Patrimoine historique


Le mausolée de Tin Hinan en danger de dégradation irréversible

Patrimoine historique : Le mausolée de Tin HinanLe mausolée de Tin Hinan dégradé par des visiteurs peu respectueux de notre patrimoine historique.

Un festival pour faire connaître les arts, et de façon plus générale, la culture de l’Ahaggar ne peut être qu’une démarche respectable.

C’est à rééditer autant de fois que possible. Tel est le sentiment que l’on peut avoir sur la dernière manifestation du genre qui a eu lieu à Tamanrasset entre le 11 et le 17 janvier, et qui a bénéficié d’une bonne organisation. Pourtant, lorsqu’on découvre l’état dans lequel est l’un des symboles de l’histoire du peuple targui, on ne peut s’empêcher de se poser certaines questions. Le symbole en question n’est autre que ce qui reste de ce grand mausolée, édifice rarissime dans ces contrées, situé à quelque deux ou trois kilomètres d’Abalessa, une petite ville du Hoggar, elle-même distante de 80 km de Tamanrasset. Le monument funéraire datant, selon les archéologues, du IVe siècle, serait celui de Tin Hinan, reine et figure de proue de l’histoire targuie.

Le bâtiment, composé de près d’une dizaine de chambres, dont le caveau principal d’où ont été extraits les restes de cette reine, occupe le sommet d’une petite colline. Il y a lieu de déplorer que ce lieu historique soit en pleine perdition. La dégradation continue est bel et bien due à l’absence d’entretien du site. Le 16 janvier 2011, nous étions un grand groupe de visiteurs arrivés là dans l’après-midi. On pénètre dans le mausolée sans précaution. Tout le monde est admis dans la chambre abritant le caveau où le guide donne ses explications au bord même de l’ouverture de la tombe.

Certains visiteurs s’assoient sur la dalle tombale, alors que d’autres sont carrément montés sur les murs de l’édifice et il s’en est même trouvé un qui a fait tomber une des pierres d’un mur. Le bâtiment de pierres, construit avec un mortier de terre est d’une très grande fragilité et si les visites ne sont pas organisées autrement, si l’on n’installe pas des barrières pour limiter les accès et si l’on ne place pas des panneaux interdisant certains comportements, le mausolée de Tin Hinan risque de finir, dans un proche avenir, au bas de la colline, au fond des deux ravines qui la bordent. D’ores et déjà, on peut voir plusieurs pierres des murs, soit à mi-hauteur du monticule, soit plus bas, à ses pieds. Le site a, par le passé, bénéficié d’aménagements.

Il est protégé par des délimitations, dont une entrée principale réalisée en pierres, un modeste bâtiment abritant une petite pièce où sont exposés des objets rappelant ceux qui ont été trouvés en 1925 dans le caveau, des dépendances d’accueil (toilettes et douche) un lieu de gardiennage et enfin un beau sentier qui mène à une deuxième colline qui surplombe l’édifice funéraire et d’où on peut le voir dans toutes ses dimensions. Reste maintenant à respecter les normes de conservation adoptées de par le monde pour pérenniser ce site et sauvegarder ce haut et unique lieu de la mémoire targuie.

EL WATAN

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