La culture a aussi son mot à dire

La culture a aussi son mot à direIls sont écrivains, éditeurs, artistes et surtout citoyens. Pour El Watan Week-end, ils se positionnent et s’expriment sur la présidentielle et ses enjeux.

Pourquoi l’élite culturelle a tant de mal à se positionner ?

II y a d’abord cette notion d’élite culturelle qu’il faudra bien expliciter un jour. Existe-t-elle réellement ? Quel rôle peut-elle jouer dans une société comme la nôtre ? Dans notre cas, notre métier est d’être des passeurs, des révélateurs. De quoi ? De ce qui se noue dans la création et la pensée. Et si nous avons du mal à nous positionner c’est parce que nous ne savons plus ce qu’il faut faire et comment le faire. Aujourd’hui, nous sommes dans une forme d’impasse. Sans doute pour une raison majeure, qu’on pourrait nommer crûment : autocensure. Ou dit plus subtilement : prudence, méfiance, désenchantement - et aussi, épuisement.

L’art, la littérature devraient d’abord être des fêtes de l’esprit, une communion plus ou moins populaire autour d’une création quelle que soit son propos, son objectif. Or l’on se rend bien compte que cette dimension de la fête n’existe pas ou plus. Lors des rencontres auxquelles nous participons à l’intérieur du pays on prend la mesure d’une attente et d’un besoin en expressions culturelles ou sociales qui ne sont pas satisfaits pour des raisons diverses, entre autres parce que l’état a une lecture et une vision politique de son rôle en partie erronée. Ainsi l’autocensure, le calcul, le désir de plaire à tout prix et la peur de déplaire ont pris le pas sur l’essentiel à savoir l’élan créatif spontané, sans arrière pensées, vital, libre et subversif. Et sans cela pas de fête et pas d’adhésion populaire. Nous autres, acteurs du champ économique, social et culturel, sommes inscrits dans un tout qu’on appelle communément «le système» qui induit des attitudes, des prises de positions plus ou moins contraintes.

Du coup – c’est presque une fatalité – nous pesons chacun de nos mots, cédons à l’inhibition. C’est toute l’ambivalence de la situation. Le dilemme est permanent et favorise la réserve là où l’esprit de création, sans réserve aucune précisément, devrait prévaloir. Un esprit de fête et de joie. Dans un contexte de sur-manipulation des propos (et des images), d’intoxication quotidienne des esprits, d’instrumentalisation de tel ou tel fait de l’histoire, prendre la parole est devenu problématique. Tout est tellement polarisé et malsain, le soupçon est tellement généralisé, que le silence, le mutisme, semblent l’attitude de «moindre mal», de responsabilité minimum. Nous tentons de compenser avec nos publications parfois hardies, parfois mineures avec toujours en pointe de mire cette question : est-ce que cela fait sens ? Cela peut paraître dérisoire mais nous privilégions toujours de pouvoir éditer tel ou tel auteur plutôt que de risquer la mise au pas. Nous avons perdu cette forme de virginité qui, au début des années 2000, nous a tous portés, a nourri l’audace, le désir de faire, d’agir.

Y compris dans les formes d’incompréhension, d’ambiguïté ou de controverses qui sont la matière même de la création. Aujourd’hui, essayer simplement de pratiquer son métier le mieux possible, en faisant de belles choses, et tenter, envers et contre tout, de conserver une posture éthique et une indépendance virtuelle, à contresens du mouvement général de régression, de clientélisation, de nivellement, eh bien cela demande tant d’énergie, tant d’efforts, tant de tension au quotidien, qu’en vérité, il ne reste plus de force pour autre chose. C’est aussi l’épuisement, qui, tragiquement, nous empêche. Mais au fond, ces maux-là ne sont-ils pas ceux qui frappent une bonne partie des citoyens algériens et les empêchent eux aussi sinon de se positionner du moins de s’exprimer sans entraves ?  Selma Hellal et Sofiane Hadjaj, éditeurs

 

