SALLUSTE : LA GUERRE DE JUGURTHA - VI

 

VI

 

LXIV. - Marius, voyant les paroles de l'haruspice concorder avec ses désirs, demande à Métellus un congé pour aller poser sa candidature.
Sans doute ce dernier excellait en vertu, en gloire, dans tous les mérites qui sont le lot de l'homme de bien ; mais il avait aussi un orgueil fait de mépris, vice commun à toute la noblesse. Aussi, choqué d'une démarche si insolite, s'étonne-t-il d'un pareil projet ; sur un ton amical, il invite son lieutenant à ne pas se lancer dans une si piètre entreprise et à ne pas viser plus haut que sa condition ; tous les hommes ne doivent pas avoir mêmes désirs, et ce qu'il a doit lui suffire ; il vaut donc mieux ne pas demander au peuple ce qu'on aurait raison de lui refuser. Il continua encore sur ce ton sans fléchir la résolution de Marius, et finit par déclarer que, lorsque les affaires publiques le permettraient, il lui accorderait le congé demandé. Marius dans la suite renouvela fréquemment sa demande ; Métellus, dit-on, l'invita à ne pas se montrer si pressé de partir : «Il sera temps pour toi, lui dit-il, de demander le consulat, quand mon fils pourra s'y présenter.» Or, à cette époque, ce jeune homme faisait son service sous les ordres de son père, et avait environ vingt ans.
Ces propos rendaient plus vif le goût de Marius pour la magistrature qu'il convoitait et allumaient en lui un violent ressentiment contre Métellus. Il se laisse aller à la passion et à la colère, ces détestables conseillères, et saisit toutes les occasions d'accroître, en actes ou en paroles, sa popularité ; aux soldats qu'il commande dans leurs quartiers d'hiver, il accorde une discipline plus douce ; aux gens d'affaires, nombreux à Utique, il tient sur la guerre des propos où la critique se mêle à la vantardise : qu'on mît à sa disposition la moitié seulement des troupes, et quelques jours lui suffiraient pour enchaîner Jugurtha ; c'est à dessein que le général faisait durer la guerre : il avait la vanité et l'orgueil d'un roi et était trop heureux d'exercer le pouvoir. Ces paroles semblaient avoir d'autant plus de poids, que la longueur des hostilités faisait du tort aux intérêts particuliers et que, au jugement des impatients, on ne va jamais assez vite.

LXV - Il y avait en outre dans notre armée un Numide nommé Gauda, fils de Manastabal, petit-fils de Masinissa, que Micipsa avait, dans son testament, inscrit comme héritier en second, accablé de maladies, il en avait l'esprit un peu affaibli. Il avait demandé à Métellus d'avoir son siège à côté du sien, comme on fait aux rois, et, pour sa garde, un escadron de cavaliers romains ; Métellus avait répondu par un double refus : l'honneur d'un siège à côté du consul était accordé seulement à ceux que le peuple romain appelait rois, et il serait humiliant pour des cavaliers romains de servir de satellites à un Numide. Marius profite de sa fureur pour l'entreprendre ; il l'incite à s'appuyer sur lui pour tirer vengeance de l'outrage du général ; il exalte par des paroles flatteuses cette tête affaiblie par le mal : après tout, il est roi, il est un grand homme, il est le petit-fils de Masinissa ; si l'on réussit à prendre ou à tuer Jugurtha, c'est à lui que, tout de suite, reviendra le trône de Numidie ; et c'est ce qui arriverait bien vite, si Marius lui-même était consul et chargé de la guerre.
Ainsi Gauda et les chevaliers romains, soldats ou hommes d'affaires poussés, les uns par Marius, presque tous par l'espoir d'une paix prochaine, écrivent à leurs amis de Rome, pour dénigrer les opérations militaires de Métellus et réclamer Marius comme général. Ainsi, se formait, entre beaucoup d'électeurs, une coalition, d'ailleurs honorable, pour pousser Marius au consulat.
A ce moment-là précisément la plèbe, en face d'une noblesse affaiblie par la loi Mamilia prônait les hommes nouveaux. Tout favorisait Marius.

