En débat 2ème partie et fin

Ce qu'un demi-siècle d'indépendance et d'interdépendance permet de dire

Le général de Gaulle avait programmé en juin 1958 la mise au pouvoir de Ahmed Ben Bella dans les quatre ans à venir, avec l’espoir de conserver 70% du pétrole et d’avoir la main mise sur le Sahara. C'est ce qu'a révélé, dans une émission de radio, Jean Méo qui fut chargé de mission du Général de Gaulle (1958-1960), puis PDG d'Elf-Erap (1964-1972).

Ma grand-mère, qui n’avait pas été arrêtée, à son arrivée à la maison, avait parlé à l’entourage de ce qui s’était passé, si bien qu’au bout d’un certain temps, tout le quartier connaissait la mésaventure de la famille Chabane. Après maintes difficultés, ma mère et Khaled parvinrent au Clos Salembier, et une fois entrés dans le quartier et qu’elle fut reconnue par les voisins, les youyous des femmes qui étaient au courant de l’histoire, retentirent, puis la maison fut envahit de visiteurs. Ma mère, en pleurs, raconta l’histoire. Avec peine cherchant ces mots qui entre deux sanglots lui restaient suspendus entre la gorge et la bouche.

Khaled traumatisé, semblant revenir d’un autre monde, les yeux écarquillés, qui voulaient lui sortir de l’orbite, me tira par la manche pour me dire à l’oreille, j’ai faim. J’ai été dans la cuisine, il m’a suivi,  je lui ai donné un morceau de pain, il m’a demandé le pain en entier, il est sortit dans le jardin, comme par pudeur, il s’est mit à l’abri des regards. Et le pain qu’il tenait, bien précieux, il le dévora en un temps record. Je le regardais médusé et le voyant avaler de la sorte, craignant qu’il n’étouffe, j’ai été lui chercher une bouteille d’eau. Et à chaque bouchée qu’il avalait, il revenait à lui, il reprenait son âge. Et ce n’est que lorsque qu’il a finit qu’il me dit que cela faisait quatre jours qu’il n’avait rien mangé. Khaled avait 8 ans moi j’en avais 14. Je l’ai fait sortir de la maison, et sur le palier, on s’est assis et il m’a raconté à sa façon, les événements dont il avait été témoin.

Quant à ma mère, elle nous raconta cette aventure en pleurant. J’avais 14 ans, et j’allais vivre avec l’amertume de ce ressentiment et la haine des soldats

Français ne me quittera pas pendant longtemps. La haine est tonique, elle fait   vivre et inspire la vengeance. Et sous son emprise, j’ai décidé de réagir, selon mes capacités d’enfant endurci par la perte d’un homme qui était plus qu’un père, c’était l’ami.

Le courage ne se mesurant pas à la largeur des épaules et la valeur n’attendant pas le nombre des années, j’ai décidé de prendre l’initiative, et à mon tour continuais le combat de mon père. Alors j’ai commencé à militer, à partir de ce qu’il m’avait enseigné et de ce que j’avais appris de la bouche des combattants qui avaient transité par notre maison. Puis, petit à petit, après avoir sélectionné, parmi mes camarades, les plus aptes à participer aux actions que je planifierais, j’en ai recruté six, formant deux groupes de trois. Le premier composé de M’hamed, Abdallah et Cheikh ; le second de Mahmoud, Dahmane et Mustapha, auxquels, pour gagner leur confiance, je disais que j’agissais selon les instructions qui me parvenaient des moudjahidine qui venaient chez moi. Ainsi il en fut, et cela dura jusqu’à ce que j’eu s eu attaqué un adversaire au couteau, et de crainte d’être arrêter j’ai à mon tour rejoins l’ALN avec Abdallah et M’hamed, nous avions à peine 16 et 17 ans.

Notre histoire, une aventure rocambolesque, a été unique dans les annales du combat de libération. Auparavant, nous avions à plusieurs reprises tenté de rejoindre l’ALN à l’intérieur du pays, mais en vain à chaque fois nous revenions bredouille. Alors me souvenant d’une discussion, entre mon père et des moudjahidine, au sujet du bombardement de Sakiet Sidi Youssef en Tunisie, dont j’avais lut l’événement sur le journal, je me suis rappelé qu’il avait été question de base ALN sur la frontière algéro-tunisienne. Et j’ai compris alors que l’on pouvait prendre la mer jusqu’à Tunis et après  arriver par derrière jusqu’à l’ALN.