La peur a changé de camp

La tentative actuelle, par un passage en force, de la reconduction de Abdelaziz Bouteflika pour un 4e mandat, rendue possible par le viol de la Constitution en 2008, au-delà de l’affront caractérisé, fait aux citoyennes et citoyens algériens, est l’expression désespérée d’un clan du système, inapte, défaillant et prédateur qui a réussi à faire le vide autour de lui et que toutes les Algériennes et les Algériens aspirent à voir s’écrouler, hormis sa clientèle et sa parentèle classiques, constituées de réseaux soudés par l’argent et les privilèges octroyés sur les fonds publics. Elevé dans le culte du secret et de la méfiance maladive vis-à-vis de toute personne ou groupe non apparentés à lui, ce clan mafieux se couvre du voile brumeux de ladite «famille révolutionnaire», alors que toutes ses pratiques et toutes ses actions peuvent être qualifiées d’antinationales, passibles des tribunaux. La volonté affichée de rempiler pour cinq autres années du président actuel, handicapé et gravement malade, est la tragique et risible illustration de cette «maladie du messie», chronique, rejetée aujourd’hui «violemment » par la majorité des Algériennes et Algériens qui voient dans ce comportement, dans les faits, la reproduction de la culture du « j’y suis, j’y reste » chère aux tenants d’un système politique désastreux pour le pays qui ne conçoivent après eux que déluge pour l’Algérie. Mais depuis l’irruption en 2011 de la jeunesse et des peuples arabes sur la scène politique pour le changement de régimes usés jusqu’à la corde, surannés et disqualifiés, la donne a fondamentalement changé. Partout dans ces pays, la parole s’est libérée et la peur a changé de camp. Jamais les conditions objectives et subjectives n’ont ainsi été aussi bien réunies pour passer de systèmes politiques de parti unique anachroniques, nés au lendemain des indépendances, en pleine guerre froide, à des systèmes démocratiques pluralistes. Les déceptions qui s’en sont suivies dans certains pays ne sont pas le fait des peuples, mais de dirigeants bornés et autistes qui ont refusé d’opérer les changements nécessaires à temps pour couper l’herbe sous le pied des plans de déstabilisation concoctés par les officines impériale-sionistes. Les Algériennes et Algériens, en phase avec le monde, spectateurs directs des bouleversements et des changements qui sont en œuvre partout, n’ont jamais autant aspiré à l’avènement d’une société de liberté, de justice et de dignité. Ils appellent ce changement de tous leurs vœux, de manière pacifique, en veillant comme sur la prunelle de leurs yeux à l’indépendance, la souveraineté, l’unité et l’intégrité de leur pays. Ce changement, inéluctable, ne viendra pas du système qui a toujours privilégié «le changement dans la continuité», autrement dit, la sauvegarde du système FLN qui a pourtant fait les preuves de son inefficience et de son échec dans tous les domaines, au lieu et place de la «rupture» exigée. Il ne peut venir que de l’extérieur du système, autrement dit, des forces patriotiques, notamment des jeunes, organisées ou inorganisées, partout où elles se trouvent, acquises à l’idée d’une IIe République, agissant pour le changement pacifique et démocratique avec pour objectif de mettre les Algériennes et Algériens, partout dans le pays, en mouvement en vue de sa réalisation. Le mouvement Barakat ! a ouvert la voie, à eux de la suivre.
Lazhari Labter, écrivain, éditeur et membre du mouvement Barakat !

 

 L’Algérie va rater un rendez-vous crucial avec l’histoire

Le 17 avril 2014 aurait pu être une grande date dans l’histoire de l’Algérie, celle du moment où se serait enclenchée une vraie transition démocratique, et surtout pacifique, avec la tenue d’un scrutin présidentiel ouvert. Hélas, avec la candidature de Abdelaziz Bouteflika à un 4e mandat, et donc avec sa réélection annoncée, le pays va encore une fois rater un rendez-vous crucial avec l’histoire. Dans un monde en recomposition avec des forces de changement d’une incroyable vigueur, c’est au XXIe siècle que l’Algérie tournera le dos avec à sa tête un homme dont il est évident que l’état de santé ne lui permet déjà plus d’assurer la charge, énorme, de la fonction présidentielle. Tout Algérien s’intéressant aux grandes mutations internationales sait que son pays doit absolument se réformer. Il ne s’agit pas simplement d’ouvrir le champ politique, mais de concevoir un projet national en matière de développement économique, de politique, d’éducation et de redistribution. Il s’agit aussi de moderniser les structures et institutions d’un Etat qui s’essouffle tout en rompant avec l’addiction funeste aux hydrocarbures. L’Algérie est aujourd’hui à la croisée des chemins. Si elle persiste à vivoter comme elle le fait aujourd’hui en gaspillant ses ressources naturelles, mais aussi humaines, elle connaîtra, à échéance plus ou moins courte, une période de violences encore plus terribles que celle des années 1990. A l’inverse, si elle a la chance d’avoir à sa tête des dirigeants qui tiendront d’abord un langage de vérité sur la situation réelle de l’économie et de la société et qui s’engageront dans les réformes, mais aussi dans la lutte contre la corruption, alors elle aura la possibilité de rejoindre le club fermé des émergents. La farce tragique qui est imposée aujourd’hui aux Algériennes et Algériens avec la presque certaine réélection de Abdelaziz Bouteflika ne peut que provoquer de l’abattement, de la colère et, surtout, du pessimisme. Ce qui se prépare est une honte et une insulte au peuple et à son intelligence. Cela va aggraver la confusion qui règne dans les esprits et détruire ce qui nous reste encore comme valeurs respectées. L’honnêteté, la droiture et le patriotisme commandent de ne pas être complice de cette pitoyable mascarade. On dira que cela ne changera pas grand-chose. C’est possible, mais l’on doit tout de même jeter l’opprobre aux scélérats qui ont pris l’Algérie et son peuple en otages. Car tôt ou tard, ils seront jugés et condamnés pour cela.
Akram Belkaïd, journaliste et écrivain

 

