi ats iselhou. Ats ighzif anechth ousarou. (Ecoutez, que je vous conte une histoire, Dieu fasse qu’elle soit belle, longue et se déroule comme un long fil). L'amitié se gagne à l'épreuve. Voici d'après ce conte du terroir comment la perdrix est devenue l'amie du chacal.
Amachahou rebbi ats iselhou. Ats ighzif anechth ousarou. (Ecoutez, que je vous conte une histoire, Dieu fasse qu’elle soit belle, longue et se déroule comme un long fil). La malhonnêteté, la roublardise, la duperie ne datent pas d'aujourd'hui. Leur origine remonte à la nuit des temps comme le prouve ce conte du terroir qui se passe à l'époque où les animaux avaient le don de la parole et communiquaient avec les hommes.
Amachahou rebbi ats iselhou. Ats ighzif anechth ousarou. (Ecoutez, que je vous conte une histoire, Dieu fasse qu’elle soit belle, longue et se déroule comme un long fil). Il était une fois un homme prénommé Ali qui avait pris pour épouse une jeune femme de sa famille. Le couple vivait dans un dénuement complet. Un jour qu'il put avoir un peu d'argent, Ali se rend au marché dans l'intention d'acheter un "bouzelouf" (tête de mouton). Lui et sa femme adorent en manger. Cela fait des mois qu'ils n'ont pas goûté à ce met fort prisé.
deg lawan-nni n ccwal ger izanditen (les indiens) n marikan ak d imezwura n fransa (les pionniers) yiwen umessedrar n tmurt-nne& it'awel-itt &er usamer ub3id (far ouest) ad yawi amur-is n ura&.
Amachahou rebbi ats iselhou Ats ighzif anechth ousarou. (Ecoutez, que je vous conte une histoire, Dieu fasse qu’elle soit belle, longue et se déroule comme un long fil). En général, ce sont les enfants qui sont prodigues et inconscients, mais dans le conte du terroir qui va suivre, c'est le contraire qui se passe.
Amachahou rebbi ats iselhou Ats ighzif anechth ousarou.(Ecoutez, que je vous conte une histoire, Dieu fasse qu’elle soit belle, longue et se déroule comme un long fil).
Se sortir d'une affaire dans laquelle on s'est empêtré n'est souvent pas chose aisée. Voici la ruse employée par Si Mh'amed, (dénomination familière du chacal) pour se sortir presque indemne d'une affaire qui aurait pu lui coûter la vie, d'après ce conte du terroir.
Amachahou rebbi ats iselhou. Ats ighzif anechth ousarou. (Ecoutez, que je vous conte une histoire, Dieu fasse qu’elle soit belle, longue et se déroule comme un long fil). Les enfants de riches ont des lubies, mais la lubie de ce jeune homme, fils de riche, dépasse l’entendement. Voyez vous-mêmes en lisant ce conte du terroir. Trop gâter un enfant dès sa naissance ne peut que lui nuire à l’adolescence, voire à l’âge adulte. A l’âge où tous les jeunes se marient, le jeune homme objet de cette histoire, veut bien le faire, mais avec une fille hors du commun.