REÇUS AU MINISTÈRE POUR LA CIRCULAIRE LIMITANT LES LIBERTÉS ACADÉMIQUES


Les universitaires demandent son abrogation

Les universitaires demandent son abrogationLa pétition exigeant l’abrogation de cette circulaire a été déposée jeudi dernier au département de Harraoubia. La délégation a expliqué son inquiétude quant aux répercussions de cette décision qualifiée de liberticide et qui va à l’encontre des accords de l’Unesco ratifiés par l’Algérie.

La circulaire du ministère de l’Enseignement supérieur du 18 mai 2010, visant à limiter la mobilité des universitaires, notamment leurs déplacements à l’étranger pour prendre part à des colloques scientifiques, continue de soulever une vague de réprobation au sein de la communauté scientifique. La pétition, lancée par les universitaires au lendemain de cette décision, a été remise jeudi dernier au bureau d’ordre du ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique par une délégation d’universitaires.

Ce document, signé par près de 200 universitaires, explique l’inquiétude de la communauté scientifique qui exige l’abrogation de cette mesure qui restreint dangereusement le champ d’action légal de l’universitaire. La délégation composée d’éminents universitaires dont Mme Aïn Seba Nagete, M. Cherbal Farid, M. Djerbal Daho, et M. Goucem Saïd, a été reçue par M. Saïdani Arezki, directeur  de la coopération et des échanges interuniversitaires du ministère. Ils ont tenu à souligner, d’emblée, les raisons de leur présence au département de Harraoubia. “Conformément à notre engagement, nous ne sommes pas là pour négocier  mais pour faire part de l’inquiétude générale des universitaires algériens exerçant en Algérie ou installés à l’étranger quant au contenu et à la portée de la  circulaire du 18 mai 2010”, ont-ils précisé dans un communiqué transmis à la rédaction. Et d’ajouter que ces représentants sont venus également remettre en main propre à M. Rachid Harraoubia, ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique ou à un de ses représentants le texte de la pétition.

Malgré les tentatives d’explication du ministère de l’Enseignement supérieur fournies à l’occasion d’une conférence de presse organisée le 29 juin dernier, les universitaires demeurent attachés à leurs droits. Ils considèrent que le texte de la circulaire prêtait à confusion et qu’il ouvrait la voie à une interprétation restrictive ou répressive de la question “des thèmes ayant un caractère sensible pour la politique étrangère de notre pays et pour les intérêts nationaux”, rappellent-ils. Les représentants de la délégation ont expliqué à M. Saïdani Arezki que les seules autorités ayant vocation de juger de la pertinence des travaux universitaires sont les instances académiques régulières. Celles-ci ayant jusque-là normalement fonctionné dans le cadre des textes et règlements propres à l’université et à la recherche scientifique. Ils se disent également inquiets quant à l’intrusion d’instances non académiques dans l’évaluation du contenu ou du résultat de leurs travaux, de leur pertinence et de leur conformité avec les intérêts nationaux.

La délégation a évoqué, par ailleurs, les cas de refus d’autorisation de sortie du territoire pour des universitaires algériens et des interdictions de rencontres universitaires organisées par des chercheurs de renom à la derniere minute. À la fin de cette rencontre, les membres de la délégation ont souligné que cette mesure n’était pas la meilleure façon d’encourager le développement de la recherche scientifique au moment où le pays s’engage dans le lancement d’un ambitieux programme national de la recherche. Bien au contraire, il s’agit là d’une atteinte grave aux libertés fondamentales des citoyens consignées dans la Constitution. C’est également une remise en cause des libertés académiques et une atteinte à la liberté de recherche consacrée par la charte de l’Unesco. Sachant que l’Algérie est un membre de cette organisation et signataire de la charte et des textes de l’Unesco qui régissent l’activité et le fonctionnement des établissements de l’enseignement supérieur, les pouvoirs publics sont tenus de respecter ladite charte. “Les travaux académiques et de recherche des historiens, des sociologues, des psychologues, des philosophes et de tous les enseignants-chercheurs de l’université, toutes disciplines confondues, n’ont besoin d’aucun ukase, ni d’aucune imprimatur venant de vigiles de la pensée unique. La seule et unique autorité capable de juger leurs travaux est l’autorité académique et scientifique conformément à l’éthique universitaire et aux textes de l’Unesco”, ont souligné les universitaires.

L’adhésion de la communauté universitaire à la pétition lancée à cet effet prouve leur attachement à ce combat contre une circulaire qui n’a jamais existé au temps du parti unique à moins que ces initiateurs souhaiteraient revenir à l’époque de “l’autorisation de sortie”.

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