Le 4e mandat est l’abcès de dégénérescence de l’Etat

Depuis 1999, Bouteflika sévit sans garde-fous, fait peser des pressions terribles sur l’Etat et la société, saigne les forces démocratiques dans le silence suspect des institutions et des appareils du pouvoir. Le 4e mandat est l’abcès de dégénérescence de l’Etat, fruit d’un viol constitutionnel. Cette obstination de tout un système cohérent dans la sauvegarde de ces intérêts, lié aux intérêts néolibérales prédatrices, fait que l’Algérie  frissonne et oscille chaque fois qu’elle aborde une élection et qu’elle est sommée de choisir entre des alternatives qui enferment le pays dans la dérive totalitaire et le maintien du statu quo. Le pays est maintenu dans ces mêmes logiques, avec le même personnel et les mêmes alliances qui ont lamentablement échoué et ruiné le pays. Un 4e mandat qui cherche allégeances et soutiens d’où qu’ils viennent, sans principe, subjuguant et forçant les partis, toutes tendances confondues, organisations de la «famille révolutionnaire», syndicats et mouvements associatifs, etc., jusqu’aux clubs sportifs, en violant les lois de la République, leurs statuts et règlements intérieurs, en les livrant à des divisions préjudiciables à leur vocation à la fois unificatrice et pluraliste, fondatrice et creuset de citoyenneté. Le rejet du système ne doit pas être plombé juste sur le 4e mandat, le pouvoir a des marges de manœuvre suffisantes pour prendre l’initiative. Demain, on risque d’être, au moins formellement, en contradiction avec eux-mêmes. L’opposition au 4e mandat doit être un appel clair et transparent en direction de l’ensemble des patriotes et démocrates qui sont, dans la société, au sein de la classe politique, parmi les cadres de l’économie, les acteurs du mouvement syndical et associatif, pour rejeter la fatalité du système despotique et de l’intégrisme. Ceux qui se revendiquent de la démocratie moderne et du progrès doivent prendre la mesure de la profondeur, de la gravité et de l’urgence du changement. Dans tous les cas, il faudrait que la société soit rassurée, qu’elle n’ait pas le sentiment d’aller vers l’inconnu.
Kader Fares Affak, comédien

 

Je m’oppose à ceux qui qualifient Barakat ! de «mouvement facebook»

L’élite cultivée algérienne est aujourd’hui prise dans un piège que lui a tendu le régime actuellement en place depuis son arrivée au pouvoir, un piège qui est basé sur la domestication par la rente de nombreux intellectuels et opposants. La ministre de la Culture elle-même n’était-t-elle pas une féroce opposante avec un riche passé d’affrontements extrêmes avec le pouvoir ? Elle est un modèle de la transformation d’une position d’une personnalité culturelle opposante à une personnalité culturelle loyaliste. Evidemment, je ne la blâme pas, ni elle ni personne d’ailleurs, c’est après tout l’une des règles de la démocratie d’accepter les opinions et visions des uns et des autres. Certains perçoivent la politique comme un jeu d’intérêts et peut-être ont-ils raison, cependant je blâme ceux qui nient le droit à la dissidence et à la différence d’opinion, celui qui nie que ma position peut être différente de la sienne. Il s’agit là d’une violation flagrante des règles les plus élémentaires de la démocratie. Adopter une attitude de soutien au régime actuel est le droit le plus absolu des personnalités culturelles loyalistes, tout comme les opposants du monde de la culture ont le droit d’adopter une position contraire. Beaucoup de personnalités culturelles actuelles s’opposent au système, mais n’osent pas l’exprimer de peur de nuire à leurs intérêts personnels. D’autres ont peur en raison de la politique de délation et de trahison qui prévaut aujourd’hui. Je m’oppose à ceux qui qualifient le mouvement actuel de contestation de «mouvement facebook.» Facebook n’est rien d’autre qu’un moyen de communication, d’expression d’avis et de promotion de positions politiques, et peut-être un moyen d’expression pour la foule. Mais au final, le seul vrai mouvement est celui qui a lieu dans la rue. Celui qui se dit opposant à travers son ordinateur, sur facebook, a une position sans intérêt et sans influence majeure. Je soutiens aussi bien les partisans du régime que les opposants, car il s’agit d’un droit garanti par la Constitution, et chaque citoyen a le droit de s’exprimer individuellement ou au sein de groupes. Celui qui considère qu’il est préférable d’agir en bloc pour le succès du mouvement, est libre de le penser tout comme celui qui est convaincu qu’agir individuellement est meilleur. La constante est que chaque citoyen a le droit de manifester pacifiquement dans les limites de ce qui est garanti par la Constitution.
Youcef Baâloudj,  journaliste et écrivain

 