LXVI - Jugurtha, ayant renoncé à se soumettre, reprend la guerre ; sans perdre de temps il se prépare avec le plus grand soin, rassemble une armée, rallie à sa cause, par la terreur ou l'appât des récompenses, les cités qui l'avaient abandonné, fortifie ses positions, refait ou achète les armes d'attaque, de défense et tout ce dont l'espérance de la paix l'avait privé, séduit les esclaves romains, cherche à gagner à prix d'or nos garnisons, bref, ne laisse rien en dehors de son action, sème partout le désordre et l'agitation.
A Vaga, où Métellus avait mis garnison, lors de ses premiers pourparlers avec Jugurtha, les principaux habitants, lassés des supplications du roi, à qui d'ailleurs ils n'avaient jamais été vraiment hostiles, finirent par comploter en sa faveur ; le peuple inconstant, comme toujours, et surtout chez les Numides, aspirait au désordre et à la discorde par amour de la révolution et aversion pour les situations calmes et tranquilles. Toutes dispositions prises, on s'entendit pour agir trois jours plus tard : le jour choisi était une fête, célébrée dans toute l'Afrique, et qui promettait des jeux et des réjouissances, plutôt que des violences. Ce jour-là les centurions, les tribuns militaires, le commandant même de la place, T. Turpilius Silanus sont invités de différents côtés. Tous, sauf Turpilius, sont égorgés pendant le repas. Les soldats se promenaient dans la ville, sans armes, ce qui se comprend un pareil jour, où n'avait été donnée aucune consigne ; ils sont attaqués eux aussi. Les plébéiens prennent part au coup de main, les uns mis au courant par les nobles, les autres excités par leur goût naturel du désordre ; sans savoir ce qui se passait ou ce qu'on projetait, il leur suffisait que la situation fût troublée et révolutionnaire.

LXVII - Les soldats romains, ne comprenant rien à ce coup imprévu et ne sachant que faire, s'élancent en désordre vers la citadelle, où étaient leurs enseignes et leurs boucliers ; ils y rencontrent une troupe ennemie ; les portes fermées les empêchent de fuir. Et puis, les femmes et les enfants, perchés sur le toit des maisons, leur jettent à qui mieux mieux des pierres et tout ce qui leur tombe sous la main. Ils ne savent comment se garantir de ce double danger ; les plus courageux ne peuvent résister aux attaques du sexe faible ; bons et mauvais, braves et lâches sont massacrés sans défense possible. Dans cette situation désespérée, avec les Numides qui s'acharnent et dans cette ville close de toutes parts, seul de tous les Italiens, Turpilius le commandant put s'échapper sans blessure. Son hôte eut-il pitié de lui ? S'était-il entendu avec lui ? Fut-ce le hasard ? Je n'en sais rien. Mais lorsque, dans une telle calamité, un homme préfère une vie honteuse et un nom sans tache, je l'estime malhonnête et méprisable.

LXVIII - Métellus, informé des événements de Vaga, est désespéré et ne se laisse pas voir de quelques jours. Puis, la colère se mêlant au chagrin, il prépare tout pour aller sans retard venger son injure. Il prend la légion avec laquelle il hivernait et le plus possible de cavaliers numides ; il les emmène sans bagages au coucher du soleil. Le lendemain, à la troisième heure environ, il arrive dans une plaine, bordée de petites collines. Ses soldats étaient harassés par la longueur de la route et déjà allaient refuser d'avancer ; il leur dit que Vaga n'est plusqu'à mille pas et qu'ils doivent volontiers s'imposer encore une légère fatigue pour venger leurs concitoyens, aussi malheureux que braves ; il ne manque pas de faire luire à leurs yeux l'espoir du butin. Il leur redonne ainsi de l'énergie, place en tête sa cavalerie sur un large front, derrière, l'infanterie en rangs bien serrés, avec ordre de dissimuler les drapeaux.

