Violence à Ghardaia : la police accusée de passivité

Quelques dizaines de mozabites venant du quartier Mlika (Ghardaia) se sont rassemblés ce samedi matin devant la maison de la presse à Alger dans l’espoir de « faire entendre la vérité sur ce qui se passe dans cette région ».

Ce sit-in intervient au troisième jour de la reprise des violences dans la région. « Des habitants du quartier Hdj Messaoud ont commencé des actes de violences il y a trois jours.

Au moins 6 maisons et quatre ateliers et magasins ont été brûlés », raconte Hadj Aissa Fekhar Brahim, représentant des manifestants. Et d’ajouter « par peur, plusieurs familles ont quitté leurs maisons ».

Le retrait des services de sécurité

D’après notre interlocuteur, les policiers mobilisés lors de ces affrontements ont simplement fait barrages entre les deux communautés mais n’ont, en aucun cas, tenté d’arrêter la destruction des biens des m’zabs.

En d’autres termes, ces derniers ont été empêchés de protéger leurs maisons alors qu’elles continuaient à être brûlées.

« Quand nous faisons appel à la gendarmerie nationale on nous explique qu’il n’ont pas reçu l’ordre d’intervenir », nous précise Moussa Bouamara, manifestant. Ce dernier ne cache pas sa déception devant le règne de l’insécurité qui n’a, selon lui, aucune explication d’ordre communautaire.

« L’unique chose que nous réclamons est que les services de sécurité accomplissent leur travail. Que la violence soit punie parce que la crise est uniquement d’ordre sécuritaire », précise H.A.F Brahim.

Ce dernier va jusqu’à nier tout différent de nature ethnique entre les deux groupes. « Nous avons toujours vécu ensemble et il n’y a aucun litige entre les deux communautés arabe et mozabite.

Nous refusons de servir les intérêts d’une quelconque partie manipulatrice », dit il.

L’exercice des correspondants de presse pointé du doigt

L’actualité dans cette région est principalement relatée par les correspondants de presse qui font eux même partie prenante des évènements, ce qui ne laisse pas une marge d’objectivité par rapport aux faits, avertit notre interlocuteur.

Il fait notamment référence à l’information reprise ce samedi par un journal arabophone et selon laquelle un groupe de mozabites ont attaqué leurs voisins hier en plein prière du vendredi.

« Cela est quasiment faux. Le journaliste qui a écrit cela est du quartier Hadj Messaoud, notre rival », explique-t-il.

Selon lui, les faits repris par les correspondants locaux doivent être pris avec beaucoup de prudence par les lecteurs vu les affinités qu’ils ont, naturellement, avec l’un des groupes en litige.


El Watan 

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