Il était une fois la République berbère du Rif

 

Abdelkrim Axettab (dit El Khattabi) est né en 1882 dans la tribu des Aït Youcef dans le Rif marocain alors sous domination espagnole. Il décédera, après sa déportation en 1963, au Caire en Egypte, à l’âge de 81 ans.  Après son évasion d’une prison espagnole en 1924, Abdelkrim Akhettab, âgé de 40 ans, réussira à fédérer plusieurs tribus voisines. Il livra une rude bataille victorieuse à l’armée espagnole à Anwal. Les espagnols sont alors chassés de la région. Il proclama la naissance de la première république berbère du Rif. Cette victoire le consolida encore d’avantage dans sa détermination à asseoir et étendre son projet de république berbère au reste du Maroc encore occupé. En 1925, une coalition conjoncturelle hispano-française forme une armée forte de plus d’un million de soldats et se prépare à donner l’assaut à la forteresse d’Abdelkrim. Auparavant, dans la métropole française et au sein de l’émigration algérienne, un mouvement syndical a été créé vers 1921. Il s’agit du CONA (le Comité des Ouvriers Nord Africains), formé essentiellement d’émigrés kabyles. Il sera présidé par Amar Imache du village d’Aït Mesbah. Le CONA, dont les revendications du moment s’orientaient sur des données sociales et sur la protection des intérêts moraux des travailleurs nord africains, mutera vers la création de l’ENA (Etoile Nord Africaine), portée par des revendications plutôt politiques. L’ENA sera créée vers 1926 par le groupe kabyle composé de Imache Amar, Yahyaoui, Radjef, Djefal, Si Djilani, entre autres. L’orientation berbèrisante du CONA conduira l’organisation à porter main forte à Abdelkrim.
C’est ainsi que plusieurs émigrés kabyles, membres de l’organisation syndicale, s’engageront dans l’armée de la première république berbère. Mais, une année après la naissance de la république berbère du Rif, soit en 1925, la coalition militaire engagée par le front populaire espagnol et le front populaire français, au pouvoir dans les deux pays, se formera et sera conduite par les capitaines d’alors, Franco et Philipe Pétain. L’armée d’Abdelkader Axettab sera défaite.  Hélas ! La première république berbère d’Afrique du Nord sera, ainsi, détruite vers la fin de 1926. La participation militaire française était stratégique et préventive. Elle s’expliquait par le fait que la France coloniale redoutait un soulèvement armé similaire en Algérie et, peut-être même en Tunisie. Ainsi, l’espoir d’une Afrique du Nord pan berbère s’effondrera. L’enseignement de l’histoire au Maroc, comme en Algérie, ne retiendra jamais l’épopée d’Abdelkrim Axettab.
Cependant, l’ouvrage d’Amar Ouerdane (La question berbère dans le mouvement national), nous permet d’entretenir la mémoire sur le sujet. A leur indépendance, le Maroc et l’Algérie emboîteront, malheureusement, le pas à la même stratégie française pour étouffer la dimension berbère du territoire nord-africain au profit d’une orientation arabo-islamique.                                                                                                                                                                                           

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la Dépêche de kabylie

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