LXIX - Les habitants de Vaga, apercevant une armée en marche vers leur ville, crurent d'abord avoir affaire à Métellus, ce qui était vrai, et ils fermèrent leurs portes.
Puis ils observent qu'on ne dévaste pas la campagne et que des cavaliers numides sont en tête de la troupe.
Ils croient alors à l'arrivée de Jugurtha et, avec de grands transports de joie, marchent à sa rencontre. Tout à coup, à un signal donné, cavaliers et fantassins massacrent la foule répandue au-dehors, se précipitent aux portes, s'emparent des tours ; fureur, espérance du butin sont plus fortes que la lassitude. Deux jours seulement, les habitants de Vaga avaient pu jouir de leur perfidie. Tout, dans cette grande et riche cité, fut livré au massacre et au pillage. Turpilius, le commandant de la place, qui, nous l'avons dit, avait seul pu s'enfuir, fut invité par Métellus à se justifier ; il y réussit assez mal. Condamné et battu de verges, il eut la tête tranchée ; c'était un citoyen latin.
LXX- A peu près, au même moment, Bomilcar, qui avait poussé Jugurtha à une soumission dont la crainte lui avait fait ensuite abandonner l’idée, s’était rendu suspect au roi, qu'il suspectait lui-même ; il voulait du nouveau et cherchait un moyen détourné de perdre le
prince ; jour et nuit, son esprit était en quête. Enfin, après plusieurs tentatives, il s'assura la complicité de Nabdalsa, un noble très riche, connu et aimé de ses concitoyens ; d'ordinaire ce Nabdalsa commandait une division séparée de l'armée royale et remplaçait Jugurtha dans toutes les affaires que lui abandonnait le roi, lorsqu'il était fatigué ou occupé de questions plus graves : cette situation lui avait valu gloire et richesse.
Tous deux s'entendent : on fixe le jour du complot; pour le reste, les circonstances dicteront, au moment même, la conduite à suivre. Nabdalsa part pour l'armée, qu'il avait reçu l'ordre de poster près des quartiers d'hiver des Romains, pour intervenir si ceux-ci dévastaient les terres cultivées. Mais, bouleversé par l'énormité de son crime, il n'arriva pas à l'heure dite, et ses craintes empêchèrent l'affaire d'aboutir. Bomilcar au contraire avait hâte d'en finir; les hésitations de son complice l'inquiètent, il suppose qu'à la première combinaison Nabdalsa en a substitué une autre; alors, par des hommes sûrs, il lui écrit pour lui reprocher sa mollesse et sa lâcheté ; il lui rappelle son serment fait au nom des dieux ; il ne faudrait pas que les récompenses promises par Métellus tournent à leur perte. Jugurtha est à bout : la seule question est de savoir s'il périra par leur main ou par celle de Métellus. Bref le problème se ramène à choisir entre la récompense et le supplice : à lui d'aviser.

LXXI - Au moment où on lui avait apporté la lettre, Nabdalsa venait de faire de la gymnastique, et, fatigué, se reposait sur son lit. Les propos de Bomilcar l'inquiétèrent d'abord, puis, comme il arrive dans les moments d'abattement, il s'endormit. Il avait, pour s'occuper de ses affaires, un Numide fidèle, dévoué, au courant de tous ses projets, le dernier excepté. Cet homme apprit qu'une lettre était venue : comme d'ordinaire, il pensa qu'on pouvait avoir besoin de son aide ou de ses avis et il entra dans la tente. La lettre était au-dessus de la tête du dormeur, sur un coussin, posée au hasard ; il la prend, la lit jusqu'au bout, et apprenant le complot, court en toute hâte chez le roi. Peu après, Nabdalsa se réveille, ne retrouve plus sa lettre et comprend tout ce qui s'est passé. Il cherche d'abord à poursuivre son dénonciateur, puis, n'y réussissant pas, il se rend chez Jugurtha afin de le calmer : il lui dit que la perfidie de son serviteur l'a prévenu dans la démarche qu'il comptait faire lui-même, et, en versant des larmes, il supplie le roi, en attestant son amitié et sa loyauté antérieure, de ne pas le supposer capable d'un tel crime.