Je ne crois pas en l’activisme sédentaire, à portée de clics

Ma position est par nature fondamentalement citoyenne - je n’ai jamais fait de politique. Je suis Algérienne, j’ai 36 ans et suis mère de deux enfants. Mais, au-delà de ça, il me plaît aussi de me définir par rapport au fait que je suis issue d’une génération qui a vécu les plus graves situations qu’à traversé l’Algérie post-indépendante, portant en elle quelques traumatismes non sans conséquences, dont celui des années du terrorisme, et de l’assassinat d’un Président en exercice, ayant incarné l’espoir de mettre les Algériens en confiance, en pesant du poids de son engagement historique pour la cause nationale. Ma génération souffre inexorablement d’un sentiment de mépris qui tend à perdurer, au regard du manque (voire à l’absence) de considération, qui entache le discours officiel de la gouvernance en place depuis 52 ans. Donc, pour moi, la présidentielle de 2014 n’est, ni plus ni moins, que l’occasion d’arracher le droit de prendre part à un débat de société salutaire pour notre avenir et celui de nos enfants. Ma position, aujourd’hui, aussi modeste soit-elle, est empreinte de bon sens et de bienveillance, pour faire entendre que le temps du non-choix est à présent révolu. La protestation est une notion, proportionnellement relative à l’objet que l’on conteste. Il n’empêche que, de mon point de vue, l’extrême gravité de la situation qui en a créé le contexte, exclut de facto le «silence». Quand on prend conscience qu’il est plus qu’urgent de fédérer les forces du changement, pour peser de sa parole et de ses actes à la faveur de notre conviction profonde que l’Algérie dont nous rêvons, risque de nous filer entre les doigts, on se doit de réagir. Quand on se sent investi du devoir de fidélité au sacrifice extrême des martyrs de la liberté et de la démocratie, on se doit d’agir avec dignité. Quand on est convaincu qu’il est plus impératif de prendre part au débat sociétal public, sans attendre d’y être convié d’une manière tronquée et/ou intéressée, on se doit de défendre ce droit sacré par l’essence même de l’exercice de notre citoyenneté. Pour moi, la protestation est un travail constructif de longue haleine et de tous les instants. Du fait de la conjoncture actuelle, celle-ci revêt d’une action citoyenne qui prend effet à partir du refus que l’on continue à vouloir maintenir le citoyen algérien dans sa condition de suiviste et d’assisté. Pour ma part, je ne manquerait pas de protester contre toute volonté œuvrant bassement et en dépit du bon sens, ne laissant à nos enfants comme seule alternative que de grandir dans un peuple encore plus triste, encore plus désaimé et plus désabusé, qu’il ne l’est en ce moment. Les réseaux sociaux représentent un espace, où l’exercice de la parole est libre et interactif, je trouve tout à fait normal que les mouvements de contestation s’en emparent, puisque l’espace public leur est refusé. Cela permet aux gens de prendre part au débat et d’exprimer leur point de vue avec l’instantanéité en prime. Cela peut être aussi une alternative à l’isolement et au repli sur soi. Ma réserve se situe dans le fait que je ne crois pas du tout en l’activisme sédentaire, à portée de clics et sous le couvert de l’anonymat, j’y trouve une forme de perversion qui me met mal à l’aise.  En dehors de cela, c’est un espace où des liens se créent à travers l’échange d’idées. Je trouve légitime que l’on soit tenté de se l’approprier, en appoint à l’action réelle.
Amina Haddad, productrice

 

