Tafsut Imazighen N 80


Je ne peux pas danser. Je ne veux pas danser. Je ne dois pas danser. Mille fois non!!

tafsut-imazighen-N-80Demain, nous serons le 20 avril 2011, le  printemps berbère. Notre printemps, même si les médias du monde l'ont minimisé, dans notre quotidien, il est devenu désormais le fils conducteur de tous les gestes que nous posons. Depuis plus de 30 ans, tout a changé. Tamazight est partout et des millions d'enfants de Kabylie s'appellent Massinissa, Juba, Gaya. Tamazight dérange encore et  toujours certains illuminés. Qu'ils se soignent ou qu'ils crèvent . Elle est et sera toujours là. Elle est chez elle pardi! Le 20 avril, c'est une  date que tous les Berbères de la terre chérissent parce qu'elle a éveillé la conscience collective de notre peuple quant à son identité amazighe. Aucun colon et aucune religion ne pourront prendre le dessus sur ce qui fait notre identité et notre culture. Des hommes et des femmes se sont sacrifiés et d'autres continuent à lutter pour que notre drapeau survole les cieux de la planète. Ce dernier est surtout dans les cœurs de tous les Berbères jaloux de leur langue, de leur histoire et de leur valeurs ancestrales.

La célébration du 20 avril 80 ne peut pas occulter le printemps noir de 2001. Plus de 120 jeunes ont été assassinés par un pouvoir qui se dit aujourd'hui garant de la paix et du changement. Un pouvoir aux mains pleines de sang et de cruauté qui osent parler de réforme et de démocratie. Comment peut-on comprendre ces Kabyles qui l'applaudissent ou ceux qui le servent en plein cœur de Kabylie?  Comment appeler tout ce monde amnésique qui fait la fête pour les officiels qui ont assassiné nos frères de sang? C'est tout simplement une bande de traitres qui s'est rangée du côté du plus fort et du plus riche. Ces Kabyles de services ont choisi ce pouvoir au lieu de le combattre. Pis encore, ils ont choisi de combattre leurs propres frères pour des privilèges éphémères, oubliant ainsi la femme kabyle qui leur a donné vie et qui les a allaités au sons des berceuses millénaires. Ils ont trahi la terre qui les a vu naitre, qui les a nourris et qui les a aimés. Un pouvoir qui achète les traîtres avec des sachets-poubelle d'argent sale pour amuser la galerie est un pouvoir dictatorial, criminel et indigne de gouverner.  Un pouvoir qui pense convaincre qu'il a ramené la paix avec sa politique de réconciliation  à ceux et celles qu'il a lui-même endeuillés ne peut être qu'un pouvoir démentiel et schizophrène.

On parle du printemps arabe et des dictateurs horribles, mais on a oublié de parler du printemps berbère et des criminels d'Alger et les puissances qui les soutiennent.

Cette année, le printemps berbère doit être dédié à nos frères amazighs de Tunisie et de Libye. Ils souffrent, ils sont en deuil. Ils ont besoin de nous pour les épauler et leur dire qu'ils ne sont pas seuls. Ils ont besoin de nous entendre crier leur douleur et exprimer avec beaucoup de bruit notre adhésion à leur combat, car leur combat et leur douleurs sont aussi les nôtres. Aussi, ils doivent être vigilants quant à leur place dans le futur paysage politique et socioculturel de leur pays.

Cette année, la commémoration doit être sereine et sobre dans nos cœurs, mais aussi dans l'espace public.

Une pensée à tous ceux et celles qui ont donné leur vie pour que nous soyons fiers d'être kabyles, amazighs. Un message à tous les militants et militantes de toutes les tendances: nous devons chérir les piliers de notre identité. Ils ne sont pas négociables. Nous devons nous entendre sur l'essentiel et nous respecter dans nos divergences quant aux moyens d'aboutir à notre objectif suprême.


Vive la Kabylie!
Vive la Numidie!
Vive Imazighen!


Djamila Addar



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