Le pays semble gagné par l’éveil identitaire

Aux origines berbères de la Tunisie

La polémique suscitée par la déclaration du président tunisien, Moncef Marzouki, sur la berbérité de la Tunisie a eu des échos outre-Atlantique.
Des militants tunisiens de la cause identitaire ont réagi différemment sur le sujet.

Dans une conférence animée jeudi à Montréal, dans le cadre des Journées culturelles amazighes organisées par la fondation Tiregwa, l’universitaire Karima Azzouz a reconnu un manque de prise de conscience identitaire au sein de l’élite tunisienne qui ne veut pas assumer le caractère amazigh de la Tunisie. “La Tunisie est en état de débat actuellement. Les amalgames entretenus par certains courants politiques font que nous sommes encore en quête identitaire”, affirme Dr Azzouz qui déplore l’absence de tamazight dans les manuels scolaires. “Mis à part le livre de sixième, il n’y a pas point de trace des Berbères dans la scolarité des élèves tunisiens”, avoue-t-elle. Pourtant, dans le Sud du pays, la population affirme son attachement à ses origines millénaires.
Cet état de fait se manifeste par l’enseignement de tamazight dans le cadre associatif et la réhabilitation du folklore ancestral et du tourisme solidaire, ajoute la chercheuse à l’université de Gabès. Pour Nouri Nemri, les propos de Marzouki peuvent avoir des extrapolations électoralistes.
S’exprimant devant un parterre de diplomates à l’occasion de la Journée internationale de l’Afrique, le 26 mai, le chef de l’État tunisien avait déclaré que les Tunisiens ignoraient que le nom du continent africain, “Ifriqya” était d’origine berbère et désigne la partie nord-ouest de la Tunisie. “Je ris toujours quand j’entends les Tunisiens dire, quand ils partent au Sénégal ou au Burkina Faso, qu’ils partent pour l’Afrique. Je ris parce que je considère que ces propos témoignent de leur profonde ignorance du fait que le terme Ifriqya, qui a donné son nom au contient africain, est un mot amazigh signifiant le nord-ouest de la Tunisie”, avait notamment déclaré M. Marzouki.
Une plainte collective a été déposée par une centaine de Tunisiens qui s’estiment “diffamés”. Les plaignants reprochent à leur président d’avoir traité les Tunisiens d’“ignorants” dans un pays où la langue amazighe est de tout temps ostracisée.

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