Coup de cœur - Dans un ouvrage publié à compte d’auteur :


Les poèmes kabyles d’antan à l’honneur

Les poèmes kabyles d’antan à l’honneurC’est une belle initiative que celle prise par les éditions Zyriab chez qui Remdan At Mensur se fait éditer. Puisque de cet auteur, qui a été à l’origine d’une grande et robuste traduction du Saint Coran en kabyle, sorti dans la même maison d’édition, il a été par elle aussi un livre inhérent à la poésie kabyle ancienne. Puisque cet ouvrage de référence ‘’Isefra n’at zik, poème kabyles d’antan’’ a été publié la première fois en 1998 à compte d’auteur et disponible chez Ziryab Editions.


Et cette publication qui porte un préambule de l’auteur est d’un tel bonheur que fait goûter ce linguiste à ses lecteurs et aux amateurs des belles lettres. Car, comme le souligne de prime abord Remdan At Mensur, c’est un juste retour des choses que de revenir à ces poèmes de nos ancêtres qui ont chanté les naissances, accompagné les enfants dans leur landau, servi de berceuses à de pleines générations, mis de l’ambiance dans les twiza, animé les cérémonies de fêtes traditionnelles, et a honoré les morts à travers les chants religieux des marabouts, ou authentiquement lekhawan…


Cet apport a su exister grâce à des auteurs qui ont eu l’idée de les transcrire comme dans les années 30 par Jean El Mouhoub Amrouche, il y a eu par la suite Malek Ouary … des auteurs qui on eu le mérite de prendre sous leur protection tout ce patrimoine ancien, cette poésie première qui a su imager les croyances, la société et la culture originelle des populations autochtones. Elles qui n’avaient que cette arme pour exprimer ses émotions, ses sentiments, ses rancoeurs   et ses espoirs. Tel que l’ouvrage référentiel de Hanotaux qui résume «connaître tous les Kabyles qui disent la poésie toute la journée sans jamais se tromper ou répéter», lui qui a su récolter toute cette culture orale, portée par la poésie, telle qu’elle se déclamait, y compris celle qui dénonçait la colonisation et ne portait pas dans son cœur la France coloniale, avec ces paroles qui décrivait ces colons étrangers qui violaient de leur irruption l’intimité des villages kabyles.

A l’image de ces poèmes connus et reconnus du grand poète troubadour Si Mohand ou M’hand que Si Amer Bensaid Boulifa, puis Mouloud Feraoun ont eu la présence d’esprit de reprendre. Puis, il y a eu cette publication de Mouloud Mammeri, Youcef Necib et Tassadit Yassine qui ont eu cet autre mérite de les mettre au jour à leur tour, après des investigations, des recherches et des études approfondies sur ce patrimoine millénaire.

L’auteur dans son préambule insiste sur cette retranscription qui en fait pérennise tout un savoir-dire ancien sauvé de la déperdition et de l’oubli et de paraphraser Ibn Khaldoun qui disait comme il le cite : «Si on pouvait mettre la main et recueillir toutes les histoires (comprendre thimouchouha ou contes) racontées et rapportées par les Imazighen, on en aurait rempli tous les manuscrits disparus» pour appliquer cette donne à la poésie qui est retrouvée dans toutes les contrées, dans tous les villages, chez toutes les populations, hommes et femmes qui de tout temps et en tout lieu savent déclamer la poésie.
Une poésie sortie de l’ombre qui ne connaît plus de frontières et qui a enfin le mérite d’exister, comme l’écrit Remdan At Mensur.
Et lui à son tour en a fait bon usage avec en référence, les accompagnements linguistiques nécessaires à une bonne compréhension.  Dans le dos de la couverture, il est une symbolique de cette réputation faite à la poésie kabyle sur laquelle fait une halte Jean El Mouhoub Amrouche qui à travers un écrit tente de dire cette poésie dans toute sa beauté, sa spontanéité et sa richesse. Surtout parce qu’elle émane de petites gens qui n’avaient que le poème pour exprimer leur moi, d’où la puissance et la force de ces mots intérieurs.
Les poèmes recueillis dans cet ouvrage sont donnés à lire ou à déclamer, c’est selon en lettres latines et en Tifinagh. A chacun sa capacité de reprendre les anciens et goûter à leurs paroles.

  • «Isefra n’at zik, poèmes kabyles d’antan», Remdan At Mensur, Edité à compte d’auteur, 177 pages, prix public : 600 DA

Il est à noter enfin que l’éditeur Zyriab a mis sur rail la  traduction de cet ouvrage en langue française, accompagné d’un CD, publication en finalisation.

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