Il est apparu très affaibli

Bouteflika, la candidature compromise ?

C’est dans l’image d’un Président grandement diminué que Bouteflika est apparu lundi, à l’occasion du Conseil des ministres. Une image qui n’est pas pour rassurer ceux qui lui réclament de se maintenir à la tête de l’Etat au-delà d’avril 2014.

Au demeurant, en a-t-il toujours l’ambition ?

L’interrogation autour de la candidature de Bouteflika à la présidentielle d’avril prochain reste entière, après les images du Conseil des ministres diffusées lundi par la télévision nationale.
L’opinion nationale n’avait pas besoin de l’expertise du Petit Journal de Canal+ pour être édifiée définitivement sur l’incapacité de Bouteflika à gouverner. C’est en effet un homme au geste excessivement lent, au regard hagard, absent et aux traits tirés qui procéda ce jour à la signature de la loi de finances 2014. Sur la photo de famille, comme lors du précédent Conseil des ministres, Bouteflika a posé assis sur sa chaise roulante. Ce qui signifie qu’il n’a toujours pas retrouvé sa mobilité, neuf mois après son accident vasculaire cérébral (AVC) et malgré la qualité des soins qui lui ont été prodigués dans les deux hôpitaux français, le Val-de-Grâce et les Invalides.

Au vu des images montrées lundi, il devient clair que Bouteflika n’est pas près de quitter sa convalescence. Et, à quelques semaines de la convocation du corps électoral et à moins de quatre mois de l’élection présidentielle, cela est source de préoccupation pour ses courtisans qui, peut-être, devront se résigner et faire le deuil de sa candidature.
Il est pour le moins indécent de leur part de vouloir subir davantage d’épreuves à un homme qui n’a ni la force morale ni la capacité physique. Car quand bien même ils se proposeraient pour l’animation de sa campagne électorale, se liguent en force électorale pour le faire élire, leur affairement ne sera, en définitive, qu’arrogance méprisante envers le peuple. De plus, un tel scénario sera coûteux pour la réplique qui, sûrement, y perdra la face.
Le bon sens voudra que tout ce beau monde qui s’agite autour de la candidature de Bouteflika admette une fois pour toutes que maintenir ce dernier dans ses fonctions, c’est laisser le navire Algérie, qui chavire déjà, dériver sans gouvernail.

Amar Saâdani, le secrétaire général du FLN, dont la visibilité politique est due essentiellement à ses appels répétés à la candidature de Bouteflika, devra s’inventer un autre discours pour recoller à une actualité dont l’évolution va bientôt s’accélérer.
La remarque vaut pour tous ceux qui lient leurs destins à celui de Bouteflika. Car, incertaine au début de sa maladie, la candidature du président sortant s’imagine mal au rythme de l’évolution de son état de santé. Un rythme lent et peu rassurant. Certains anticipent même de l’en exclure.

Le Soir d'Algérie  

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