Il faut empêcher, pacifiquement, tous les sbires de ce système mafieux

Depuis son indépendance, l’Algérie n’a connu que deux vraies élections : les communales du 12 juin 1990 et les législatives du 26 décembre 1991. L’arrêt du deuxième tour de ces législatives avait signifié l’arrêt du processus démocratique. Des aventuriers en avaient ainsi décidé. Cette gestion dictatoriale a fait plus de 200 000 morts. Terrible. Ce qui se passe aujourd’hui en Algérie est triste. Ce pays peut faire cent fois mieux à tous les niveaux et pourtant, il va de régression en régression. Le premier responsable de ce terrible malaise que vivent les Algériens, à tous les niveaux, c’est d’abord le système politique en place qui date maintenant de plus de 51 ans. Le système politique en place n’a jamais été légitime ; l’armée des frontières a tué, durant l’été fratricide de 1962, plus de 1000 Algériens pour prendre le pouvoir. Mais aujourd’hui, la société elle-même est à l’image de ce système qui a réussi la prouesse de corrompre presque toute l’intelligentsia algérienne. Le peuple lui-même admet aujourd’hui cette corruption : les vraies valeurs se perdent de jour en jour en Algérie. Il y a donc un travail urgent à faire au niveau de la société par tous ceux qui peuvent être autonomes par rapport à ce régime autoritaire. Il y a également une urgence à ce que tous ce qui ne se retrouvent pas dans les pratiques malsaines de ce régime se réunissent autour au moins de trois idées : démocratie, liberté et justice sociale. Il y a lieu de faire taire les divergences des uns et des autres, le temps de voir ce régime partir. Et ce n’est pas une utopie. Pourquoi le régime algérien est-il toujours là ? Parce qu’il est fort vraiment ? Non, pas du tout. Le régime algérien est là uniquement parce que la grande majorité de la population qui déteste ce régime n’arrive pas à se réunir justement autour de deux ou trois idées centrales, c’est-à-dire l’essentiel, tout en se tolérant, tout en s’aimant les uns, les autres. Oui, nous autres Algériens, nous avons du mal à nous aimer les uns et les autres. Les luttes citoyennes sont parfois gagnées par le désespoir généré principalement par l’échec du formidable Mouvement citoyen de Kabylie des années 2001-2003. Durant cette révolte populaire, le pouvoir avait assassiné plus de 120 jeunes ; les assassins de ces jeunes ne sont pas encore passés en justice. Le printemps amazigh de 1980 avait porté, pour la première fois, la contestation dans la rue ; c’est un repère important de l’histoire de l’Algérie. L’ouverture générée par les tragiques événements d’octobre 1988 n’a pas porté ses fruits. Nous n’avions pas pu faire la différence entre l’essentiel et le superflu, pour paraphraser le grand poète René Char. Pour rappel, le Mouvement citoyen de Kabylie des années 2001-2003 n’a pas beaucoup été aidé par le reste de l’Algérie. Grâce à sa politique de diviser pour régner, le pouvoir algérien ne se gêne pas pour opposer une région du pays à une autre. Et pourtant, l’Algérie est un pays immense où il y a de la place pour tous les Algériens, sans aucune marginalisation. Chaque choix politique, religieux, philosophique ou linguistique doit avoir droit de cité. Il y a lieu d’avoir de l’imagination pour une autre gestion de l’Algérie ; il est peut-être temps de donner un vrai pouvoir aux régions. Il est également temps que les ego des uns et des autres s’estompent ; il ne s’agit pas de se montrer, il ne s’agit pas d’avoir raison ou d’avoir eu raison, il s’agit d’aller à l’essentiel : empêcher, pacifiquement, le DRS, l’actuel chef de l’Etat, tous les sbires de ce système mafieux, de continuer à imposer leurs choix désastreux. Il est juste temps de donner véritablement la parole au peuple.
Youcef Zirem, écrivain

 

Le système est périmé

Le problème dont souffre l’Algérie vient du système. Un Bouteflika, un Benflis ou un autre ne change rien. Nous devons aller à une deuxième République, car le système est périmé. L’Algérie est l’un des seuls pays au monde où on connaît qui sera élu avant les élections, car «Ikhayrouh, ijibouh, ihatouh» et on ne pourra avancer que si le citoyen choisit son Président. Concernant les contestations, je ne comprends pas ceux qui sont contre un 4e mandat, car ça n’a pas de sens puisqu’ils auraient dû sortir en 2008. Par contre, s’ils contestent contre un président malade, je suis d’accord.
Ali Rahalia, écrivain et journaliste
 


Tant que le peuple aura peur, rien ne changera

Je ne suis pas contre la présentation du président Bouteflika, mais contre le fait qu’il ne l’a pas fait lui-même. Je suis contre le système qui abuse du peuple inconscient pour maintenir le pouvoir à son profit. Je suis pour les gens qui ont le courage de parler pour le bien général de l’Algérie, on en a marre de cette situation et de ce système qui nous pousse à haïr notre propre pays. Malheureusement, tant que le peuple aura peur de parler, rien ne changera.
Sadek, du groupe Democratoz

 

