SYMPOSIUM AUTOUR DU LIVRE AMAZIGH À BOUÏRA (7-8 DÉCEMBRE 2013)*

La Langue Maternelle contre la fragilité de la Mémoire


La Langue Maternelle contre la fragilité de la MémoireSi la langue est à l'origine de l'existence d'une société intelligente, rien n'est donc contraire ni plus naturel que de l'apprendre et de la faire apprendre. C'est la quête du soi spécifique la plus utile à la nation issue de sa propre histoire de tous les temps.

Vérité première, authentiquement originale et parfaitement saine, que d'inclure dans un système éducatif culturel les prérequis sociaux d'une réalité historique multiple, inaltérable et prodigieuse, issue de la victoire nationale sur le colonialisme. Partant de cette humaine conviction que toute langue forme l'homme et lui ouvre des voies d'existence, la maîtrise algérienne d'existence doit servir le peuple algérien libre et indépendant à se réapproprier aussi le droit à exprimer sa nature originelle judicieusement et conformément à la personnalité de l'Algérie composée depuis les temps les plus reculés. Bien sûr, je pense aussi à l'Algérie en évolution, celle d'aujourd'hui, celle de la rationalité et du progrès, de la paix et de la justice, de la fraternité et de la culture,... celle qui sera la Voix exprimée de toutes ses populations, même si le type d'expression auquel celles-ci s'adonnent pourrait sembler différent d'une région à l'autre. Il est certes évident que la répartition des aires des parlers berbères chez nous est inégale, au reste comme dans d'autres pays: Égypte, Libye, Tunisie, Mauritanie, Burkina Faso, et en général en territoires sahéliens. C'est pour quoi, par parenthèse, le mérite du peuple algérien est d'être constant dans son engagement à être uni et de protéger, entre autres richesses, ses richesses culturelles qui constituent sa personnalité. Le peuple algérien, ainsi conscient de sa personnalité profonde et de la solidarité mutuelle entre ses cultures diverses, a le souci d'objectiver la grandeur et la dignité nationales. Le passage de la colonisation à l'indépendance ne doit pas se concrétiser dans la seule résonance de la conscience individuelle heureuse, il doit s'irradier puissamment dans la conscience citoyenne, car la nation est un État, ad vitam aeternam, à jamais et pour toujours, - aussi, devrait-on encore s'obliger à s'en convaincre après plus d'un demi-siècle de République Algérienne.

«À quoi sert le livre?»
Si l'on songe à cette vérité-là de l'Algérie, eh bien, elle se trouve tout à fait dans le Livre et la lecture, et spécialement dans les composantes de son identité, parmi lesquelles l'amazighité. Autant l'arabe est langue nationale indiscutable, autant l'amazigh a besoin d'être officiel pour se promouvoir avec compétence, générosité et méthode, sans antagonisme, plus résolument avec le sens d'une responsable complémentarité des richesses et des intelligences capables de former une oeuvre de raison, de liberté et d'unité, - autrement dit, une éducation totale pour une démocratie algérienne totale. Le Haut Commissariat à l'Amazighité (HCA), Institution de l'État algérien créée le 27 mai 1995, directement rattachée à la présidence de la République Algérienne, est chargé de l'étude de la langue tamazight et de la promotion de son enseignement. À cet effet, le HCA est aussi éditeur d'ouvrages didactiques et de culture tamazight en général. Le livre amazigh, par sa conception et sa réalisation, apparaît donc comme un objectif primordial à atteindre pour soutenir les moyens techniques et pédagogiques envisagés dans le strict domaine éducatif et culturel inscrit au programme officiel de la promotion de la langue tamazight dans notre pays.
«À quoi sert le livre?», titre en questionnement de mon récent volume paru aux éditions ENAG, souscrit en droite ligne aux objectifs généraux de la promotion de tout livre algérien se consacrant à la Connaissance et, à l'évidence, du livre amazigh aussi. En tout état de cause, dans le passé, il y a eu de nombreuses rencontres de spécialistes de l'amazigh pour traiter de différents thèmes, tels que: - «L'unification du lexique grammatical». - «L'audiovisuel amazigh en Algérie: Quel avenir?» - «Le manuel scolaire de la langue amazighe: caractéristiques, objectifs et perspectives.» - «Formation au profit de 40 enseignants de Tamazight.» - «Penser une stratégie de communication pour la promotion de tamazight.» - «Le roman d'expression amazighe.» - «La traduction comme moyen de rencontre des civilisations et du développement des langues émergentes.»,...
Récemment, le Symposium, qui s'est tenu dans la Maison de la Culture «Ali Zamoum» de Bouïra (7-8 décembre 2013), organisé par le HCA, sous l'égide de M.le wali de Bouïra et en partenariat avec le Centre National du Livre (CNL), a eu un franc et précieux argumentaire paru en avant-propos dans la presse: «Pourquoi des tables rondes de consultations avec des auteurs, éditeurs et diffuseurs du livre amazigh?» Sous la plume de M.Si El Hachemi Assad, directeur de la Promotion Culturelle du HCA, on pouvait lire ces éléments motivants: «La décision de surseoir momentanément à la reconduction de la tenue du salon du livre et du multimédia amazighs au titre de l'exercice 2013, obéit à l'impératif d'observer une halte à l'effet d'engager une réflexion sereine autour des grands axes devant garantir sa pérennité et son succès.»
Il est devenu indispensable «d'engager, a-t-il écrit, une réflexion à l'effet de doter à l'avenir le salon du livre et du multimédia amazighs, d'un statut spécifique à la dimension d'une revendication linguistique. [...] Voici le moment d'élargir la concertation et de fédérer les avis des représentants des institutions qui oeuvrent pour la promotion du livre: HCA, Ministère de la Culture, CNL, ENAG, CNRPAH, OPU... et la grande famille d'auteurs, d'éditeurs et de diffuseurs de livres. C'est là donc l'objectif assigné au symposium sous forme de tables-rondes de consultations [...] autour des thèmes qui nous interpellent en tant qu'organisateur de cet événement culturel majeur dédié exclusivement à tamazight: - La littérature amazighe: production, promotion et prise en charge institutionnelle. - Pour quand une chaîne de distribution et de commercialisation du livre amazigh? - Promouvoir l'édition amazighe en Algérie: mécanismes d'aides et de soutien de l'État.»

