Amazigh Kateb au théâtre de verdure

Phénoménal !

Amazigh Kateb au théâtre de verdure
Phénoménal !Jamais les gradins du Théâtre de verdure Laadi-Flici n’ont accueilli autant de mélomanes comme cela était le cas, dans la soirée du mercredi dernier, lors du deuxième gala de Gnawa Diffusion, organisé par Broshing Events.

Une marée humaine, amoureuse de la belle musique et de la chanson engagée, s’est formée juste après la rupture de jeûne à l’entrée principale. Pour s’assurer une place dans les gradins, il fallait jouer des coudes en raison du nombre impressionnant — plus de deux milles personnes — de fans (après les 5 000 de la veille lors du premier concert donné par Amazigh) venus assister, en cette douce nuit étoilée, au concert de ce groupe iconoclaste.

Le comité d’organisation, qu’on salue au passage, a réuni les conditions nécessaires pour accueillir comme il se doit tout ce beau monde, composé essentiellement de jeunes. Prévu à vingt-deux heures, le gala a commencé vers minuit.

Qu’à cela ne tienne, la nombreuse assistance n’a pas été déçue, parce que bercée par des chansons universelles diffusées à forts décibels. Forte émotion suivie d’une salve d’ovations lorsque, gumbri en bandoulière, Amazigh Kateb, le chanteur du groupe, est monté sur scène. L’inénarrable poète, sans se faire attendre, entonnera, à la grande joie du public présent, « Salam alikoum » qui provoquera un délire parmi l’assistance. Il enchaînera avec « Sabrina » qui fera se lever la foule qui, comme par enchantement, se mettra à danser et, à gorge déployée, reprendre cette célèbre chanson. Il faut dire qu’Amazigh Kateb est à l’image du vent. On ne l’enchaîne jamais. Il souffle où il veut et sème la liberté. Et cette bouffée d’air a soufflé, en cette soirée inoubliable. Et a brisé les chaînes. Le spectacle de Gnawa Diffusion, aussi haut en sonorités que riche en genres musicaux, a eu l’effet d’une bourrasque ou d’une digue rompue au passage desquelles rien ne résiste. Accompagné d’excellents musiciens à la basse, mandole, synthétiseur, percussion et guitare, Amazigh Kateb a crée une ambiance électrique, du délire. Pas seulement, puisque, en plus de sa maîtrise parfaite de la scène, il se révélera danseur et chorégraphe doublé d’un plaisantin avéré.

Soulignons qu’à chaque fois qu’il se produit en Algérie, Amazigh Kateb, qui sort des sentiers battus, fait salle comble. La jeunesse algérienne, avide d’authenticité, se reconnaît en lui. Aussi est-il un repère pour toute une génération de mélomanes. Amazigh Kateb qui chante le mal-être d’une jeunesse en mal de repères, incomprise et brimée, compose de véritables pamphlets, d’où le respect et l’admiration dont il jouit. Notons qu’à l’issue du spectacle, les fans du digne héritier du grand écrivain Kateb Yacine ont à l’unanimité salué leur idole, qu’ils n’ont pas hésité à qualifier de phénomène. « Au sens propre du terme, Amazigh Kateb n’est pas un chanteur, mais un éveilleur de consciences. En l’écoutant, on a beaucoup appris. On pense que ce barde entier et sans concession est la résurrection de son père dont il perpétue le combat. A l’image de son paternel qui a lutté avec la plume et le théâtre, il continue à éclairer ces concitoyens au moyen de la chanson », ont-ils affirmé.

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