LE RÉALISATEUR MOHAMMED IFTICEN NOUS ÉCRIT


«Le Festival du film amazigh a besoin d’émulation»

Je vous prie de bien vouloir insérer cette mise au point en réponse à l’article de Salim Aggar qui met en cause la probité du jury du 11e Festival du cinéma amazigh.
C’est de bonne guerre de contester les choix des jurys de festivals. C’est le cas partout et sous toutes les latitudes et dans tous les continents. Ce qui n’est par contre pas acceptable c’est d’attenter à l’intégrité des membres du jury.

Je ne sais de quels «règlements de compte» parle ce journaliste qui s’est répandu partout à Azzefoun sur la qualité de son «oeuvre».
Nous l’avions visionnée et revisionnée et nous n’avions rien trouvé tant sur le plan du traitement filmique, que de la qualité technique, artistique ou historique qui permette de la distinguer. J’invite mes amis du journal L’Expression à la visionner. Ils tomberont des nues.
Ce n’est pas parce qu’on occupe de nombreux postes ici et là et qu’on investit les colonnes de journaux qu’on se croit doté de je ne sais quel génie ou de quelle autorité morale pour faire la leçon aux autres. Je le dis et le redis.
Les oeuvres présentées au 11e Festival amazigh sont, dans leur écrasante majorité, affligeantes de médiocrité.
Il faut tirer la sonnette d’alarme et se battre pour que le festival retrouve sa vocation internationale, c’est-à-dire amazighe. Le réduire à l’Algérie c’est sonner sa mise à mort.

Le festival a besoin d’émulation, d’oeuvres cinématographiques de qualité venues de tous les pays et pas de reportages audiovisuels mal faits et sans intérêt comme ceux qu’on a présentés à l’appréciation du jury. Le Festival amazigh est méprisé par les bureaucrates du ministère de la Culture qui s’empressent d’aller faire les figurants dans les festivals étrangers et se mettent aux abonnés absents quand il s’agit du festival amazigh.
C’est un ancien archéologue ou paléontologue qui est venu ouvrir, au nom du ministère de la Culture, le festival comme si l’amazighité était une espèce disparue ou en voie de disparition.
Tout un symbole. L’Algérie a besoin de produire des films. Les festivals c’est du vent, c’est ce vent de sable qui masque le désert de la production cinématographique.
Et ce ne sont pas les quelques films onéreux et nuls produits à l’occasion des commémorations officielles qui feront illusion. Ce qui est attendu de ce journaliste qui pousse un cri d’orfraie, c’est de dénoncer la situation déplorable du «cinéma» algérien au lieu de s’en prendre à des membres du jury qui ont fait leur travail en toute honnêteté et qui ont pris leurs décisions à l’unanimité.


Mohammed Ifticen, président du jury du Festival du film amazigh

l'Expression

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