AIR ALGÉRIE TRAÎNÉE EN ARBITRAGE INTERNATIONAL

Les Canadiens exigent 30 millions d'euros


Il ne fait pas de doute, dans cette affaire, que le dindon de la farce est Air AlgérieVictimes de violations contractuelles, faux plans, non-paiement, pour ne citer que cela, les Canadiens se sont retrouvés pris entre le marteau et l'enclume.

Entre les Canadiens et Air Algérie, c'est le bras de fer. La société canadienne, SM international construction INC, chargée de construire le futur siège d'Air Algérie, au quartier des affaires de Bab Ezzouar à Alger, a déposé vendredi sa requête contre Air Algérie auprès de la Cour arbitrale de la Chambre internationale de commerce (CIC) de Paris. SMI réclame 30 millions d'euros à la compagnie nationale, Air Algérie, au titre de dommages et intérêts.

C'est Me Abderrahmane Cheref, avocat à la cour d'Alger, agréé près la Cour suprême et le Conseil d'Etat, qui a été chargé par la société canadienne de déposer la requête auprès de la Chambre internationale de commerce.
Là, il faut dire que la requête d'arbitrage qui porte sur de «graves» violations des clauses du contrat, est prévue dans les clauses du contrat conclu avec Air Algérie.
C'est là le résultat d'un conflit d'une rare violence, relèvent les observateurs.

Des chiffres qui donnent le vertige

Pourquoi? Avant le déclenchement de cette procédure, toutes les tentatives initiées par la SMi dans le but d'éviter d'en arriver à ce bras de fer, étaient balayées d'un revers de la main du côté d'Air Algérie sous le regard indifférent du bureau d'études libanais Khatib et Allami, principal partenaire connu comme sentant le soufre.

Le recours à l'arbitrage international déposé. Que va-t-il se produire maintenant?
Selon un expert au fait de ce genre d'affaire: «Le chantier va continuer à marcher à moins que Air Algérie bloque les payements. Après le dépôt de la requête, la Chambre internationale de commerce va envoyer la requête à Air Algérie et le bureau d'études Khatib et Allami. La société canadienne, SMI, présentera à son tour toutes les pièces justifiant sa requête.»

Ensuite, chacune des parties concernées choisit son arbitre avant qu'elle ne soit convoquée par le tribunal. Il faut savoir aussi que les arbitres qui seront choisis par les parties en conflit, doivent être agréés par la CIC. Bien sûr, il y aura un troisième arbitre qui sera désigné par la Cour arbitrale de Paris. Côté canadien, tout a été fait pour éviter d'enclencher cette procédure, mais devant le refus d'ouvrir le dialogue avec les interlocuteurs tant du maître de l'oeuvre que du maître de l'ouvrage, cet ultime recours à l'arbitrage international s'est imposé comme la seule option pour sauver la construction de ce siège. Victimes de violations contractuelles, faux plans, non-paiement pour ne citer que cela, les Canadiens se sont retrouvés pris entre le marteau et l'enclume. Il ne fait pas de doute, dans cette affaire, que le dindon de la farce est Air Algérie. Il faut rappeler une chose: «La société canadienne est choisie pour réaliser un futur siège pour la compagnie aérienne Air Algérie. Elle se retrouve avec des plans inconstructibles et incomplets. Il a fallu près de deux ans plus tard pour découvrir que c'est une pure arnaque. Le siège en question, n'était autre qu'un palace de 5 étoiles fourgué par un bureau d'études libanais, Khatib et Allami», révèlent nos sources.

Comment expliquer, dès lors, la négligence et la complaisance des dirigeants d'Air Algérie de l'époque qui ont validé et acté la maquette? «Le bureau d'études libanais a vendu une étude qui était en réalité celle d'un hôtel 5 étoiles destiné pour un pays du Golfe», dévoile notre source. Pis encore, une fois la maquette approuvée, l'équipe d'Air Algérie signe un contrat avec la société canadienne sur la base d'un permis de construire caduc, puisque périmé depuis plusieurs mois.

