Musées/ L’accès à 200 DA : une aberration !


Pas chère la culture ?

Musées/ L’accès à 200 DA : une aberration !
Pas chère la culture ?Augmentation - Les droits d'entrée au musée viennent d'être multipliés par dix. De 20 DA, ils passent à 200 DA. Qui dit mieux ?

L’arrêté interministériel stipule aussi que les tarifs de la prestation du guide sont fixés à 200 DA pour un visiteur et 400 DA pour deux personnes et plus, alors que l'utilisation de caméscopes et d'appareils de prise de vue est désormais tarifée par le payement d'un forfait de 200 DA.

La question qui se pose : face à la cherté de la vie, les gens sont-ils prêts à débourser 200 DA pour entrer dans un musée ? Ce n’est pas à nous de répondre à cette interrogation. On laisse le lecteur le faire.

Même si cette nouvelle réglementation prévoit des remises de 30 % pour les groupes de dix personnes et plus, les artistes et les travailleurs de la culture, et une réduction de 50 % au profit des étudiants, stagiaires et apprentis, même si elle accorde, par ailleurs, la gratuité aux personnes âgées de moins de 16 ans ou plus de 65 ans, aux handicapés et à leur accompagnateur, aux appelés du service national et aux demandeurs d'emploi (cette dernière catégorie a-t-elle un papier prouvant qu’ils sont demandeurs d’emploi ?), fixer l’entrée aux musées à 200 DA reste une aberration. Tout ce que l’on peut dire, c’est qu’avec cette nouvelle réglementation, l’entrée dans un musée deviendra un luxe. On peut en déduire alors que l’on favorise une culture d’élite où le simple citoyen est exclu.
D’où la question : où sont les belles paroles de la ministre de la Culture, Khalida Toumi, lorsqu’elle soutenait que la culture devrait être accessible à tous.

La culture pour tous, la ministre de la Culture, Khalida Toumi, en a fait son cheval de bataille. Une culture pas chère ou la gratuité de la culture constitue donc sa devise.
La ministre, confiante dans ses convictions, a toujours réfuté, au cours de ses nombreuses déclarations aux médias, les arguments de ceux qui estiment que les enveloppes budgétaires allouées à son secteur sont excessives. Elle a toujours répété : «La culture n’a pas de prix.» Et de réitérer vigoureusement : «Ils n’ont qu’à essayer l’ignorance. Et l’ignorance, on sait ce que c’est. Nous ne voulons pas d’ignorance.» Là, elle fait allusion à la décennie noire.

La ministre, pour qui «la culture est un besoin», estime qu’elle représente un facteur certain au développement et à l’émancipation de la société. Elle éduque le citoyen.
Souvenons-nous de l’année dernière, lorsque la ministre a vivement réagi sur les ondes de la Chaîne 3, à la suite de la diffusion sur la chaîne française d’information en continu France 24 d’un documentaire portant sur les musées en Algérie. Le documentaire prétendait que les Algériens ne les fréquentaient pas parce que l’entrée aux musées était chère. «Quand on dit que l’entrée aux musées est très chère, c’est la preuve que ceux qui ont fait le documentaire n’ont jamais mis les pieds dans un musée algérien, parce que l’entrée aux musées est ridiculement bas, elle est de 20 DA», a-t-elle défendu.
Si la ministre défend, bec et ongles, son engagement pour la culture – une culture accessible à tous, sans distinction de classes sociales ni de niveaux intellectuels – pourquoi alors les droits d'entrée aux musées, qui sont publics et nationaux, sont fixés à 200 DA au lieu de 20 DA précédemment ?

Cette réglementation vient remettre en question l’engagement de la ministre pour la culture, donc contredire sa «position officielle» et ses propos longtemps tenus en faveur de son secteur.

Le Soir d'Algérie

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