Une carte topographique nous permis de nous situer, et il n’en fallait pas plus pour, nous permettre d’échafauder un plan d’embarquement clandestin sur un bateau en partance pour Tunis.

L’aventure ne fut pas facile. Après recherche et prospection, nous avons trouvé un contact en la personne d’un des commandants du bateau dont nous avons fait un ami.

Et un beau jour, nous avons décidé de nous introduire dans le bateau de commerce Allemand, le Baltic Trader. Mais une fois arrivés au port de la Goulette, nous fûmes remis à la police tunisienne, chargée de la sécurité territoriale (DST), qui sans brutalité aucune et d’une manière intelligente, nous a longuement interrogés sur nos intentions. Pendant une dizaine de jours, nous avons été questionnés par des hauts cadres de cette police et passés de l’un à l’autre des personnalités chargés de vérifier si nous n’étions pas des agents formés et envoyés en Tunisie par les autorités Française pour vérifier si la Tunisie hébergeait l’Armée de libération algérienne. C’est pour cela que même le président Bourguiba s’intéressa à nous.

A tous nos interrogateurs, nous avons répondu avec la spontanéité de notre jeune âge, la franchise de notre éducation musulmane, et surtout avec la haine de l’armée française pour tout ce qu’elle faisait au peuple algérien et au peuple frère tunisien, ajoutions-nous. Petit à petit, la confiance s’établit entre les officiers de la DST et nous. Alors les questions furent plus simples et directes :

-Que pensent les Algériens du président Bourguiba ?

-Y a-t-il beaucoup de Tunisiens à Alger ?

-Est-ce qu’ils sont avec les Algériens ou avec les Français ?

-Avez-vous déjà vu le drapeau tunisien en Algérie, etc.

Au bout d’une quinzaine de jours, nous fûmes déposés rue des tanneurs à Tunis-Ville, au siège de l’Organisation algérienne, où il nous fut réservé un accueil des plus chaleureux. Puis nous fûmes emmener auprès du président Ben Khedda, qui nous a reçu en présence d’autres hommes, des ministres du GPRA. Puis après un long moment de questions et réponses, trois hommes nous emmenèrent avec eux dans un autre bureau, où ils nous offrirent des gâteaux, de la limonade et du café au lait. Puis après qu’ils aient écouté notre péripétie dans le détail, ils voulurent des précisions sur telle ou telle chose, sur tel ou tel sujet. Puis, ils nous demandèrent des renseignements sur nos familles, leurs engagements dans la lutte de libération.

Des renseignements sur ce qui se passait à Alger et des renseignements sur le commandant du Baltic Trader, qui nous avait remis aux autorités tunisiennes, alors qu’il aurait put nous ramener, à son retour, à Alger et nous remettre aux autorités françaises. Finalement, le stage passé chez la DST tunisienne, nous aura servi à ne pas nous emporter d’être ainsi questionnés par nos propres frères qui, il faut le dire eux aussi, trouvaient invraisemblable que de jeunes adolescents aient pu, de leur propre initiative, décider de rejoindre l’ALN et de trouver le moyen d’y arriver  sans passer par la filière FLN, et sans l’aide d’adultes.

Moi et mes deux camarades, nous discutâmes de ce contact, lorsque nous fûmes seuls dans les sous-sols de la base, où il y avait un dortoir dont s’occupait Zoubir, un combattant blessé à la jambe, qui nous a expliqué beaucoup de choses sur la vie dans l’ALN ; il nous à donné de bons conseils ; il nous a dit qui étaient les personnes qui nous avaient reçu avec le président Ben Khedda, et d’après la description que nous lui avons faite, il nous expliqua que ceux qui nous avez pris à part, c’était Krim Belkacem, Bentobal, et Boussouf. D’après Zoubir, c’était des hommes importants du «nidam» (l’organisation). Par la suite, après quelques jours passé à Tunis-Ville, notre camarade Abdallah fut retenue pour servir dans la logistique, de la base, quant à M’hamed et moi, un beau matin, nous fûmes réveillés par le responsable de salle : «Aller levez-vous, levez-vous la Land Rover est la», criait Zoubir, qui sautant, sur sa jambe valide, d’un lit à l’autre, nous réveillait en nous remuant «allez débout, fainéants».