Pourquoi je suis contre le 4e mandat

Je suis d’accord avec l’idée qui prétend que l’intellectuel, ou encore l’écrivain, ne contemple pas le monde à travers ce qui est noir et blanc, parce que dans tout noir il y a du blanc, et vice-versa. On pourrait également réfuter cette idée «pour ou contre», mes propos peuvent être interprétés comme si j’ai préféré un camp à un autre. Pour la première fois, je vais me pencher sur mon choix contre le 4e mandat, car ce choix ne signifie qu’être avec le peuple, la nation, la démocratie et les rêves des martyrs… Je suis contre le 4e mandat, parce que j’étais dès le début contre l’idée de la réconciliation nationale dans la manière avec laquelle elle a été faite. Malgré son importance au moment où le président Bouteflika est arrivé au pouvoir, on a eu le sentiment d’être obligés de tourner une page douloureuse et sanglante sans débat culturel ou politique. J’ai écrit sur ce sujet tant d’articles pour exprimer mon aversion d’une réconciliation qui n’implique pas le peuple, mais seulement ceux qui se sont entretués, une réconciliation qui n’a pas atteint la stabilité totale que nous avions espérée durant des années de sang et de plaies douloureuses. Je suis contre le 4e mandat, parce que je pensais que le président Bouteflika était un sage, un homme du rang du président français Charles de Gaulle, qui saura mener le pays du stade de la tyrannie, de l’oppression, de l’arriération et de la faiblesse à un début d’un vrai progrès, un vrai développement à tous les niveaux. Mais nous avons rapidement découvert ces impulsions dictatoriales et cette tendance progressive vers l’autoritarisme à la manière de ceux qui nous ont gouvernés durant les années 1970 ou avant. Il a profité d’une situation désespérée, de la faiblesse des partis politiques pour transformer leurs leaders en des mercenaires et des voleurs. Ainsi, le critère de réussite politique était de faire partie de son entourage et lui faire des louanges matin et soir. Je suis contre le 4e mandat, parce que j’étais contre la révision constitutionnelle pour qu’un président continue à nous gouverner sans se soucier si on l’ accepte ou pas. Cette déviation ne laisse aucun espoir à une fragile et vulnérable démocratie pour qu’elle se fonde sur des bases solides et ainsi survivre. Cette révision de la Constitution - avec le silence honteux de la classe politique et même culturelle - m’a causé une grande tristesse. Depuis, on est entré dans le stade de «l’acceptation» où nous avons commencé à admettre la situation telle qu’elle est : il nous gouverne comme un roi, on ne discute pas ses décisions ou sa gestion qui nous éloigne du chemin de notre démocratie, qu’on a cherché durant les années de la guerre civile et de nombreuses morts. Je suis contre le 4e mandat pour une simple raison, le Président est malade (et sur le plan personnel, je lui souhaite la guérison) et est devenu incapable de mener les affaires de sa propre vie, sans parler des affaires d’un pays qui passe par une période dangereuse sur les plans interne et externe et des défis imposés par les tensions vécues par le monde entier. Pour cela, l’Algérie a désespérément besoin d’un Président fort non seulement physiquement, mais aussi mentalement, un Président qui nous réunit au lieu de ne nous diviser... Avec qui nous sentons que nous pouvons aller loin dans la réforme du pays des conqéquences des années sanglantes, et des années de corruption. Je suis contre le 4e mandat, car je ne supporte plus cette gouvernance arrogante qui nous donne l’impression de vivre dans une prison à ciel ouvert dans laquelle tout ce que nous pouvons faire, c’est de parler librement seulement. Mais si la liberté a été créée, c’est pour qu’elle soit vécue et non parlée seulement. Je suis contre le 4e mandat parce que Bouteflika est passé d’un «individu» à une «idée» terrifiante vis-à-vis de l’Algérie d’aujourd’hui : le système bouteflikien symbolise tous les types de non-dialogue, démocratique ou rationnel, que tout peut s’acheter, qu’il faut être redevable envers la «personne» qui leur fait des «donnations» jusqu’à leur sujétion.
(...). Je suis contre le 4e mandat, d’abord et avant tout, parce que j’aime mon pays et j’aime son histoire de lutte et de révolution et je crois que nous devons le préserver comme nous l’ont confié nos martyrs ; nous devons le préserver pour les prochaines générations.
Bachir Mefti, écrivain

 

Notre pays mérite mieux que ces imposteurs

J’ai réalisé un clip, où je me faisais passé pour un candidat. Une manière de donner un exemple à ces prétendus candidats qu’on nous a présentés au début de la campagne. C’est rageant de se lever le matin et se  dire qu’un candidat se présente parce qu’il a rêvé d’El Gueddafi, ou autre inepties. Notre pays mérite mieux que ces imposteurs. Notamment, ceux de mouvements soi-disant contestataires. A l’image d’Amira Bouraoui, selon moi, elle n’a aucune crédibilité et sert à déstabiliser notre pays par ses actions puérils. Nous avons assez souffert de ces années de violence, pour qu’on accepte d’écouter des gens qui n’ont pas rendu service à ce pays, ni contribué à sa prospérité. Bouteflika si.
Mister AB, rappeur

 

