LA RÉÉDITION DE “RUE DES TAMBOURINS”

Le parcours de Taos Amrouche ressuscité

Le parcours de Taos Amrouche ressuscitéCe roman, dont la première parution remonte à 1969 et qui se veut un symbole de la pensée de Marie-Louise, a été réédité aux éditions Casbah au lendemain du 101e anniversaire de sa naissance et 38e anniversaire de sa disparition.

Décidément, il n’a pas d’âge ou de temps révolu pour un best-seller. Les œuvres de Taos Amrouche, dont la forme et la couleur ont dépassé l’endigué en termes de célébrité, vont s’offrir une nouvelle jeunesse en Algérie, avec la republication, par les éditions Casbah, de  Rue des tambourins, dont la première parution remonte à 1969.
Ce roman, qui se veut un symbole de la pensée de Marie-Louise, vient d’être réédité au lendemain du 101e anniversaire de sa naissance et 38e anniversaire de sa disparition.
Plus qu’un livre, il s’agit d’une rétrospective sur son antérieur et celui de la famille Amrouche. S’étalant sur trois phases, cet ouvrage met d’abord en exergue l’influence reconnue à sa grand-mère El-Djida qui, contrairement aux autres membres de la famille, s’est accrochée à son islamité jusqu’à la fin de ses jours.
Dans ce volet, elle illustrait la vie communautaire entre musulmans et chrétiens en Algérie et la cacophonie qui caractérisait leur relation. Dans la seconde partie du livre, elle fait un retour sur la déglingue de la cellule familiale qui a vu chacun partir de son côté pour une vie autonome. Après quoi, Margueritte réserve une partie de la publication à sa propre vie, partagée entre l’eurythmie et le choix difficile à décider entre son authenticité qui la fagotait et le progressisme qui la séduisait.

Pour revenir aux mémoires de Taos Amrouche, il faudrait rappeler qu’elle est de parents kabyles, originaires d’Ighil Ali, dans la wilaya de Béjaïa. Native de Tunis le 4 mars 1913, où son père Belkacem Amrouche devait émigrer suite à un conflit familiale, en compagnie de Fadhma Nath Mansour Amrouche, celle qu’il avait choisie et qui n’est autre que la mère de celle qui s’est conférée à la double culture berbéro-française tant elle s’est résolue à conjuguer le roman d’expression française à la chanson berbère. Illustre interprète des chants classiques berbères hérités de sa mère, Taos Amrouche avait entrepris la collecte de ces chants dès 1936. Engagée avec un premier répertoire, elle marqua, en 1939, sa présence au Congrès de la musique marocaine à Fès où elle présentait pour la première fois au public quelques chants rituels berbères du Djurdjura. Repérée à cette occasion, elle obtint une bourse d'études pour la Casa Velázquez, à Madrid, où elle portait intérêt, deux ans durant, aux anciens chants espagnols qu'elle interprètera par la suite. C'est au cours de ce séjour en Espagne qu'elle rencontra le peintre André Bourdil, qui devient son mari. En 1945, le couple s'était résolu à s’installer définitivement à Paris. Là, Taos Amrouche fut vite reconnue comme la spécialiste des chants berbères. Elle enregistra alors plusieurs disques, notamment Chants berbères de Kabylie qui lui vaut le grand prix de l'Académie du disque en 1967. À partir de 1949, elle se consacra à la réalisation des émissions radiophoniques telles que «Chants sauvés de l’oubli», «Souvenons-nous du pays», ainsi que «l’Etoile de chance». Amie d'André Gide et de Jean Giono, Taos Amrouche était douée d'une voix rarissime qui lui avait permis d’interpréter de très nombreux chants berbères et se produisait dans de nombreuses scènes. En 1966, elle obtient le Disque d’or à l’issue du Festival des arts nègres de Dakar. Seule l’Algérie lui refuse les honneurs : elle n’est pas invitée au Festival culturel panafricain d’Alger en 1969. Elle s’y rend tout de même pour chanter devant les étudiants d’Alger.

Taos Amrouche a œuvré pour la culture berbère : elle avait longuement participé à la fondation de l’Académie berbère à Paris en 1966. Elle meurt à Saint-Michel-L’observatoire, près de Paris, où elle fut inhumée en avril 1976. Son dernier roman, Solitude ma mère, resté inédit jusqu'en 1995, est publié par Joëlle Losfeld, éditrice de la majeure partie de l'œuvre. Au demeurant, certains ensembles déjà constitués ont été annotés par sa fille, Laurence Bourdil, apportant de précieuses indications sur la datation des documents et le contexte de leur production. Cependant, les manuscrits conservés concernent à la fois ses romans, les émissions radiophoniques qu'elle a animées à l'ORTF et des articles pour la presse. Plusieurs cahiers de notes manuscrites révèlent le travail de préparation pour ses romans ou ses émissions radiophoniques. Des enregistrements, bandes magnétiques ou disques vinyles 33 tours, permettent d'avoir accès à quelques émissions radiophoniques, à des entretiens, notamment avec sa mère Fadhma Aït Mansour, mais aussi à ses chants ou à des conférences. Une correspondance abondante vient enrichir ce fonds (nombreuses lettres à sa famille, à son mari André Bourdil, à son frère Jean Amrouche, mais surtout à sa mère Fadhma Aït Mansour).

À noter d'autres échanges épistolaires remarquables avec Jacqueline Arnaud, Jean Giono, ou encore avec Mohammed Dib, René Étiemble, Gabriel Audisio, Léopold Sédar Senghor et Kateb Yacine. Des travaux importants concernant l'œuvre de Taos Amrouche, notamment ceux de Jacqueline Arnaud et de Denise Brahimi, un dossier de presse très fourni sur la réception de son œuvre ainsi que des photographies viennent se joindre à cet ensemble.

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