Montréal : Ziad Bouzid, le chauffeur de taxi assassiné, enterré à Alger

Le chauffeur de taxi Algérien assassiné la semaine dernière à Montréal vient d’être enterré dans le cimetière d’El Alia (Alger). Le cortège funèbre a quitté la maison familiale sur la rue Hassiba Benbouali vers 14 :15 (heure algérienne). Il était accompagné de ses voisins et des membres de sa famille.

Hier, plusieurs centaines de personnes lui ont rendu un dernier hommage à Montréal. La mosquée ICQ débordait de gens venus accomplir la prière du mort. Ils étaient aussi nombreux à l’extérieur du centre culturel où on pouvait voir les caméras de toutes les chaînes de télévision montréalaises. Des chauffeurs de taxi qui ont arboré des drapeaux noirs sur leurs voitures en signe de deuil, des membres de la communauté algérienne et maghrébine et des curieux ont afflué à la cérémonie qui s’est tenue à la mi-journée.

Du Côté officiels, on note la présence du maire de Montréal venu rassurer les chauffeurs de taxi qu’une réflexion sur la sécurité est engagée ainsi que le consul d’Algérie à Montréal et des membres de son staff. Peu après, un cortège transportant le cercueil s’est dirigé vers l’aéroport pour rapatrier le corps vers l’Algérie pour l’enterrement. Sa femme et ses trois enfants l’accompagnaient. Le meurtre de Ziad Bouzid a ému au-delà des chauffeurs de taxi et des Algériens du Canada.

Le mobile du crime reste nébuleux. Le service de police de Montréal avait laissé entendre que le crime était gratuit et qu’il n’était pas motivé par le vol. L’opinion publique, particulièrement celle de la communauté maghrébine, commençait à soupçonner un crime raciste motivé par la haine. Sur les médias sociaux, on n’hésite pas à lier ce crime au débat actuel au sur la charte des valeurs québécoises, un projet de loi qui interdit le foulard dans la fonction publique, le système éducatif et les hôpitaux es école ainsi que la nourriture halal dans les garderies pour enfant. Les dérapages xénophobes et islamophobes de ce débat s’allongent de jour en jour. Une porte-parole du service de police de la ville de Montréal a affirmé à El Watan que « pour le moment, rien ne nous permet de croire que ce serait un crime haineux ».

Le présumé assassin arrêté deux jours après le crime a été accusé de meurtre au seconde degré. Il doit revenir en cour le 23 janvier prochain. A ce moment, on pourra avoir plus de détails sur les circonstances du drame. Les collègues de la victime ainsi que les membres de la communauté algérienne du Canada ont organisé des collectes de fonds pour aider sa famille qui a perdu son soutien financier avec cette mort tragique. Air Algérie ainsi que le consulat d’Algérie ont pris en charge les frais de rapatriement de la dépouille ainsi que le transport des membres de la famille Bouzid.

Un père aimant

Marié et père de trois enfants (une fille et deux garçons) âgés de 6 à 18 ans, Ziad Bouzid , 45 ans, est originaire d’Alger (Belouizdad). Il est de père Algérien et de mère Tunisienne. Ingénieur en mécanique de l’Université des sciences et de la technologie Houari Boumédiène, il a travaillé à la Société nationale des transports ferroviaires (SNTF) en Algérie. Ziad Bouzid a émigré au Canada (Québec) en 2002. La non reconnaissance des diplômes et de l’expérience algérienne ainsi que les difficultés d’accès aux postes de travail de bonne qualité le font rabattre sur le métier de chauffeur de taxi, métier qu’il a exercé à partir de 2008. Habitant une cité modeste à Pierrefonds, un quartier du nord-ouest de Montréal, Ziad devait travailler parfois 14heures par jour pour subvenir aux besoins de sa famille.

Sa femme a réussi à trouver un travail à temps partiel pour garder à l’école les élèves pendant les pauses de midi. Nous sommes loin des fantasmes véhiculés par la défunte émission de l’ENTV Sans Visa. Sid Ali, un de ses collègues, le décrit comme une personne pacifique et très gentil qui « ne ferait pas de mal à une mouche ». « Les consignes sont claires, il ne faut jamais résister à un client quand il ne veut pas payer. Il y va de notre sécurité », ajoute-t-il.

Ses amis se rappellent que le jour du match Algérie-Burkina Fasso, Ziad Bouzid n’a pas voulu voir la deuxième mi-temps car il était déçu de la prestation des Verts et ne voulait pas voir l’Algérie perdre. Le soir même il est assassiné. Il ne pourra plus participer aux parties de football entre amis ou emmener son fils jouer. Très attachés à ses enfants, il venait tout juste de leur acheter des tablettes et des smartphones.

El Watan 

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