Un magistrat marocain force un carrossier à lui baiser les pieds

Six jours après la manifestation ayant rassemblé entre 5 000 et 7 000 personnes à Midelt, en soutien au jeune carrossier affirmant avoir été obligé de baiser les pieds du substitut du procureur du roi, l’AMDH-Midelt (Association marocaine pour la défense des droits de l’homme) prévoit une nouvelle manifestation ce samedi 2 mars. Objectif : mettre la pression sur les autorités pour que le magistrat passe devant la justice.

Un magistrat marocain force un carrossier à lui baiser les pieds

L’AMDH-Midelt ne lâche pas l’affaire. Elle organise une nouvelle manifestation samedi 2 mars devant le tribunal de première instance de la ville en soutien à Moulay Hicham Himmi, le jeune carrossier contraint de baiser les pieds de Saïd Fareh, substitut du procureur du roi, indique-t-elle. Prévue de 16 à 18h, la manifestation réunira plusieurs partis politiques, membres de la société civile, ainsi que des représentants de plusieurs syndicats. « Il est affligeant de voir que, malgré notre première manifestation, le substitut du procureur n’ait pas encore été entendu par la justice et qu’il continue à travailler, comme si rien ne s’était passé ! », déplore Mourad Chqondi, vice-président de l’AMDH-Midelt. Il regrette, malgré les promesses de Mustapha Ramid, ministre de la Justice, de suivre personnellement ce dossier, que ce dernier ne soit pas intervenu pour faire auditionner le magistrat. La nouvelle manifestation a également pour but de dénoncer les déclarations de Saïd Fareh qui a rejeté ce lundi les accusations du carrossier dans le journal télévisé de 2M. « Je nie toutes ces accusations qui sont mensongères. Ces allégations sont motivées par un règlement de compte qui vise à porter atteinte à ma personne », a-t-il déclaré. « Je ne l’ai jamais insulté ! [Moulay Hicham Himmi, ndlr] C’est moi qui ait été agressé verbalement et menacé de mort. Je porterai plainte ! », a-t-il poursuivi. « À en croire ses propos, la victime est devenue coupable ! », renchérit Mourad Chqondi. Ce dernier explique également que, dans un petit village proche de Midelt, quelques habitants sont sortis de chez eux pour manifester leur colère dans la rue, après avoir entendu les accusations de Saïd Fareh à la télévision.  «Nous attendons que la justice fasse son travail et auditionne le substitut du procureur. Les Marocains peuvent supporter la faim, le chômage, le manque d’éducation ou le manque de justice mais s’il y a une chose qu’on ne peut toucher, c’est leur honneur. Ils n’acceptent pas la hogra et de voir des gens hauts placés abuser de leur pouvoir », conclut-il. Bien que le substitut du procureur n’ait pas été entendu par la justice, l’enquête poursuit son cours.

En attendant, les médias étrangers s’intéressent de plus en plus à cette affaire.  Une affaire qui rappelle celle du marchand de légumes tunisien Mohamed Bouazizi giflé par une policière en 2011, juste avant le soulèvement du peuple tunisien. Mourad Chqondi précise que la chaîne France 24 a fait un reportage à Midelt et que la chaîne Al Jazeera a contacté par téléphone les membres de l’AMDH-Midelt pour témoigner. Sale temps pour Mohamed VI !


Le Courrier d'Algerie  

 

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