Eviter le chaos que provoquera le statu quo

L’élection seule, quelle soit présidentielle ou autre, n’est pas la démocratie. Elle est, certes, indispensable, mais fatalement insuffisante. Pour organiser une élection libre et équitable, il y a des conditions à réunir pour que le citoyen puisse s’exprimer sans contrainte et en connaissance de cause : un environnement politique favorable, la libre expression, l’accès à une information diverse et vérifiée, la neutralité des institutions et en premier lieu, la justice… Il y va de la liberté du citoyen, de son sentiment d’appartenance à une nation qui lui fait place et qui le respecte. Il y a aussi des garde-fous à mettre en place pour empêcher les gouvernants de privatiser le pouvoir et d’accaparer les leviers de décisions de l’Etat, sans avoir en face un contrepouvoir. Tout cela n’est pas à l’ordre du jour, malheureusement. Des années durant, le jeu politique était fermé, le débat presque inexistant, et l’argent, remplaçant la répression dans le contrôle des masses, a dominé la scène publique. Comment s’attendre, dans ce cas, à autre chose qu’à une élection maison ! A mon avis, la première chose, à laquelle il faut faire attention, en ce moment, c’est son autonomie de réflexion et d’analyse. Il y a tellement de fausses informations et de propagandes qu’il faut rester vigilant. Cinquante-deux ans après l’indépendance, nous sommes toujours face au même défi : échapper au conditionnement et agir en fonction de ses besoins et objectifs. Ceci dit, cela ne doit pas nous rendre pessimiste, au contraire, nous devons gagner en réalisme et objectivité. Vingt-six ans après les événements d’Octobre 1988, et contrairement aux idées répandues, l’opposition politique a beaucoup évolué. Les fractures entre les secteurs de l’opposition (islamistes/démocrates, éradicateurs/réconciliateurs) n’ont plus la même ampleur, les divergences s’objectivisent, le désir de gagner de l’autonomie par rapport aux clans du pouvoir grandit, le souci de mettre en place les conditions d’une vie politique saine anime la majorité des forces politiques. Un mouvement de convergence pointe à l’horizon. Beaucoup d’acteurs politiques, dans l’opposition comme dans les institutions, s’accordent sur la nécessité d’aller vers un consensus national, d’enclencher une transition démocratique, de transformer pacifiquement le système, sans violence et sans effusion de sang. Après l’expérience de l’intégration négative, des partis ont pris conscience qu’on ne peut réformer le système de l’intérieur. D’autres, sous le poids d’une situation régionale et internationale menaçante, sont devenus plus pragmatiques, ne cherchant plus à changer contre le système, mais avec lui, dans un partenariat équitable et profitable pour le pays.  Le FLN n’est plus le FLN ! Ayant tenté de s’appuyer sur des forces étrangères pour régler des comptes internes au régime, il ne peut plus se poser en matrice du nationalisme comme il le faisait. Le DRS est démystifié. Les soutiens du régime n’ont plus de convictions ; ils se recrutent davantage parmi les mercantilistes qu’ailleurs. Les moudjahidine, les enfants de chouhada, les travailleurs qui syndiquent à l’UGTA, les cadres, dans toutes les institutions, ressentent un profond malaise face à la situation présente. Au lieu d’admettre une présidentielle de transition à la deuxième République, le régime tente le maintien du statu quo en misant sur l’incapacité de l’opposition à organiser une riposte stratégique, sur la peur de la population et son penchant, dans ces cas, à un vote refuge. Telle que pensée et mise en œuvre, l’élection est déjà disqualifiée et ses résultats illégitimes. Quel que soit le gagnant, c’est le candidat du système. Pour toutes ces raisons, je crois qu’il est utile de le laisser tout seul face à ses propres choix. C’est là une position stratégique face à un processus d’ensemble, et non pas un choix tactique contre ou pour un candidat. Accompagner le régime, même par le boycott, position respectable d’ailleurs, c’est prendre le risque de donner de la résonance à son processus, de lui conférer de la valeur, de le crédibiliser d’une manière ou d’une autre. Je pense qu’au lieu de chercher à disqualifier une élection qui l’est déjà, il est impératif de mettre en œuvre un processus alternatif. Reprendre l’initiative en rendant visible le projet de la transition démocratique, pour ne pas être obligé de gérer le chaos que provoquera le statu quo.
Brahim Tazaghart, éditeurt et écrivain

 

Plus de 50 ans que la volonté populaire est bafouée

Une haute idée de l’honneur, une noblesse d’âme sont, entre autres qualités, les deux mamelles ayant forgé des politiciens de renom à travers le monde entier. Le fil directeur est une relation fusionnelle entre un homme ou une femme politique d’un charisme indéniable et un peuple qui, par le biais du suffrage universel, s’allient pour exaucer des projets communs nés d’une vision patriotique et préparant un terreau salutaire aux générations futures. Seul un pacte démocratique est à même d’être la rampe de lancement des Etats vers le progrès. Tout chef d’Etat a une seule façon d’entrer dans l’histoire : servir le peuple. Il a une seule manière pour servir le peuple : respecter sa volonté. Quid de l’Algérie ? Diantre ! mais cela fait plus de 50 ans que la volonté populaire est bafouée, les termes de la Soummam violés et le GPRA crucifié. Pourtant, à l’approche de chaque échéance électorale, les quidams du système reviennent avec une immuable ritournelle pour chanter la grandeur de la patrie et caresser la paix sociale à coups de promesses avec des tournées nationales. Le système a un seul projet : «La République des copains d’abord !», tant il y a à boire et à manger en usant des méthodes des Naegelen et Bigeard : le mépris, le mensonge, la violence, la rapine. Bref, l’ego contre le peuple ! Aujourd’hui comme hier, les élections ont perdu de leur transparence. L’ambiance est stalinienne ! Quand le système joue, c’est qu’il a déjà balisé le chemin pour sa propre pérennité. L’inaptitude de Bouteflika n’est plus à démontrer et seule une personne animée de mauvaise foi préconiserait qu’il pète la forme ! Son bilan est pâle, ses méthodes sont régressives et sectaires, son verbe est muet, son projet est illisible, voire inexistant. Un consensus rassembleur des forces du progrès, sans exclusion aucune, s’avère, à mes yeux, le chemin le mieux indiqué pour une vraie sortie de crise. La terre de Jugurtha est riche en hommes et en femmes aux compétences indéniables, ils sont un panel de forces vives appelés à se serrer les coudes pour dire basta  à la dérive monarchique qui enlaidie notre pays jusqu’à devenir la risée du monde entier. Le plus important, aujourd’hui, n’est plus de savoir qui va triompher au soir du 17 avril prochain, c’est même dérisoire, sinon insipide tant le capharnaüm actuel nous interpelle vers un autre processus. Le plus important, aujourd’hui, c’est que le problème de l’Algérie ne se résume pas non plus à l’élection d’un homme mais, bel et bien, à l’instauration d’une confiance durable et la mise en place d’une chaîne de transmission du savoir et de méthodes salvatrices pour un Etat fort et impérissable. Des El Gueddafi, Amin Dada et Mobutu, le peuple algérien n’en a jamais eu besoin ! Le Conseil constitutionnel aura la charge de rejeter la candidature de Bouteflika, non crédible et désespérante de son propre aveu même en avouant, il y a un peu plus de deux ans à Sétif, que sa génération a accompli sa mission. Autrement dit : aux jeunes générations de reprendre le relais (CQFD). L’Etat-DRS est arrivé à péremption et un Etat civil est appelé à prendre forme. L’idéal, à mon humble avis, est l’annulation de cette mise en scène sordide et stérile, et zoomer sur l’essentiel : l’intérêt général, l’intérêt du peuple et des générations futures. La démocratie n’est pas un gène héréditaire, mais un cheminement permanent vers le meilleur, vers l’exercice des libertés individuelles et collectives portées par la transparence et la justice sociale. Trêve de la dualité ! Sans haine, l’opposition et les candidats actuels auront à travailler main dans la main. La mise en place d’un «Comité national de transition» regroupant des militants des droits de l’homme, des personnalités de la société civile et politiques, qui se dotera d’un arsenal juridique cohérent, veillera à la conduite de l’Algérie de la monarchie actuelle et aller vers une République digne de ce nom. Et la transition n’est pas un vain mot tant le chemin est long et parsemé d’embûches. Le retour de la confiance et la consécration de la souveraineté populaire, jeter des ponts entre les gouverneurs et les gouvernés, ainsi que la préparation de l’avenir avec sérénité nécessitent une volonté mêlée de clairvoyance, méritent des sacrifices et cependant, c’est toute l’Algérie qui bénéficiera de cet élan progressiste et légitimiste. C’est ainsi, et uniquement ainsi, que la mécanique du progrès se mettra en branle pour faire étinceler sur le sol algérien une paix durable, une constante fraternité et un bonheur chevillé aux âmes.
Tarik Djerroud, écrivain