LXXII - A ces protestations, le roi répondit avec calme, sans laisser voir ses véritables sentiments. Il avait fait exécuter Bomilcar avec plusieurs de ses complices, et il avait étouffé sa colère, dans la crainte de voir ses partisans l'abandonner. Dès lors, Jugurtha ne connut de tranquillité ni jour ni nuit ; de tout, lieux, gens, heures du jour, il se défiait ; il redoutait ses compatriotes autant que ses ennemis, tournait sur toutes choses un œil inquiet, tremblait au moindre bruit, dormait la nuit dans des endroits différents, souvent sans même tenir compte de son rang ; parfois s'éveillant brusquement, il se jetait sur ses armes, faisait lever tout le monde, et était agité de terreurs qui ressemblaient à de la folie.

LXXIII - Métellus apprend, par des transfuges, la mort de Bomilcar et la découverte de la conjuration ; alors, comme pour une guerre entièrement nouvelle, il fait en hâte ses préparatifs. Marius le harcelait pour partir ; estimant qu'un homme gardé malgré lui et qui ne l'aimait pas, lui serait d'un mince secours, il lui donne l'autorisation. A Rome, la plèbe avait lu les lettres envoyées sur Métellus et Marius, et avait volontiers accepté ce qu'on y disait de l'un et de l'autre. La noblesse du général, qui était jusqu'alors un de ses titres à la considération, excitait maintenant l'irritation populaire ; l'humble origine de Marius lui valait la faveur publique. D'ailleurs, les jugements portés sur l'un et l'autre s'inspiraient plus de l'esprit de parti que des mérites ou des défauts de chacun. De plus, des magistrats factieux excitaient la foule, accusaient, dans toutes les assemblées, Métellus de crimes capitaux, célébraient sans mesure les qualités de Marius. La plèbe était si échauffée, que les ouvriers et les paysans, dont le travail manuel est la seule richesse et l'unique ressource, cessaient de travailler pour suivre Marius et sacrifiaient leur propre intérêt pour assurer son succès. C'est ainsi qu'au profond mécontentement de la noblesse, et après pas mal de troubles, le consulat fut conféré à un homme nouveau. Le tribun de la plèbe
T. Manlius Mancinus demanda ensuite à qui le peuple entendait confier la guerre contre Jugurtha — la majorité se prononça pour Marius. Un peu plus tôt, le Sénat avait choisi Métellus : sa décision fut nulle et non avenue.

LXXIV - Jugurtha avait alors perdu ses amis ; il les avait lui-même massacrés en grande partie ; la crainte avait fait fuir les autres, soit chez les Romains, soit chez le roi Bocchus. Or, il lui était bien difficile de faire la guerre sans lieutenants, et il jugeait qu'il était chanceux d'expérimenter la loyauté de nouveaux amis, quand les anciens l'avaient si indignement trompé : de là, son inquiétude et sa perplexité. Des faits, des projets, des hommes, il était mécontent. Chaque jour, il changeait de route et de lieutenants, tantôt marchant contre l'ennemi, tantôt s'enfonçant dans les déserts, mettant son espoir d'abord dans la fuite, un instant après dans les armes, se demandant s'il devait plus se défier du courage que de la loyauté de ses peuples ; partout où se portait son attention, le destin lui était contraire. Au milieu de ces hésitations, il rencontre tout à coup Métellus avec son armée. Tenant comme des circonstances, il prépare et dispose ses Numides ; puis le combat commence. La bataille se prolongea un peu, là où il se trouvait lui-même ; partout ailleurs, ses soldats furent, au premier choc, repoussés et mis en fuite. Les Romains prirent un bon nombre de drapeaux et d'armes ; ils firent peu de prisonniers ; presque toujours dans les combats, les Numides doivent leur salut à leur vitesse plus qu'à leurs armes.