Le livre amazigh
Au cours du Symposium - et comme de tradition antique - des orateurs (personnalités de la wilaya de Bouïra, du HCA, des auteurs, des éditeurs et des diffuseurs du livre amazigh) ont librement exposé, tour à tour, leur réflexion avec conviction et professionnalisme. Après les interventions très attendues particulièrement celle de M. Youcef Merahi, secrétaire général du HCA qui a mis l'accent sur l'importance de l'objet du Symposium et celle du représentant du wali de Bouïra en la personne de son chef de cabinet M. Kamel Berkane qui a précisé l'intérêt élevé porté par M. le Wali à cette manifestation puis il a ouvert officiellement les travaux des participants, le directeur de la Promotion Culturelle du HCA a aménagé une courte séance inaugurale. Il a d'abord invité à prendre la parole, M.Kaddour M'Hamsadji (désigné parrain du Symposium), M. Hassen Bendif, directeur du Centre national du livre, M.Nourredine Lacheb, directeur général de l'OPU, Mme Nouara Hocine, directrice de l'édition de l'ENAG et M. Hocine Mezali, journaliste et écrivain. Ensuite, il a présenté le programme du Symposium tout en détaillant le thème spécifique confié à débattre dans chacune des «trois tables rondes» durant les journées des 7 et 8 décembre. Voici ´´quelques points évoqués´´, débattus et décidés, extraits de la synthèse générale des recommandations des «trois tables rondes de consultations»:
Première table ronde: «La littérature amazighe, production, promotion et prise en charge institutionnelle.» De ces interventions et discussions se dégage un certain nombre de réflexions, de propositions, de recommandations et d'engagements. - La première réflexion a porté sur la question existentielle, à savoir «A quoi sert le livre?», question posée par l'auteur Kaddour M'Hamsadji. - Engagement du HCA de maintenir et de pérenniser le Salon du Livre et du Multimédia Amazighs à Bouira. - Associer des acteurs extérieurs au HCA. - L'OPU s'engage solennellement à publier des travaux universitaires et des documents pédagogiques relevant du domaine amazigh et d'assurer leur distribution. - L'ENAG s'engage à poursuivre sa collaboration étroite avec le HCA. - Réfléchir à instituer un Prix de la meilleure oeuvre en tamazight,...
Deuxième table ronde: «Pour quand une chaîne de distribution et de commercialisation du livre amazigh?» - L'essor de la langue amazighe est lié à son officialisation.
- Professionnaliser les métiers de l'édition et de distribution. - Maintenir le Salon du Livre dans la wilaya de Bouïra,...
Troisième table ronde «Promouvoir l'édition amazighe en Algérie: mécanismes d'aides et de soutien de l'État.» - «Le rôle de la presse écrite et audiovisuelle est prépondérant.
- Encourager la lecture par le canal de l'école et des bibliothèques publiques (intervention de Mme Djoher Amhis, auteure),...
En conclusion, il faut souligner la richesse des débats en critiques, en propositions, en recommandations, et c'est sans doute là un des secrets de la réussite d'une Algérie ouverte aux grandes vérités de la modernité et donc c'est là aussi l'expression d'un peuple uni résolument tourné à la fois vers son héritage culturel historique et vers son Avenir prometteur de bonheur de vivre qu'il se construit lui-même, in châa Allah..

(*) HAUT COMMISSARIAT À L'AMAZIGHITÉ sous l'égide de M. le wali de Bouïra.
Symposium «Tables rondes de consultations» avec les auteurs, éditeurs et diffuseurs du livre amazigh, Maison de la Culture «Ali Zamoum» à Bouïra (7-8 décembre 2013).

l'Expression  

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