MEMOIRE


Fatima Debouz, l’héroïne de Toudja

Certes, beaucoup ont entendu parler de Lalla Fatma n’Soumer ou de Hassiba Ben Bouali, ces femmes algériennes qui ont défié l’armée française durant la période coloniale, mais rares sont ceux, qui connaissent l’histoire héroïque de Fatima Debouz ou comme il plait à quelques-uns de la nommer " la Jeanne d’Arc de Toudja ".

Pourtant, elle fut l’une des braves femmes qui ont laissé, par son courage inébranlable, une empreinte glorieuse dans l’histoire de la lutte de Libération contre la France coloniale. Si elle est ignorée, c’est parce qu’aucune rue, ni édifice public ou école n’ont été baptisés à ce jour en son nom, ce qui aurait perpétué la mémoire de son martyr.
Toutefois, son histoire reste à jamais gravée dans les souvenirs de quelques-uns des habitants de Toudja, témoins de la guerre de Libération nationale menée contre la barbarie de l’occupant français.
Fatima fut brûlée vive le 23 mars 1956, par un certain lieutenant Sunsik, chef de poste militaire de l’armée française.

D’après un témoignage raconté par son mari lui-même, Debouz Mohand Arab et dont nous détenons une copie du récit, Fatima, son épouse, fut tombée en martyr au cours d’une opération de recherche menée par le lieutenant Sunsik, accompagné d’un détachement de soldats, et qui se sont rendus au village de Bouberka, situé à quelques trois km du chef-lieu de Toudja, et cela pour " bousculer " les familles des maquisards et leur soutirer des renseignements utiles sur les moudjahidine de cette localité. C’est ainsi que Fatima, à la fleur de l’âge, puisque âgée à peine de 18 ans et mariée depuis un an, tombe entre les mains assassines de Sunsik.
Ce dernier l’interrogea sur son mari qui a rejoint le maquis, mais, Fatima, rebelle devant l’arrogance de ce lieutenant, persista dans son refus à lui répondre et à lui donner des informations concernant son époux qui a pris les armes en rejoignant les rangs de l’ALN. Comme pour faire pression sur elle, l’officier français l’aspergea d’essence, toutefois la fille de Toudja resta " stoïque " face aux menaces de son tortionnaire. Devant les menaces répétées et les tentatives d’humiliation dont elle fut l’objet, Fatima, en guise de réponse, a craché sur le visage de Sunsik. Ce dernier, mit sa barbarie à exécution en craquant une allumette et en  la jetant sur Fatima qui devint alors une torche vivante, nous a raconté M. Salah Aït Sahelia qui a évité de justesse la mort, en ce jour-là, qui restera à jamais gravé dans sa mémoire.

C’est ainsi que Fatima a préféré mourir que de " vendre " son mari à l’armée française. Ce crime qui a suscité l’indignation et l’abomination, d’autant plus que Fatima était déjà enceinte, presque à terme.

Toutefois, cette histoire ne s’arrête pas là. Debouz Mohand Arab, armé de son fusil de chasse, se trouvait juste à la sortie du village en compagnie de son cousin Saïd. Ils assistaient de loin à cette douloureuse scène. Après avoir accompli son crime, le lieutenant Sunsik et ses soldats prirent le chemin du retour.
C’est alors que Mohand et son compagnon qui les attendaient en embuscade tirèrent des coups de feu en leur direction. Sunsik  tomba raide mort avec deux de ses soldats. Alors que les deux maquisards ont fui vers la montagne.
Le soir, Mohand rentra au village et déclara à ses compatriotes : “Le sang de Fatima n’a pas encore séché que je l’ai vengée”.
A partir de cette journée du 23 mars 1956, Toudja est devenue une zone interdite, les soldats de l’armée coloniale tiraient à vue sur tout ce qui bougeait, nous a indiqué M. Aït Sahelia.

La dépêche de Kabylie

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