Il y avait dans ce dortoir, des Algériens qui venaient d’Allemagne, d’autres venaient de France et d’Italie ; ils venaient tous de l’étranger, car personne ne pouvait sortir d’Algérie par avion ou par bateau.

Vouloir aller dans les pays voisins, c’était vouloir rejoindre l’organisation indépendantiste et tous faisaient un détour par l’Europe pour sortir d’Algérie et aller au Maroc ou en Tunisie pour rejoindre l’ALN.

Alger était entourée de fil barbelé, ceinturée, bouclée, surveillée et contrôlée jour et nuit. Et nous petits moudjahidine algérois, nous avons put passer entre les mailles du filet et sortir d’Alger, comme par le chas d’une aiguille. Nous étions arrivés jusqu’à la base de la révolution algérienne, jusqu’au siège du GPRA, jusqu’au quartier général du FLN/ALN ; nous étions des héros, tous ceux qui nous ont rencontré le savaient ; nous étions les seuls à l’ignorer. Et ce matin là j’étais le premier à sauter du lit, car depuis notre arrivée, je ne pensais qu’au jour où l’on nous affecterait dans les groupes de combats. Donc je sautais de mon lit comme on saute d’un parachute. Nous étions huit personnes en tout et pour tout.

Il faisait encore nuit lorsque nous sommes sortis du bâtiment, devant la porte, sur  la rue des Tanneurs ; il y avait une Land Rover dont le moteur ronflait, dans lequel nous sommes tous montés à l’arrière, et le véhicule démarra, vers ce que j’espérais être le lieu de combat. La Land Rover roula vers l’extérieur pendant une demi-journée sans s’arrêter. Ce n’est qu’une fois arrivés à l’intérieur d’une caserne que nous sûmes que nous étions à El Kef. Après avoir mangé dans une gamelle et dormi sur des nattes, le lendemain, émerveillés d’être là, nous fûmes dirigés vers le magasin d’habillement où nous échangèrent nos vêtements civils contre une tenue militaire ; alors seulement et seulement alors M’hamed et moi avons sauté de joie, heureux d’être enfin dans les rangs de l’ALN.

Du magasin d’habillement, nous fûmes emmenés, chez le colonel Boumediène qui, devant une casemate, semblait nous attendre, entouré de ses collaborateurs; nous leurs avons sauté au cou et les avons embrassé comme si c’étaient des parents que nous n’avions pas vu depuis longtemps, et eux aussi nous étreignirent, avec affection. Boumediène nous fit entrer dans la casemate, et alors une grande discussion commença. Familièrement, parfois d’un air sérieux, d’autres fois en riant, des questions nous furent encore poser, par les uns et les autres. C’était presque toutes les questions de la DST tunisienne, plus celles des cadres du GPRA, qui nous étaient à nouveau posées, avec d’autres questions plus subtiles, auxquelles les précédents interlocuteurs n’ont certainement pas pensé. Nous étions dans une casemate à moitié enfouie sous terre ; à l’intérieur, sur les murs de terre, des couvertures militaires étaient fixées pour protéger de l’humidité. L’odeur de la terre mélangeait à l’odeur de cigarettes, alourdissait l’atmosphère, qui obligeait à laisser l’entrée ouverte pour aérer. Dans cette casemate, emplie de la fumée, à, un moment donné, Boumediène dit à ses collaborateurs : «Vous voyez ces jeunes adolescents, c’est la preuve concrète, que la révolution algérienne est en train d’enfanter ses propres combattants, en cours de marche ; c’est la preuve que quelque soit le temps que durera notre lutte, nous vaincrons à l’endurance. Il faut envoyer ces jeunes au front pour que les djounoud,  en les voyant, sachent que la relève existe, la présence de ces adolescents au front va galvaniser nos troupes.»

