Une victime des essais nucléaires de Reggane interpelle l'État français

Un Algéro-canadien demande son indemnisation

Les langues commencent à se délier au sujet des effets des essais nucléaires de Reggane. Chaque anniversaire de ces essais, qui coïncide avec le 13 février, des responsables algériens et des représentants des victimes montent au créneau

pour rappeler à la France son devoir de reconnaître son crime contre l'humanité et, par ricochet, indemniser les victimes. C’est dans ce sens qu'un Algéro-canadien a décidé d'interpeller les responsables français au sujet de son indemnisation.

Rachid Hadouchi a saisi l'opportunité de la loi n°2010-2 du 5 janvier 2010 relative à la reconnaissance et à l'indemnisation des victimes des essais nucléaires français pour faire valoir sa quête au statut de victime. Selon le courrier expédié en Hexagone, M. Hadouchi a contracté, durant son séjour dans le désert algérien, une maladie grave, en l'occurrence une leucémie aiguë myoblastique.

L’auteur de la missive dit avoir séjourné dans le Sahara algérien de 1981 à 1987. D'abord en tant qu'appelé du Service national en 1981 et 1982. Ensuite, en tant qu'ingénieur d'État en télécommunications et cadre des PTT. “J'occupais le poste d'ingénieur d'État en télécommunications, et cette position m’a permis de sillonner pratiquement tout le Sud-Ouest algérien”, écrit-il, avant de poursuivre : “la plupart du temps, nous parcourions le trajet Béchar-Béni Abbès-Adrar, nous effectuions des maintenances sur les équipements des relais de liaison FH.” M. Hadouchi a dû s’installer à Montréal pour s’occuper de sa maladie. Son médecin traitant lui annonce un problème de globules blancs évoluant anormalement. Ce qui a révélé une défectuosité de la moelle osseuse.

Durant trois ans, il a subi plusieurs transfusions sanguines, mais sans résultat. Un traitement de choc était alors inévitable. En 2008, il subit une greffe de la moelle osseuse, dont le donateur était sa sœur, compatible par ailleurs. “Actuellement, je suis sous traitement et j’ai des contrôles mensuels à l’hôpital”, explique-t-il dans son courrier avant de rappeler qu’il a dû renoncer à son emploi et vendre son véhicule ainsi que sa maison pour faire face aux soins qu'il dit onéreux.
“Il est évident que mon cancer résulte de l'exposition prolongée aux retombées des essais nucléaires. De plus, je n’ai aucun antécédent familial en la matière”, reconnaît Hadouchi, qui était contraint d’abandonner son mandat de maire pour se soigner à Montréal. “Même si ces essais ont eu lieu il y a des années, les terribles conséquences s'en font ressentir encore, car les radiations ne disparaissent pas”, déplore-t-il.

Le ministère français de la Défense et des Anciens combattants, qui a pris acte de la requête de la victime, a demandé à celle-ci de compléter son dossier par “des pièces justificatives attestant de (sa) présence à Reggane, à Aïn Ecker ou à Aïn Amguel au moment des essais nucléaires”.
Or, le plaignant affirme que les effets des explosions nucléaires se manifestent durant des années, pas seulement au moment des essais.

D'ailleurs, l'université d'Adrar vient de créer une unité de recherche scientifique pour détecter la présence de radioactivité sur les lieux de la bombe atomique française.

Liberté

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