IMAZIGHEN GRAFFITIS


L’art en toute liberté

IMAZIGHEN GRAFFITIS L’art en toute liberté Sans rival aucun, le graffiti mais aussi le tag offrent une forme de liberté d’expression, presque sans limite, car sans contraintes ni règles apparentes, sauf peut-être le désir de dire et de s’exprimer.
En garantissant l’anonymat, la clandestinité ou le caractère illégal souvent recherchés par les tagueurs et les graffeurs, s’ajoute un autre facteur et pas des moindres, ce libre style autrement dit art urbain ou pour d’autres graffitis-artists s’accommode à tous les supports : murs, bus, niche d’électricité, vitres… sans limites aucune et sans initiation ou enseignement préalable, ce qui explique en grande partie son universalité. À travers les quatre coins de la planète, dans toutes les langues du monde, des tagueurs et graffeurs s’expriment, disent des humeurs, des états d’âme, des opinions, des appartenances, des joies, des déceptions en graffitis, mais pas uniquement. Les études les plus sérieuses classent le graffeurs et les graffitis, respectivement comme artiste et art engagé. En matière de communication visuelle, on n’a pas fait mieux depuis les dessins rupestres. Le graffiti fait partie avec les textes épigraphiques, des témoignages écrits non littéraires, populaires, souvent très vivants et aptes à nous révéler des aspects inédits des sociétés qui les ont produits. Le graffiti se caractérise par sa force de communication visuelle, les graffeurs et les tagueurs passent maîtres en la matière de communication visuelle présentement. La créativité individuelle s’exprime dans un cadre codé et impliquant l’adhésion à toute une culture, idéologie, identité ethnique, religieuse ou autre (vocabulaire, préoccupations, goûts musicaux…). L’analogie du graffiti est représentative. La société, gagnée par le signe le symbole, d’une manière générale, favorise le visuel, le graffiti et le tag, qui ne sont aucunement les enfants pauvres de la communication visuelle, bien au contraire, ils sont les mieux  lotis et les plus utilisés, pour la simple raison qu’ils sont les plus explicites. Ils donnent à lire en équivoque et univoque.

Une tendance dans les Aurès

À travers le grand Aurès, le graffiti art urbain par excellence semble cependant perdre de son urbanité et de sa citadinité, voire de sa mondanité. Bien sûr que dans les grandes agglomérations telles que la capitale des Aurès et l’instar des autres villes et agglomérations du pays, les cités et les quartiers populaires, et aussi les campus universitaires, ont connu et reconnu cette forme d’expression qui n’est plus à ses premiers balbutiements. Cependant s’agissant des Aurès, et depuis plus quinzaine d’années, ce mode d’expression n’a pas été uniquement utilisé mais adopté, et adapté. Revendication culturelle exige !  Si dans leur majorité les villages et les zones rurales de la wilaya de Batna, mais aussi de Khenchela et Oum El-Bouaghi, jusqu’a Souk-Ahras ou Tébessa s’identifient dans la culture berbère, et se revendiquent comme tel, il y a cependant d’irréductibles villages, pour qui le besoin d’expression et d’extériorisation et beaucoup plus important. A Tk’out, Ali Nmeur, Msara et bien d’autres, les plaques de signalisation routières, les bornes kilométriques, les rideaux de garages, les devantures de magasins, sont devenus un espace inespéré pour jouer du Tag et du graffiti et de la manière la plus artistique. Parmi les jeunes tagueurs, d’actuel et d’anciens élèves des Beaux-Arts, qui s’illustrent en la matière. La quasi-totalité des graffitis inscrits sur les différents supports sont en lettres tifinagh et c’est la lettre Z amazigh qui caracole en tête. Certainement pour sa forme, sa beauté, son dynamisme, mais surtout peut-être pour sa suggestion : un arbre avec des branches et des racines. En couleur ou en noir et blanc, en bas relief, avec des branches ou carrément métal, es jeunes militants du mouvement associatif de Tk’out, mais aussi du village Ali Nmeur (Merouana) ont réalisé un challenge peu ordinaire en construisant sur les hauteurs du village un Z en béton. Nonobstant, la palme d’or revient sans nul doute à une œuvre sur la raquette d’un figuier de barbarie où tout naturellement le Z est sculpté en toute beauté.

Liberté

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