Kabylie Story

Kabylie Story : Azeffoun, l’aarch de Noé

A cette étape des pérégrinations kabyles, je suis contraint de revenir sur deux décisions prises précocement. C'était facile — et presque parfait — de les prendre en théorie, dans le confort cartésien d'un cabinet de travail. Il en est tout autrement, maintenant. La première conduit à un réajustement géographique.

Kabylie Story : Tizi, tout feu tout femmes

Le Soir d'Algérie

Le café Le Méridien est un établissement qui se trouve en longeant cette rue qui monte sur le flanc du Bâtiment Bleu à Tizi-Ouzou. A l’instar des autres, il n’y a que des hommes dedans. Pourtant, c’est là que Faroudja Mansouri et Kamera Naït Sid ont décidé de m’emmener. Visiblement, tout le monde les connaît et les respecte, ici. On vient de l’autre bout de la salle pour les congratuler, dans cette attitude réservée et chaleureuse que l’homme est contraint d’adopter quand une femme lui en impose.

Kabylie Story Epilogue : Que sont les racines sans l'arbre ?

 Le Soir d'Algérie

Merzouk est sur les genoux. Après une quinzaine de jours à déambuler par monts et par vaux, de jour comme de nuit, le périple finit. Les plus belles choses ont un terme.

Kabylie Story : Tazmalt, la ferme Ouyahia

 Le Soir d'Algérie

«Cette année, la récolte est médiocre», dit Ahmed Ouyahia en regardant les essaims d’étourneaux exécuter des figures de ballet au-dessus d’une olivaie. «Celle de l’année dernière était, par contre, exceptionnelle». L’homme a quarante-cinq ans. Il a le visage émacié, le regard dubitatif du veilleur et la parole parcimonieuse. Il était à Akbou, dans cette réunion des oléiculteurs, où nous lui demandons de nous faire visiter Tazmalt, sa ville natale. Il monte dans la voiture, avec ses deux enfants. Il explique : «C’est les vacances, je les emmène à la ferme à Tazmalt. Nous habitons en partie à Akbou».

Kabylie Story : Akbou, la plume de Taos

 Le Soir d'Algérie

Traverser la forêt de Yakouren en écoutant Radio Soummam émettant à partir de Vgayet, c’est parcourir un trait d’union. Point de singes sautillant dans les arbres. Nos ancêtres se terrent quelque part, en attendant que la tempête passe. Trop froid pour s’amuser à faire des grimaces en se balançant aux branches.

Kabylie Story : Aït-Yenni, pause nostalgie

 Le Soir d'Algérie

C’est avec un pincement au cœur que j’observe des ouvriers s’acharner contre l’école d’Agouni-Ahmed. Ils la détruisent, sans pitié, sans remords, avec la conscience apaisée d’hommes affairés à de grandes choses. Un monde s’écroule dans un bruit de désolation. Ces deux classes aux murs droits et aux tuiles bien rouges, qui se distinguaient des autres constructions de tadart par leur respect de la géométrie, ont été édifiées vers 1889. C’est un monument qu’on supprime de l’espace, un repère qu’on fait disparaître dans le fracas des fourches.

Kabylie Story : Aït-Zekki, hittisme en altitude

 Le Soir d'Algérie

A dix heures vingt, le copain, originaire d’Aït-Zekki où il ne vit plus, n’est pas au rendez-vous dans ce parking face au campus de Hasnaoua. Avec Merzouk, nous décidons de nous y rendre quand même. Mais je n’ai pas l’esprit tranquille. Le téléphone ne répond pas. «Les intempéries», en conclut Merzouk. Il pleut, en effet, sans discontinuer. Le Sebaou bout de flots écumants qui en occupent tout le lit. Nous partons sans savoir pourquoi notre ami n’est pas au rendez-vous. Compter sur le téléphone portable ? Capricieux… Trop… Merzouk roule prudemment. Il parle, en évitant les dangers divers parsemés sur la route, de cette Kabylie qu’il connaît si bien pour l’avoir tant aimée et si longtemps sillonnée. Pas une takhlidjt (hameau), dont il ne cite le nom et dont il ne dit, parfois, l’histoire.

