Kamel Abdat. Comédien


C’est Fellag qui m’a donné envie de faire ce métier

Kamel Abdat. Comédien
C’est Fellag qui m’a donné envie de faire ce métierPrix de la meilleure interprétation masculine lors du 3e Festival national culturel du théâtre amazigh de Batna, Kamel Abdat, le comédien star des séries Café El Gusto et Jarnan El Gusto, de la chaîne El Djazairia, s’est imposé sur scène et à la télé. Il nous parle de son parcours et de ses projets.


- Comment êtes-vous devenu comique professionnel ?

Mon parcours est assez atypique. J’ai commencé par du théâtre, au primaire, pour me débarrasser de ma timidité. Puis je me suis mis à écrire mes propres pièces et mes sketchs au lycée où j’ai créé ma première troupe. A l’université, j’ai fondé Tarwa n Kateb Yacine, une troupe de jeunes que je dirigeais et qui jouait mes propres pièces, inspirées par le théâtre populaire katébien. C’est aussi à l’université que j’ai joué mes premiers monologues. Mais ma carrière a réellement démarré en 2005, quand Mourad Baloul a fait appel à moi pour participer à la fameuse émission, «Tiqubac» (les pioches), sur les ondes de la Chaîne II, une merveilleuse expérience qui m’a ouvert la voie à beaucoup de portes et m’a beaucoup appris. J’ai animé par la suite beaucoup d’autres émissions dont la dernière est «Lluzin b’awal». J’ai aussi participé à quelques séries kabyles, telles que Ahlil-Ahlil Chaâvane di Remdan. J’ai ensuite intégré le théâtre régional de Kateb Yacine, où j’ai joué le rôle ambivalent de M’barka, dans la pièce Thawaghith a Lmumnin, de Fouzia Aït Lhadj. Rôle qui m’a valu le prix de la meilleure interprétation masculine, lors du Festival du théâtre amazigh de Batna, en décembre 2011. C’est juste après que commence l’aventure de Kahwet El Gusto. Nabil Asli et Mohamed Bendaoud ont fait appel à moi et, après quelques semaines d’hésitation, j’ai intégré l’émission, dans laquelle j’ai joué la plupart de mes sketchs, pour la première fois, en arabe. C’est cette émission qui m’a donné l’occasion de jouer pour le grand public des sketchs destinés à la scène et qui n’auraient jamais pu être diffusés par les autres médias publics.  Après le succès de l’émission, nous avons lancé pour le mois de Ramadhan Jarnan El Gusto, une sorte de journal satirique qui caricature la scène politique et culturelle nationale et internationale. Nous avons osé, malgré le manque de moyens techniques et artistiques, nous attaquer à ce projet novateur et unique, conçu grâce aux comédiens et surtout au metteur en scène Abdelkader Djeriou et au producteur Riadh Redjedal.

- Le grand public vous a découvert surtout dans les deux émissions Café El Gusto Jarnan El Gusto de la chaîne El Djazairia. Une bonne expérience ?

Une magnifique expérience, humaine d’abord, il y a eu la rencontre d’autres comédiens et artistes avec lesquels nous avons tissé des relations fraternelles et artistiques, car nous avons découvert d’autres styles d’humour. Mais, et c’est le plus important, j’ai réalisé mon rêve de jouer mes propres spectacles, devant des milliers de gens. Jouer et imiter les hommes politiques algériens, et aider à écrire les textes et concevoir les rubriques de Jarnan El Gusto m’ont aussi comblé. De plus, même si j’ai beaucoup joué sur scène et à la radio, cette nouvelle chaîne m’a ouvert de nouveaux horizons et a permis au public non berbérophone de me connaître.

- Certains de vos fans voient en vous le fils spirituel de Mohamed Fellag. Un comique qui vous inspire ?

Je ne peux pas nier une affiliation artistique à Fellag, car le premier spectacle monologue que j’ai vu, enfant, c’était celui de Fellag. C’est lui qui m’a donné envie de faire ce métier. Mes premiers sketchs sont fortement inspirés par lui. Néanmoins, avec le temps, j’ai essayé d’avoir mon propre style, ce que j’ai réussi à faire, notamment avec mes derniers sketchs, tels que L’école, La plage ou Le Zapping. Mais surtout la grande différence avec Fellag, c’ est que j’adore jouer des personnages assez différents et déjantés, comme Nna Hedjila, Katia, Mohand Amokrane et Dahmane Harnane. De plus,  je dois dire aussi que j’ai appris à aimer le théâtre et l’écriture dramatique, très jeune grâce à Mohand Ouyahia. J’ai ensuite eu d’autres références comme Jim Carrey, Coluche, Adel Imam, Raymond Devos, Desproges, Stéphane Guillon, Laurent Gerra et beaucoup d’autres.

- Dans vos sketchs, quel est le message que vous voulez passer ?

Le message ! Je m’exprime d’abord et avant tout, et c’est le plus important pour moi, je dis mes maux, mes amours, ma nostalgie et mes colères. Je ne sais pas vraiment s’il y a un message, mais s’il y en a un, c’est un message d’amour et de fraternité entre les peuples. Car je parle d’abord de mon village, de ma Kabylie natale, mes personnages, mes idées viennent de là. Je parle de ma fierté d’être ce que je suis, en ajoutant une touche d’autodérision et de critique à la société dans laquelle je vis. Je parle de ma culture dans le but de la faire connaître en la liant au monde et aux grands événements du siècle. Je parle des mariages kabyles, de nos danses, de notre ambiance, de nos femmes, de notre romantisme, etc., avec beaucoup d’amour et souvent avec beaucoup de nostalgie.

- Des projets en vue ?

Oui, beaucoup ! D’abord, une chronique satirique matinale, quotidienne sur les ondes de la chaîne II et un autre projet sur une autre station nationale. Jarnan El Gusto va bientôt reprendre sur El Djazairia. D’autres projets de sitcoms et de séries sont aussi à l’ordre du jour. Un DVD de mon spectacle en kabyle va sortir. J’espère aussi retrouver bientôt mon public sur scène pour un nouveau spectacle que je suis en train d’écrire. J’espère aussi écrire de nouvelles pièces de théâtre, car le théâtre reste mon premier amour.                               
 
El Watan  

 

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