Le colonel Amirouche

Un héros dans une fausse commune?

Le colonel Amirouche Un héros dans une fausse commune?« L'ALN fait des ''erreurs'',  mais pas des injustices». Colonel Amirouche.
Vendredi 8 juin 2012, Hamou Amirouche, auteur et l'un des compagnons du colonel Amirouche (chef militaire de la Wilaya III), animera une conférence-débat sur l'un des héros de la révolution algérienne.

Organisée par l'Association Assadekia-Québec(ACAQ) que préside M.Hamza Outmoune, cette rencontre fait partie d'une série d'évènements qui marqueront le 50ème anniversaire de l'indépendance de l'Algérie, version citoyenne.

Comment peut-on définir un pays ou un peuple qui n'a pas de mémoire? Il est à la fois difficile et facile de répondre à cette question. En fait, la réponse dépendrait des intentions et des intérêts des uns et des autres. Ces derniers, même s'ils partagent le même territoire, ils ne partagent pas forcément les mêmes visions et encore moins les mêmes valeurs. Ces valeurs sont étroitement liées à leur passé lointain. Tel est donc le drame de l'Algérie indépendante, mais absolument pas souveraine. Du point de vue historique et même sociologique, l'Algérie est pays amazigh, nord-africain et méditerranéen. Cependant, dans les faits, elle est tout sauf ce qu'elle devait être. C'est-à-dire elle-même. En effet, depuis son indépendance en 1962, tous les pouvoirs tyranniques qui se sont relayés, sans vraiment se relayer, ont fabriqué, grâce à l'école et aux médias du parti unique, une mémoire complètement délabrée. Désormais, l'identité, la langue et la culture et mêmes les valeurs sont arabes voire panarabistes. À l'école, le héros qu'on impose aux enfants et qui est systématiquement mis en  évidence est bel et bien Okba et non pas Koceila l'Amazigh qui a défendu sa terre et sa patrie numide. Le génie culturel, selon eux, n'existe qu'en Arabie. Point de Cheikh Mohand, de Kateb Yacine ou de Mammeri. Le révolutionnaire modèle est bien évidement Boumedienne et non pas Abane ou Amirouche et Si El Haouès. Le premier, ses ''frères'' l'ont froidement tué au Maroc. Les seconds, on les a livrés aux Français pour les achever. Pis encore, même la dépouille du colonel Amirouche a été cachée dans un coin perdu pendant des années par celui qui se prétendait le plus grand nationaliste antifrançais que l'Algérie ait connu, mais qui permettait aux Français de continuer à faire des essais nucléaires dans le désert algériens dans les années 1970. Paradoxalement, c'était en plein choc pétrolier et en pleine politique de nationalisation des hydrocarbures. Cherchez l'erreur!

Le colonel Amirouche Un héros dans une fausse commune?

Crever l'abcès de la révolution confisquée

On peut tromper l'intelligence une fois, deux fois, mais jamais tout le temps. Les vrais Algériens, les enfants de cette terre prospère, mais meurtrie ont donné leur vie pour que le pays se libère du joug colonial. D'autres ont donné leur jeunesse et leurs énergies pour que leur pays ne sombre pas dans la désolation, mais la mafia et les islamistes salafistes ont fait le serment de tout détruire sur leur chemin. Le silence des vrais patriotes pendant plus de 40 ans ne pourrait être qualifié de lâcheté ou de négligence. Il fallait trouver des stratégies pour faire sortir les cadavres des placards et contrer l'un des pouvoirs les plus machiavéliques de la terre. Il se trouve que cette génération de novembre 54, la vraie, détient certaines vérités qui pourraient déboussoler plus d'un. Donc, le 21ème siècle a vu les langues se délier et les plumes se chevaucher pour écrire l'histoire récente d'un peuple qui a tout donné et que ceux qui ont confisqué sa révolution ont trahi, malmené, appauvri et humilié.

Amirouche, une  dépouille qui dérange

Le peuple a besoin de ses héros, de ses intelligences et tous ses enfants bâtisseurs pour avancer. Après le passage de Said Saadi à Montréal pour exposer sa vision de l'Algérie de demain à la communauté et dédicacer par la même occasion son livre sur le colonel Amirouche, c'est autour de Hamou Amirouche de parler d'un militaire qu'il a connu amplement puisqu'il a passé presque une année avec lui au maquis. On va certainement découvrir beaucoup de choses sur un chef militaire occulté par une mafia qui a tout fait pour fabriquer des héros qui lui ont assuré une sacrée pérennité au pouvoir. Étonné que le colonel ait une pensée pour sa mère malgres le poids de ses responsabilités, Hamou Amirouche dira aux journalistes en Kabylie : « Un jour, il s'approcha de moi et me murmura à l'oreille ''Ecris à la vieille pour la rassurer''!». Aussi, l'auteur se pose encore cette question : « Que serait devenu le colonel Amirouche s'il était encore vivant ?».

Donc, rendez-vous au centre Saint-Pierre, Salle Marcelle-Pepin, 1212, rue Panet, Montréal, métro Beaudry pour en apprendre plus sur ceux qui ont fait notre histoire et notre fierté.


Djamila Addar

Vous devez être connecté pour poster des commentaires

Identification

Agenda

December 2017
M T W T F S S
27 28 29 30 1 2 3
4 5 6 7 8 9 10
11 12 13 14 15 16 17
18 19 20 21 22 23 24
25 26 27 28 29 30 31