Ouverture du colloque sur la vie et l’œuvre de Tahar Djaout


Hommage à un martyr de la démocratie

la vie et l’œuvre de Tahar DjaoutIl est mort le poète ! a chanté, jadis, le grand Gilbert Bécaud, lui aussi le grand poète qui a fini par tirer sa révérence en 2001, victime d’un cancer du poumon. Ce 26 mai 2010 coïncide avec le 17e anniversaire du lâche assassinat qui a emporté douloureusement notre cher et regretté confrère Tahar Djaout, victime de l’intégrisme aveugle et de l’obscurantisme abject.

Il est encore des hommes qui se sentent encore touchés dans leur chair et qui sont encore soucieux de poursuivre le combat de Djaout et celui de tous les intellectuels algériens victimes de leurs idées et tragiquement happés par la Faucheuse sur l’autel de la démocratie naissante en Algérie.
À l’initiative de la direction de la culture de la wilaya de Tizi Ouzou et de la dynamique association culturelle Tussna (le savoir), ils étaient nombreux, hier matin, à la maison de la culture Mouloud-Mammeri de Tizi Ouzou, tous ces valeureux citoyens qui ont tenu à marquer de leur présence l’ouverture solennelle du colloque scientifique consacré à la vie et l’œuvre de l’illustre écrivain, journaliste et poète tout à la fois que fut le regretté Tahar Djaout, ravi tragiquement à l’affection des siens à la fleur de l’âge. Il n’avait que trente-neuf ans lorsqu’il fut emporté furtivement par la spirale de la violence et la bêtise humaine dans toute sa bestialité. Des universitaires de tout âge et de toutes les générations, des confrères journalistes des années de plomb mais aussi des années d’espoir, qu’ils relèvent de la bonne et vieille école ou des générations montantes qui s’identifient au juste combat de Djaout et de tous ces intellectuels et de ces artistes algériens qui auront payé de leur vie un projet de société moderne et ouvert sur le monde de la liberté et qui dérangeait à tous les niveaux, à toutes les sphères.

Ils étaient tout aussi nombreux les citoyens de tous bords et de toutes les couches sociales qui sont venus de plusieurs régions du pays mais aussi d’Oulkhou, le village natal haut perché sur la majestueuse baie d’Azzeffoun, s’incliner à la mémoire de Djaout et, certainement, soucieux de grappiller davantage de l’œuvre littéraire assez riche mais, malheureusement, inachevée du regretté “Tahar n’Chikh”, comme l’appellent encore familièrement, respectueusement et affectueusement ses amis d’enfance ainsi que les gens du douar Ighil ivahriène, où il repose éternellement, lui qui a toujours refusé de quitter la terre de ses ancêtres, même lorsqu’il eut la chance de bénéficier d’une bourse d’études en sciences de l’information en France où il vécut deux bonnes années, de 1985 à 1987, avec sa petite famille, à Paris, avant de rentrer dignement au pays le moment venu pour espérer vivre harmonieusement et lutter inlassablement parmi les siens. “La maison de la culture Mouloud-Mammeri est heureuse d’accueillir un colloque qui portera sur la vie et l’œuvre de Tahar Djaout, lâchement assassiné le 26 mai 1993 des mains barbares des forces islamistes obscurantistes.

Premier journaliste à tomber sous les balles assassines du terrorisme islamiste, Tahar Djaout a été, pour la famille du journalisme et de la littérature, un monument inébranlable. Professionnel et ouvert, courageux et ambitieux, il rêvait d’une Algérie moderne et débarrassée de ses faux dévots qui transforment chaque arbre en cercueil, comme l’a si bien écrit le défunt”, dira El-Hadi Ould-Ali, directeur de la culture, à l’occasion d’une cérémonie d’ouverture solennelle et très émouvante, d’autant plus qu’elle a été marquée par la présence de nombreux proches et amis du regretté Djaout, notamment Benmohamed, figure de proue de la poésie berbère et ami de longue date, Ziad Lefgoum, président de l’association culturelle Tussna, ainsi que la présence remarquée du frère de notre regretté frère et confrère Hamid Mahiout, journaliste au quotidien Liberté, lui-même lâchement assassiné le 2 décembre 1995 à Raïs Hamidou par les hordes intégristes en compagnie de notre cher et regretté collègue de travail, Ahmed Benkhalfallah. Et si cette première journée inaugurale a été marquée par la projection du film de Hocine Redjala intitulé L’encre de la liberté, suivie d’une rencontre-débat animée par Afifi Brerhi sur le thème “L’empreinte de la littérature dans le journalisme”, la seconde journée d’aujourd’hui donnera lieu à un montage poétique d’Abdelhafif Chenane et une conférence-débat animée par un vieux compagnon de Djaout, en l’occurrence Abdelkrim Djaad, sous le thème très évocateur de “Tahar Djaout, le journaliste et le compagnon”.

Par ailleurs, la troisième et dernière journée du colloque, prévue demain, sera rehaussée par la présence en cours de matinée d’une lecture de textes extraits du roman Les Rets de l’oiseleur, puis deux autres communications en cours d’après-midi, l’une à 13h30, qui sera animée par Djilali Khellas intitulée “Tahar Djaout à la recherche des ancêtres”, puis une table ronde tant attendue sur la vie et l’œuvre de Djaout qui sera animée par Abrous Outoudert et Omar Belhouchet, les deux directeurs bien connus des quotidiens Liberté et El-Watan, jadis journalistes et amis très proches du regretté Tahar Djaout.
Enfin, il est à noter que les organisateurs du colloque ont prévu une sortie ce vendredi vers Oulkhou, le village natal de Djaout, dans la daïra d’Azzeffoun, et une cérémonie de recueillement sur la tombe du défunt.

LIBERTÉ

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