Pour rappel, la société canadienne a soumissionné pour l'avis d'appel d'offres international lancé en fin 2009, et a remporté ce marché pour une offre de 83 millions d'euros.

Attribué en juillet 2010 pour un délai de réalisation de 23 mois, le projet est miné par de graves blocages. Les cartes étaient biseautées en fait dès le commencement. D'abord, Air Algérie a conclu un accord avec ce bureau d'études libanais pour un coût prévisionnel de 3,4 milliards de DA.

Or, ce dernier a fourgué une étude, encore fausse, et dépassant le double du coût prévisionnel. Entre le bureau d'études et les cadres d'Air Algérie, c'est une totale complaisance qui va sceller leur partenariat. En dépit du caractère caduc du permis de construire, Air Algérie a opéré des modifications dans les fondations et dans la structure sous le regard bienveillant du bureau d'études libanais, qui jusque-là avait déjà empoché un premier avenant!
Victime collatérale, la société canadienne se trouve prise en otage entre un arnaqueur qui n'est autre que le bureau d'études libanais et ses complices avérés, l'équipe de l'ancien P-DG d'Air Algérie, Wahid Bouabdellah.

L'erreur des Libanais coûtera très cher

Dès le départ, «l'erreur» de Khatib et Allami a coûté à Air Algérie 100 millions de DA compte tenu des changements effectués dans les fondations.

Aujourd'hui, il ne pourrait y avoir un permis modificatif vu l'ampleur des dégâts et tout ce qui a poussé le projet à convulser très vite. Les Canadiens qui ne voulaient pas jouer le jeu ont vite payé pour leur attitude. Ils veulent plus de transparence dans les méandres qui entourent toute cette affaire. Comment se fait-t-il que le P-DG d'Air Algérie, Mohamed Salah Boultif, n'avait pas été informé de cette situation dès sa prise de fonction, par Wahid Bouabdellah?

Nous avons appris que les représentants d'Air Algérie pour ce projet ont été convoqués pour répondre de cette affaire qui s'apparente à un scandale qui fera encore saigner le Trésor public.
Abusée par les Libanais et les responsables de notre compagnie aérienne, l'Algérie assumera très cher en termes de dédommagements, cette «gaffe» de trop.

Les problèmes ont commencé dès le remplacement du P-DG de l'époque, Wahid Bouabdellah, par Mohamed Salah Boultif. Ce dernier a procédé, de son côté, au changement du directeur de ce projet. Le lièvre est vite levé. Une crise de confiance s'installe entre le maître de l'ouvrage (Air Algérie) et la société de réalisation (SMI).

M.Boultif a fait venir une nouvelle directrice pour suivre le projet de construction du siège.
Cela suffit pour qu'une longue guéguerre entre le maître de l'ouvrage et la société de réalisation éclate. Un véritable cauchemar commence. Le projet de construction du nouveau siège d'Air Algérie s'est enlisé dans des retards de plusieurs mois. Bonjour les dégâts, l'Algérie sombre de plain-pied dans un nouveau scandale. L'erreur des Libanais Khatib et Allami a coûté à la compagnie Air Algérie 100 millions de DA déjà dans les fondations. Ce n'est que le début du saignement du Trésor national. Les changements opérés sur la structure ont un autre coût: la facture avoisinera quelque 1000 millions de dinars, soit 10 millions d'euros.

Ce n'est pas encore fini! La société canadienne demande réparation, compte tenu du préjudice qu'elle a subi. Pour un montant de combien? 30 millions d'euros! Dévoilés jusqu'au bout, les chiffres donnent le vertige! Jusque-là, les caisses de l'Etat sont ouvertes à tous les appétits. C'est l'argent du peuple qui est carrément bradé en toute impunité.

l'Expression

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