 

Protester est un signe de bonne santé

Je ne m’intéresse à la présidentielle, qu’à partir du principe d’être un citoyen algérien qui se sent responsable du présent, mais aussi du futur de son pays. Ce sentiment de responsabilité grandit quand je réfléchis en tant qu’écrivain, et atteint son summum quand j’observe la situation que je  trouve misérable et difficile. Une question me traverse l’esprit : n’est-il pas grand temps que l’Algérien choisisse son président en toute liberté en se basant sur le programme qu’il propose et non pas à partir des personnes en course ? Protester est un signe de bonne santé. Cela veut dire que le citoyen est conscient de son droit d’exercer un acte de rejet, et dans le cas présent, rejeter une réalité jugée arbitraire, et qui restreint son droit à la liberté de choix. Je suis ce qui se passe sur facebook avec une curiosité profonde, car il est considéré comme un miroir, à travers lequel nous pouvons lire la vraie impulsion de la rue. J’ai aussi retrouvé un grand nombre de choses symboliques, notamment le jeune Algérien qui excelle dans le cynisme du statu quo politique à travers des commentaires, des photos, des blagues, photoshop et des slogans. Tout cela renseigne sur une culture politique profonde dépassant de loin ce qu’ont la classe politique au pouvoir et l’opposition.
Abderrazak Boukebba, écrivain
 


Il n’y a pas de démocratie sans manifestations

Je souhaite qu’on assiste à des élections transparentes et que le meilleur l’emporte. Je veux dire le plus sincère et le plus engagé pour rendre l’Algérie meilleure. Je suis contre la répression des forces de l’ordre, dès lors que les mouvements de protestation étaient pacifiques. Je suis pour des mouvements de protestation, dès lors qu’ils s’inscrivent dans un courant pacifique et démocratique. Il n’y a pas de démocratie sans manifestations, protestations et grèves. Regardez ce qui se passe en France. Chaque jour il y a quelque chose.  Pour moi, la protestation est inséparable de la démocratie. Je constate également que les réseaux sociaux s’agitent. Parfois violemment. Je suis contre les dérapages verbaux, les anathèmes et les insultes. Contre aussi les noms d’emprunt. On ne sait pas qui est qui. En revanche, on sait qui est visé, qui est insulté. Ceci dit, on n’échappe pas au progrès. Seulement, de mon point de vue, l’internet ne fait pas les élections, du moins en Algérie. C’est du virtuel. Pour faire simple, disons que les messages véhiculés par les réseaux sociaux touchent la même cible que celle que touche la presse écrite. C’est une grande famille qui fait de l’intra-communication. Touche-t-elle le pays profond qui a d’autres préoccupations ? J’ai quelques doutes.
Hamid Grine, écrivain

                                                                                                    
El Watan  

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