Les pilotes de ligne ont observé une grève sauvage dans la matinée d’hier

Les passagers d’Air Algérie pris en otages

Les grévistes revendiquent l’élaboration d’un statut particulier du pilote et l’application des différents accords bilatéraux convenus avec la direction générale.

Un mouvement de grève a fortement perturbé, hier, le programme de vol d’Air Algérie, annulant tous les vols. Une véritable pagaille s’en est suivie, suscitant la colère des passagers qui se sont trouvés ainsi pris en otage. En file indienne, ces derniers patientaient devant les guichets de la compagnie sans qu’aucune information leur soit fournie. “Ça fait plusieurs heures que je suis planté là et je ne sais pas encore si je pars aujourd’hui ou pas”, nous a confié hier un passager, visiblement excédé par pareille situation. “Comment peut-on être à ce point-là égoïste et ne penser qu’à soi. Je viens de rater une chance cruciale pour ma carrière”, s’est plaint un client en partance à Paris. “Ces pilotes se prennent pour qui pour décider d’une grève sans prévenir personne. C’est là une attitude irresponsable, quelle que soit la légitimité de leurs revendications, en plus du fait qu’ils bafouent les lois de la République”, a déploré un grand nombre de passagers, jurant de ne plus emprunter la compagnie. “Déjà que les prestations d’Air Algérie laissent à désirer et les retards sont interminables, voilà que ces employés font des siennes”, commente un passager qui, réduisant son billet en miettes, s’est dirigé tout droit vers un concurrent.

Sur les lieux où nous nous sommes rendus, hier, pour s’enquérir de la situation, aucun représentant des deux parties antagonistes n’était disposé à nous fournir la moindre information. Ce n’est qu’en milieu d’après-midi que le Syndicat des pilotes de ligne algériens (SPLA) s’est manifesté à travers un communiqué laconique indiquant les principales revendications. Il s’agit de l’élaboration d’un statut particulier (régime spécifique) du pilote conformément à la loi du travail 90-11 notamment dans son article 4 et l’application des différents accords bilatéraux SPLA-Air Algérie. La compagnie, de son côté, a annoncé, par le biais de l’APS, être parvenue à un accord avec le SPLA, sans en révéler le contenu et assure de la reprise des vols. À noter qu’un débrayage similaire avait été observé au mois de janvier dernier, pratiquement pour les mêmes motifs. Ils dénonçaient, alors, le deux poids, deux mesures qui caractérise l’âge de la retraite et réclamaient plus d’équité et un texte clair. Ils revendiquaient, aussi, de meilleures conditions de travail et l’instauration d’une convention de branche ainsi qu’une revalorisation salariale. Mais le fait curieux réside, sans nul doute, dans l’attitude des deux parties. Initialement prévu pour aujourd’hui, les pilotes auraient avancé leur mouvement de grève pour contrecarrer les manœuvres de la direction qui, selon des indiscrétions, voulait négocier avec le syndicat UGTA. Ça aurait été, tout de même, un mouvement de protestation sauvage qui se révèle être une tradition chez les pilotes qui, contrairement aux fois précédentes, se sont montrés très avares de déclarations à l’adresse de la presse.

La direction générale d’Air Algérie, quant à elle, se retrouve entre le marteau et l’enclume et avec un personnel qu’elle arrive à peine à gérer, en plus d’un héritage qu’elle a du mal à assumer et des défis à réussir absolument…

Liberté   

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