Cinéma : “Yeççur wul” (Le choix dans la douleur) de Kamel Tarwiht et Moussa Kati


Sempiternel mais original

Le thème est surexploité, voire galvaudé même s'il reste d'actualité plus que jamais ! Tout dépend alors de la manière, du sérieux, de l'angle d'attaque, de l'originalité... Kamel Tarwiht a su dépasser l'écueil du cliché grâce notamment à son interprétation et à celle des autres acteurs principaux : Katia, Samia Djennadi, Ève Boulanger, M'hand Naguib... Les acteurs ont prêté leurs vrais prénoms aux personnages sauf Kamal (dans la peau d'Idir) et Ève dans le rôle de Martine.

Faut-il rappeler que Tarwiht fut d'abord comédien avant de devenir l'animateur vedette de Berbère Télévision... Qui se souvient de ses one-man-shows, L'amour à l'université, qu'il a longtemps interprétés à travers l'Algérie avant de s'établir en France ? Il commença alors à manquer aux planches, à la création.

Pour revenir au film, la trame est celle d'un immigré clandestin, poussé par sa femme à aller chercher une situation meilleure et qui se retrouve pris dans le piège du miroir aux allouettes. De nombreuses années passeront (son fils naîtra au bled sans qu'il le connaisse) dans un tourbillon de travail au noir et les humiliations, les arnaques, l'exploitation et jusqu'aux menaces de délation (par un entrepreneur véreux bien de chez nous).
Après le fameux “quitter le territoire français”, il ne reste que le mariage, plus ou moins blanc ! Mais Idir est déjà marié en Algérie et il aime sa femme Samia et surtout son fils Amazigh. L'enfant est toujours cité avant l'épouse ! M'hand, l'ami et beau-frère, insiste pour qu'Idir ne reparte jamais avant le sésame de la carte de séjour : il va trouver la solution. On est tenté de tout raconter mais on risque d'enlever tout mystère au film. Alors on laisse au téléspectateur le soin le plaisir de découvrir ce film où humour et tristesse se disputent nos tripes.

L'image est belle, même si le rythme nous paraît un peu lent, irrégulier. Il faut reconnaître toutefois que pour un coup d'essai, ce fut un coup de maître. Les impressions recueillies auprès du public après la projection, qui a eu lieu à la salle de Berbère Télévision à Montreuil, sont sans équivoque, unanimes pour louer la réussite du film. Nous apprenons dans la foulée que Kamel Tarwiht fait l'objet d'une thèse portant sur son parcours déjà étoffé et que nous espérons plus riche encore, tant il est un artiste complet, sobre et aimé de son public.

LIBERTÉ

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