Houari Boumediène se tut, tira une grosse bouffée de cigarette, en rejeta la fumée au plafond et dit encore à ses collaboratepurs :

La présence de ces adolescents parmi nous, nous donne encore un autre enseignement, à savoir que ces jeunes nous prouve qu’il est possible de sortir d’Alger, alors qu’il y a des adultes, qui n’ont pas réussi à en sortir.

Boumediène décida de nous garder quelque temps avec lui, ce qui nous permis de lui poser les questions que nous permettait la curiosité de nos 17 ans. Il se devait de nous instruire et aider à notre formation de combattants, et nous avons eu toutes les réponses à nos questions. Par ailleurs, lui aussi à travers toutes les questions qu’il nous a posées, s’est instruit de nos réponses, j’en suis sûr. Dans tous les cas,  à travers nous, il eu une idée du caractère trempé de ces futurs algériens qu’étaient les jeunes patriotes algérois de l’époque.

Dans cet ouvrage, le but n’étant pas de raconter cette relation dans sa globalité, mais simplement de narrer un petit échange de questions-réponses, pouvant faciliter à l’introduction de cet ouvrage, pour dire, à partir de quoi et comment, j’ai commencé à analyser et à comprendre la révolution algérienne dans laquelle j’étais entré de plain-pied pour continuer le combat de mon père.

A Ghardimaou, mon compagnon M’hamed, et moi circulions librement et tout à notre aise, nous ne faisions rien d’autre que d’admirer tout le matériel dont disposait notre ALN. Et, ayant vu de nombreux camions de l’ALN, entrer et sortir de la caserne où nous étions, j’ai observé que les numéros d’immatriculation dépassaient la centaine de mille, et à Boumediène, j’ai posé la question de  savoir si nous avions autant de camions que le laissaient voir les numéros dépassant les 100.000, c’est-à-dire que l’ALN aurait plus de 100.000 camions ? Alors avec  un sourire, le colonel Boumediène me répondit : «Si nous mettons des matricules en fonction du nombre réel de ce que nous possédons, l’ennemi, qui nous espionne sans cesse, saura combien nous avons de camion, et a partir de là il comprendra beaucoup de choses sur nos capacités».

 Et comme à notre habitude, dès que nous fûmes en retrait seul, loin du va et vient,  mon ami M’hamed et moi-même, nous décortiquions l’information. En conclusion il fallait, cacher la vérité et mentir pour tromper l’ennemi ! Donc ce n’est pas une puissance divine qui protège les moudjahidine, (car c’est ce que nous croyions à l’époque, dans la vie civile) ; c’est la malice, l’intelligence, le mensonge et la ruse qui sont les armes du combat !  Et ainsi de suite, tout le long de notre parcours du combattant, nous allions apprendre encore et encore beaucoup d’autres choses qui allaient nous permettre de comprendre la stratégie d’un combat et la tactique de la lutte de libération. Et à travers nos analyses faire la différence entre la guerre et la guérilla.

Dans la lutte révolutionnaire, le facteur politique entre puissamment en ligne de compte, et l’action politique est un acte de commandement. A ce titre elle relève directement du chef de wilaya.

Dans la guerre classique, le chef prend sa décision après examen de facteurs logistiques et tactiques. La guerre par définition, regroupe des militaires. De même que l’armée est l’instrument de la conduite de la guerre, un parti politique est celui de la conduite de la politique. Un parti, par définition, groupe des militants.

C’est par cet ensemble de connaissances, et à travers le raisonnement des dirigeants de notre, mouvement de libération nationale, que nous avons commencé à comprendre ce qu’était la politique. Et c’est ce qui me permet aujourd’hui de dire que si notre lutte armée avait été déclenchée par un parti politique organisé, ayant des structures dans chaque village, les responsables du soulèvement auraient été les cadres de ce parti, et chaque chose se serait faite en fonction du choix et de la sélection, qui se serait faite d’après les règles du militantisme. Et la plus part des responsables issues d’une même organisation ayant eu relativement la même formation politique, aboutiraient aux mêmes règles de conduite et à la même logique du raisonnement. Et tous les responsables du FLN/ALN seraient sortis sur le terrain avec la même feuille de route.

