Rabah Ouferhat «re-chante» Tala Ilughène

Trente six ans aprèsRabah Ouferhat «re-chante» Tala Ilughène

La Depeche de Kabylie 26/07/2008

Par ailleurs, dans ce nouvel album qui compte pas moins de huit titres, à côté de “Tala Ilughène”, Rabah Ouferhat chante sa nostalgie du passé dans “Sussam a Yuliw”, alors que dans la même mélodie de “Tala Ilughène” évoque les larmes de la tourterelle dans “Tetttru Tmila” alors qu’il réserve toujours une grande place à la fille de son village sur un air de Athmani “Ikheccmiyi Azim gherwul”.

Rencontré le 25 juin dernier, à Draâ El Mizan, plus précisément au cinéma “le Maghreb”, lors de la célébration du dixième anniversaire de l’assassinat de Matoub Lounès, le chanteur Rabah Ouferhat, qui a répondu présent ainsi que d’autres chanteurs moins connus pour participer au gala, n’a pas hésité un instant, après sa magnifique prestance sur scène de nous accorder un entretien. Bien que nous ayons couvert dans nos précédentes éditions le déroulement de l’hommage, en temps opportun, il n’en demeure pas moins que pour cet entretien, il nous fallait attendre tout ce temps. La cause en est que notre interlocuteur, Rabah Ouferhat, nous avait fait part de la sortie de son nouvel album qui devait intervenir le même jour, c’est-à-dire le 25 juin mais qu’il avait demandé à son producteur de surseoir à cette parution car c’était inconcevable que cela se fasse le jour même de la commémoration de la disparition d’un être cher, tel que feu Matoub Lounès. “C’est un devoir pour chacun d’honorer la mémoire du Rebelle qui a beaucoup donné non seulement pour la culture algérienne mais également pour la démocratie. A plus forte raison pour moi qui lui ait offert la première occasion de tenir entre ses bras une vraie guitare, en 1971, au lycée “Chafaï” de Bordj-Ménaël où j’étais scolarisé en qualité d’interne.
Aussi, feu Matoub Lounès venait faire l’étude, le soir, avec nous car son père était notre cuisinier, donc l’administration du lycée lui avait accordé cette faveur”, nous raconte le chanteur Rabah Ouferhat avec beaucoup d’émotion le début de l’itinéraire du chantre de l’amazighité. C’est vrai, fort occupé à interviewer un autre jeune chanteur qui promet, en l’occurrence Kamel Kazoui, un non voyant, nous n’avions pas pu suivre le passage de Rabah Ouferhat sur scène alors que des applaudissements nourris nous parvenaient à l’extérieur de la salle de spectacle.

«J’ai offert à Matoub la première occasion de tenir entre ses bras une vraie guitare, en 1971»

Après le témoignage sur Matoub Lounès, nous demandâmes à notre invité, question de détendre l’atmosphère de nous donner des nouvelles de sa fontaine “Tala Iluighène” si elle a changé depuis tout ce temps ; trente-six ans, c’est beaucoup, surtout que la belle Farida doit être sûrement une grande-mère avec de beaux restes.

En effet, le coup avait porté d’autant plus que Rabah Ouferhat avait compris que son message à travers cette chanson est bien passé, ce qui l’a immortalisée et avait fait de lui sa réputation. “C’est en 1972 que “Tala Ilughène” est sortie sur un 45 tours. Trente six années et elle revient dans mon nouvel album avec la même émotion et les mêmes sentiments car “Tala Ilughène”, l’est toujours, c’est à l’image de notre pays comme tout le monde peut le comprendre. Après l’avoir réécoutée, à la fin de la semaine passée, à la sortie du nouvel album, il reste que cette chanson-phare de Rabah Ouferhat, tel l’œuvre de feu Kateb Yacine “Nedjma” demeurera immortelle. Par ailleurs, dans ce nouvel album qui compte pas moins de huit titres, à côté de “Tala Ilughène”, Rabah Ouferhat chante sa nostalgie du passé dans “Sussam a Yuliw”, alors que dans la même mélodie de “Tala Ilughène” évoque les larmes de la tourterelle dans “Tetttru Tmila” alors qu’il réserve toujours une grande place à la fille de son village sur un air de Athmani “Ikheccmiyi Azim gherwul”. “Akh Tassarut” est un autre appel à l’amour, à la confiance et à l’entente qui doit prévaloir entre les couples alors que dans “Ighadiyi Mim Dalakak”, nous retrouvons encore l’air de “Tala Ilughène” avec une belle poésie. L’avant-dernier titre “Ruh Duvridim”, retrace un amour impossible qui est le fait de plusieurs contraintes qui débouchent sur une séparation douloureuse pour le soupirant.

Rabah Ouferhat clôture son nouvel album par un hommage à son public et à ses fans avec “Ussighed Arghurwen”. Aux dernières nouvelles, la chanson “Tala Illughène” est entrée dans le hit-parade de Radio “Soummam” où elle aura à gagner la première place si, du moins, les jeunes auditeurs et les jeunes auditrices de cette station régionale prennent la peine de demander à leur aînés (es) de leur parler du chemin de la fontaine d’autrefois quand les jeunes filles habillées de leurs belles tenues vont y puiser de l’eau, tandis que faisant le gué sur un figuier ou un chêne, le jeune Rabah suit des yeux la démarche gracieuse de la belle Farida.
 

par Essaid N’Aït Kaci

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