Kabylie Story : Agouni Gueghrane, le fantôme de Slimane Azem

 Le Soir d'Algérie

Des gamins tapent dans un ballon de foot sur un terrain vague à flanc de précipice, les joues rouges de froid, la tête enfoncée dans des bonnets de laine. «Est-ce que tu sais qui est Slimane Azem ?», demande-t-on au gardien de but. «Dh’ khali, C'est mon oncle », répond-il. Les autres arrivent. On discute balle au centre. «On est fier de lui, ici», dit un des joueurs. «On devrait étudier ses textes», rétorque un autre en désignant la direction de cette école même où Slimane a usé ses fonds de culotte. On se souvient, ici comme ailleurs, que Slimane Azem a été et reste l'un des rares chanteurs kabyles qu'on peut écouter en famille. Ça lui confère déjà une place particulière.

Kabylie Story : Tizi-Hibel, les fils du pauvre

 Le Soir d'Algérie

Sur la place d’en bas, des hommes, le visage congestionné par le froid et travaillé par la compassion, attendent, appuyés les uns à un muret, les autres aux voitures. D’autres encore sont, un peu plus loin, adossés aux arbres. Le soleil est pétrifié dans l’immobilité loquace d’une stèle funéraire. “Dal janaza”, répond un adolescent au look rasta— les couleurs vert et jaune, tant j’y pense, sont communes à la Kabylie et au reggae— à mon regard interrogateur.Un jeune homme a succombé, la veille, aux suites d’un cancer. Triste. Comme depuis toujours, le rite est observé en dépit des bouleversements sociologiques qui tendent à rendre méconnaissable Tadart : tous les hommes accompagnent le défunt à sa dernière demeure.

Kabylie Story : Aït-Hichem, pure laine

 Le Soir d'Algérie

Nous quittons Tizi, en début d'après-midi. Direction : la montagne. Dans la lumière du soleil froid, la montagne flotte, détourée par les limbes de brume, comme un mirage sur la margelle du regard. La route grimpe, succession de lacets en équilibre au bord de ravins à la descente abrupte. Les virages brefs offrent un panorama aux changements rapides. La vallée aux terres dessinées à la règle comme un damier ocre est soudain remise au second plan par le moutonnement des crètes à l’assaut du massif.

Kabylie Story : Ouadhias, conversation entre amis

 Le Soir d'Algérie

En face de la polyclinique des Ouadhias, il y a cette cafétéria dite de la Santé où le thé est servi en infusion et Matoub plein pot. Ali et Mohammed m’y précèdent. Ali est chirurgien-dentiste. Il habite à Agouni Guaghrane et travaille aux Ouadhias. Mohammed, lui, fait tous les jours le chemin inverse. Il occupe un appartement aux Ouadhias et enseigne à l’école primaire d’Agouni Guaghrane, celle qu’a fréquentée, il y a une soixantaine d’années, Slimane Azem.

Kabylie Story : Voyage dans les singularités

 Le Soir d'Algérie

«Qu’est-ce que la Kabylie ? Qu’est-ce que cette contrée dont le nom a si souvent retenti dans la presse, comme autrefois dans nos discussions publiques ?» Ces questions ne sont pas nouvelles. Elles auraient pu, en effet, dater du Printemps noir. Mais non ! Elles ont été posées dans ces mêmes termes déjà en 1856 par le général Eugène Dumas (1802-1871), un officier qui a participé à la conquête de l’Algérie.

Kabylie Story : Bordj-Menael, théâtres

 Le Soir d'Algérie

“On se retrouve au Petit-Montagnard”, me dit Omar Fetmouche au téléphone. A travers les grésillements du portable, mon embarras est passé. “Tu demandes. Tout le monde connaît”. C’est donc ça, la rue principale de Bordj-Menaël : un champ de ruines ?

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