Mais ce ne fut pas le cas, puisque même au sein des «22» hommes qui ont tenu la réunion historique, du Clos Salembier, décidant du déclenchement du 1er Novembre 54, il y avait déjà, un mécontentement sur le choix des futurs responsables, qui auraient dut être choisie en fonction de leurs capacités dans les régions ou il y avait d’autres militants qui méritaient d’être choisie. Alors, il est juste de croire que c’est là l’une des causes principales de tous les problèmes qui vont naître et dont on parle aujourd’hui, sans tenir compte, pour certains, de ce facteur essentiel. Après les quelques semaines inoubliables durant lesquelles nous avons côtoyé le colonel Boumediène et les membres de l’état-major, nous fûmes envoyés au centre d’instruction de Mélègue, où nous firent une entrée digne d’éloges ; nous étions des héros parmi les héros.

De toute cette péripétie nous avons appris que les adultes aimaient se confier aux plus jeunes qu’eux, et les différents interrogatoires que nous avions subis nous ont appris à deviner les arrières pensées des adultes, ce qui allait beaucoup nous servir.

J’ai souvenance qu’au centre d’instruction que j’ai eu l’honneur de fréquenter à Mélègue, frontière tunisienne (Base de l’Est), il y avait au milieu de ce camp d’entraînement un hangar qui servait de foyer ; à l’intérieur duquel il y avait un grand écriteau sur lequel on pouvait lire sur une seule ligne :

«Aussi petite qu’est la souris, elle n’est pas l’esclave de l’éléphant»

Pour l’instant, les souris c’étaient M’hamed et moi, c’est ce que je traduisais à mon ami, et c’est dans cet esprit que nous avons puisé toute notre inspiration, pour comprendre le combat de nos prédécesseurs.  Quant à moi, dès lors, fin et attentif observateur,  j’étais en constante réflexion sur la nature des hommes que je rencontrai. A savoir que j’essayais de séparer le vrai du faux, sur tout ce que j’entendais, sur tout ce dont j’étais témoin, et au risque de ma vie, j’étais toujours volontaire au danger, rien que pour comprendre l’enjeu du risque et entendre ce qui se dit de l’événement, et pour comprendre les causes à effets.

Il y a eu aussi d’inoubliables veillées, durant lesquelles les combattants qui étaient venus des wilayas de l’intérieur du pays nous racontaient les faits d’armes des héros de la lutte de Libération nationale.

Là encore, j’appris beaucoup de choses sur les grands hommes de cette lutte de libération qui, sitôt engagés, n’avaient cessé de faire parler d’eux, grâce aux sacrifices de petits algériens, grandis par leurs faits d’armes et leur sens de l’honneur, de l’abnégation et du sacrifice suprême.    

C’est ainsi que la révolution fut et demeure, pour moi, la plus grande et la meilleure des écoles qui soit. M’étant résolument engagé dans le combat de libération, adolescent,  je n’ai eu d’autre principe que ceux de mes parents, à savoir les principes de Novembre 54, valeurs authentiques auxquelles le peuple algérien est profondément attaché : liberté, progrès, fidélité et justice sociale, auxquels je suis toujours resté attaché. Et quelles fussent les missions qui m’ont été confiées, j’ai toujours fait mon devoir et rempli ma tâche comme il se doit. Après l’indépendance, j’ai continué à servir mon pays au mieux de mes capacités, dans un cadre ouvert et transparent, plaçant  l’idéal de justice sociale au dessus de toute autre considération. J’ai exercé convenablement les fonctions qui m’ont été données, jusqu’au moment où les entraves et les tentatives de neutralisation des cadres patriotes, dévoués et connus pour leur droiture, me frappa de plein fouet, j’avais dérangé ! Hélas, un million de fois hélas, j’étais loin du militantisme dans lequel j’avais grandi.

J’ai parlé, on a voulu me faire taire, alors j’ai décidé d’écrire pour ne pas être interrompu. «Ecrire» pour attirer l’attention sur ceux qui ont rongé le pays de l’intérieur et qui persistent encore à nuire. Ecrire aussi pour attirer l’attention sur ces hommes avides de pouvoir, capables d’éliminer leur propre mère, pour assouvir leurs instincts infâmes. C’est dire, aussi, que plus une révolution est grande, plus son combat est dur et difficile, et plus sont grands les complots ourdis contre-elle.
 

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CHABANE Nordine
Auteur, Ecrivain

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