LXXV - Cette débâcle plongea Jugurtha dans un découragement profond; avec les déserteurs et une partie de sa cavalerie il entra dans le désert, puis arriva à Thala, grande et riche cité, où se trouvaient presque tous ses trésors et aussi ses fils, avec tout leur train de maison.
Métellus l'apprend : il n'ignorait pas qu'entre Thala et la rivière la plus proche s'étendait un désert inculte de cinquante milles ; cependant, dans l'espoir d'en finir au cas où il prendrait la ville, il veut triompher de toutes les difficultés et vaincre la nature elle-même. Il fait donc enlever aux bêtes de somme leurs fardeaux, ne leur laisse que des sacs de blé pour dix jours, des outres et d'autres vases.
Il ramasse dans les champs tout ce qu'il peut en fait d'animaux domestiques, les fait charger de récipients de toute espèce, surtout en bois, pris dans les cabanes numides. Aux peuples voisins qui s'étaient soumis après la fuite de Jugurtha, il ordonne de lui apporter toute l'eau possible et leur fait connaître le jour et l'endroit où ils auront à se tenir à sa disposition.
Il charge les bêtes de somme de l'eau de la rivière dont nous avons dit qu'elle était la plus proche de la ville ; et, dans cet équipage, il part pour Thala. Dès qu'il fut arrivé au rendez-vous fixé, et qu'il eut installé et fortifié son camp, la pluie tomba brusquement si abondante, qu'elle eût largement suffi aux besoins de l'armée.
D'autre part, les Numides avaient apporté plus d'eau qu'on n'en attendait, comme il arrive aux peuples nouvellement soumis, qui font du zèle et dépassent le but. Les soldats, obéissant à un sentiment religieux, préférèrent user d'eau de pluie et sentirent redoubler leur courage : ils se croyaient l'objet d'une attention des immortels.
Et le lendemain, contrairement à ce qu'avait pu croire Jugurtha, ils arrivaient à Thala. Les habitants, se croyant bien en sûreté dans un pays si difficile à traverser, furent abasourdis de cette réussite si complète et si imprévue ; mais ils se préparèrent avec ardeur pendant que les nôtres faisaient comme eux.

LXXVI - Jugurtha jugea que rien n'était impossible à Métellus, du moment où armes, traits, lieux, moments, la nature même, maîtresse de toute chose, tout enfin cédait devant lui. Avec ses enfants et presque toutes ses richesses, il sortit de la ville pendant la nuit.
Désormais, il ne resta jamais dans le même endroit plus d'un jour ou d'une nuit ; il prétendait que ses affaires l'obligeaient à se hâter ; en fait, il craignait la trahison, qu'il pensait éviter en allant vite, car, pour trahir, il faut avoir du temps et savoir choisir le moment.
Métellus, voyant les habitants décidés à la lutte et leur ville aussi bien défendue par les travaux d'art que par la nature, l'entoure d'un retranchement et d'un fossé ; puis, dans deux endroits qui répondent bien à son objet, il pousse des mantelets, dresse des terrassements destinés à soutenir des tours, faites pour protéger à la fois les travaux d'approche et les hommes. Les habitants répondent par une égale activité, sans perdre de temps, si bien que, d'un côté comme de l'autre, on ne laisse rien à faire. Enfin les Romains, épuisés de peines et de luttes, prirent la ville quarante jours après leur arrivée, mais tout ce qu'il y avait à prendre avait été détruit par les déserteurs. Ces derniers, quand ils avaient vu les béliers battre les murs, avaient compris que, pour eux, l'affaire était mauvaise ; ils avaient porté au palais royal l'or, l'argent, toutes les richesses ; puis ayant bien bu et bien mangé, ils avaient mis le feu au butin, à la maison et à eux-mêmes ; ils se condamnèrent ainsi volontairement au supplice auquel leur défaite les aurait exposés de la part de leurs vainqueurs.

LXXVII - Au moment même de la prise de Thala, la ville de Leptis envoya demander à Métellus de lui donner une garnison et un gouverneur : un certain Hamilcar, noble factieux, y manifestait une action révolutionnaire, et contre lui l'autorité des magistrats et les lois étaient impuissantes : si on ne prenait de rapides mesures, Leptis et les alliés de Rome seraient sérieusement en danger. Dès le début de la guerre contre Jugurtha, Leptis avait envoyé au consul Bestia, puis à Rome, des députés solliciter un traité d'amitié et d'alliance. Ils l'avaient obtenu et étaient toujours demeurés loyaux et fidèles : ils avaient toujours obéi avec empressement aux ordres de Bestia, d'Albinus et de Métellus. Aussi leur demande fut-elle aisément accueillie par ce dernier, qui leur expédia quatre cohortes de Ligures et C. Annius comme gouverneur.

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