LA FOUILLE ARCHÉOLOGIQUE A ÉTÉ ENTAMÉE EN DÉCEMBRE DERNIER À ABALESSA

Recherches de nouveaux éléments sur le tombeau de Tin-Hinan.

Cette fouille porte sur “les remblaiements issus de l’intérieur” et prend en considération “tout petit vestige significatif” pouvant enrichir les connaissances sur ce monument.

Recherches de nouveaux éléments sur le tombeau de Tin-Hinan

Des fouilles archéologiques ont été entamées, le mois de décembre dernier, au tombeau funéraire de Tin-Hinan à Abalessa (80 km de Tamanrasset). Cette opération, menée par le Centre national de recherche archéologique (CNRA), en partenariat avec l’Office national du parc de culture de l’Ahaggar (ONPCA), et qui entre dans le cadre de “la valorisation de ce site”, va permettre de suggérer “des reconstitutions”, comme expliqué par Farid Ighilahriz, directeur du CNRA, au cours d’une visite au monument funéraire. Cette fouille porte sur “les remblaiements issus de l’intérieur” et prend en considération “tout petit vestige significatif” pouvant enrichir les connaissances sur ce monument. Et de signaler : “Comme ce sont des remblaiements, ce qui est en haut provient de ce qui est profond. Au fur et à mesure qu’on descend, on remonte le temps, du plus ancien au plus récent”. Jusqu’à présent, “nous sommes en train de trouver des choses qu’on va étudier : fragments d’os et de bois, petits tessons de poterie et d’œufs d’autruche”, a indiqué M. Ighilahriz. Autre particularité de ce monument constatée sur place par les chercheurs est le fait que “sur beaucoup de blocs, il y a des gravures d’animaux par exemple ou d’inscription en Tifinagh”. Une découverte qui permettra éventuellement de dater le monument. Les archéologues présents sur l’objet de la fouille commencent d’abord par “décaper”, ensuite ils prennent les sédiments et les tamisent puis les trient. “On préserve tout ce qui a une signification archéologique”, note le directeur du CNRA. Ils ont également “procédé à des relevés topographiques et à des relevés photogramétriques”. Ce dernier procédé consiste en des prises de centaines de photographies, sous différents angles avec la même luminosité. Ces relevés permettront plus tard de proposer une maquette en 3D pour la reconstitution du site historique et archéologique. Érigé au confluent de deux oueds importants (Abalessa et Tifirt), le moment funéraire de Tin Hinan a été découvert en 1925 par un archéologue américain. Construit en pierre, organisé en onze chambres, à proximité de points d’eau (jardins, anciennes foggaras), ce tombeau qui date du IVe siècle a connu trois grandes étapes. Selon Farid Ighilahriz, il a d’abord servi d’habitation fortifiée. On a enterré Tin-Hinan et il y a eu l’aménagement d’un déambulatoire, ce qui laisse supposer qu’il y avait “un rituel autour de cette tombe de ce personnage important”. Pour ce qui est de la troisième étape de vie de ce monument, “on a obstrué le déambulatoire, donc on a désacralisé ce lieu”. Notre interlocuteur fait remarquer également l’aménagement de 13 “chouchettes” (tombes), ce qui engendre à la fois une problématique et des hypothèses : “Est-ce que ça a été aménagé avant qu’on sacralise le lieu ce qui peut signifier que ce sont les membres de la famille qui dirigeait ce groupe de population qui enterrait ses morts juste ici en bas du tombeau, ou alors est-ce qu’on les a aménagés quand on a enterré Tin-Hinan ?” Ces sont des questions qui trouveront peut-être des réponses avec de nouveaux éléments grâce justement à cette fouille de plus d’un mois. Grâce à l’aménagement d’un poste de garde qui fait office également de petit musée depuis 2009, le site accueille beaucoup de visiteurs.


S. K.

Liberté

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