Boussad Berrichi

La révolution tranquille : de 1980 à 2001

Boussad Berrichi
La révolution tranquille : de 1980 à 2001À l'occasion du 20 avril, l'association Amitié Québec-Kabylie a organisé samedi le 20 avril  à 14 h, à la Société Saint-Jean-Baptiste, une conférence-débat autour du thème " La révolution tranquille de 1980 à 2001 " animée par le docteur en lettres et chercheur dans le domaine berbère, Boussad Berrichi.

Avant de donner la parole au Dr Berrichi, Nora Hamdi, modératrice, rappelle quelques faits saillants du printemps amazigh de Kabylie de 1980 et les principales revendications, en l'occurrence, tamazight langue nationale et officielle, la démocratie et la justice sociale. S'en est suivi, une projection d'un documentaire relatant des témoignages de quelques acteurs du soulèvement de 80.

« Tamazight est de fait nationale »

Clarté, concision et fermeté tels sont les qualificatifs qui caractérisent l'exposé du Dr Boussad Berrichi. Ce dernier, rentre au cœur du sujet dès le début de son intervention pour revenir au noyau des revendications du printemps 80 à savoir la reconnaissance pleine et entière, par le pouvoir algérien, de la culture et de la langue  amazighes. Une revendication qui, à ce jour, n'a pas encore été satisfaite. Toutefois, il met à nu les faux-fuyants du pourvoir quand il  déclare que tamazight est langue nationale, car « tamazight est de fait une langue nationale ; elle est même internationale puisqu'elle est au Maroc, en Tunisie, en Lybie, au nord du Mali, etc.» précise-t-il. Alors que « l'arabe classique est à peine utilisé dans les sphères du pouvoir, qui par ailleurs travaillent avec le français, et est totalement inusité et incompris par les Algériens, c'est plutôt l'arabe qui est langue étrangère. » fait-il remarquer. De même l'appellation « Maghreb » de l'Afrique du Nord ou encore « Berbères » pour désigner les Imazighenes.

« Enseigner une langue c'est transmettre une pensée, une vision, un idéal »

Il a insisté également sur la nécessité de s'ouvrir : « Il faut combattre (d'abord) la conception binaire, à l'origine de certaines querelles stériles : tifinagh ou latin, FFS ou RCD, Matoub ou Ait Menguellat, etc. » De plus, « il est temps d'étendre la question amazighe pour amortir le poids, car les enjeux sont plus grands, c'est-à-dire ne pas se restreindre à l'accent qu'on peut avoir ou à une physionomie typée. Il faut insérer les gens et produire dans une langue soutenue, il faut inviter au professionnalisme et à l'excellence,  sinon nous deviendrons une petite réserve et serons condamnés à l'assimilation et à la disparition ». explique-t-il. Enfin, il a mis en garde l'assistance contre « le danger de la créolisation de tamazight qui la réduirait au non-sens ou l'abus d'emprunts qui la fragiliserait. » 

« Si le dominant vous interdit de parler votre langue c'est pour la réduire à de petits espaces et vous condamner à disparaitre par la suite, car une langue revêt plusieurs dimensions : linguistique, expression de la pensée ; sociologique, expression de la structure de la société ; anthropologique, expression des us et des coutumes ; historique, lieu de mémoire et du passé et même préhistorique »  dit-il. Par conséquent, " enseigner une langue c'est transmettre une pensée, une vision, un idéal ". Il nous appartient de faire autrement. 

 
Plusieurs problèmes ont été soulevés et des questions ont été posées lors du débat qui a clôturé cette rencontre.

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