CONCERT DE LOUNIS AÏT MENGUELLET À CONSTANTINE


Une première et un album

LOUNIS AÏT MENGUELLETLe poète et chantre de la chanson kabyle Lounis Aït Menguellet s’est produit pour la première fois à Constantine, le lundi 6 septembre au palais de la Culture Malek-Haddad, présentant son nouvel album Tawriqt tacebhant tout en envoûtant l’important auditoire.

Avant d’entamer son concert, Aït Menguellet a affirmé lors d’une conférence
de presse, animée à l’hôtel Panoramic, qu’il était heureux de revenir à Constantine, trente-sept ans après. Il avait effectué entre 1971 et 1973 son service militaire dans la caserne de la Casbah. L’artiste est revenu sur son nouvel album Tawriqt tacebhant (La feuille blanche) et la contribution de ses enfants, Tarik et Djaffar, dans sa réalisation pour dire :
«Cela m’a fait énormément plaisir, on se sent à l’aise quand on travaille avec des proches». A la question de savoir pourquoi les thèmes de ses chansons tendent de plus en plus vers l’universalité, plutôt que d’aborder des thèmes locaux, il a expliqué : «Je ne vois pas de frontières entre un thème universel et un autre local. Tout ce qui concerne la société est pour moi universel». Durant plus de deux heures, le maestro de la chanson kabyle a gratifié sur la scène du palais de la Culture Malek-Haddad ses admirateurs d’un spectacle à la hauteur de sa renommée. Toujours égal à luimême, l’artiste a interprété un chapelet de chansons puisées de son riche répertoire.

A son entrée dès 22 heures, le chanteur entame la soirée avec un des titres de son nouvel opus dans lequel il raconte les angoisses du poète face à une feuille blanche quand sa muse lui fait défaut. Les rimes de l’auteur et interprète épousent les notes qui s’élèvent des cordes de sa guitare. Il éblouit un public tombé sous le charme. Aït-Menguellet enchaîne avec Idhoul sand’aanruh (lointaine est notre destinée), il plonge encore son auditoire dans la magie du verbe et la finesse de l’interprétation. Nostalgique, il revient avec Ma trud (Si tu pleures), un de ses premiers succès, et puis A lwisa (Louisa), Urdjigh (L’attente languissante) et Tavrast (Le message).
Le public boit littéralement ses paroles et reprend en choeur ses chansons apprises par coeur. La soirée devient enivrante, pleine de magie, une véritable odyssée mémorable pour ses fans constantinois. Les présents en prennent plein les oreilles avec Vghigh ad inigh (je veux dire), Rouh ad kimagh (va, je reste) et Ldzayer thamurt nnegh (Algérie, notre pays). On danse par ci et on chante par là, le public a souhaité que ce voyage vers l’amour, la magie et la poésie dure le plus longtemps possible. Durant cette soirée, il y a également un grand moment quand Aït Menguellet a salué l’exploit de l’équipe de la Kabylie avec le fameux tube JSK.

C’est le délire dans la salle. Des youyous fusent de partout. «Imazighen, Anwa wigui D dimazighen » et «One, two, three, viva l’Algérie», ponctuait le public à gorge déployée. Vers minuit trente, l’hôte de l’antique Cirta, la ville de Massinissa, le roi des Amazighs, quitte les lieux sous les applaudissements du public qui n’oubliera pas de sitôt ce grand évènement.

De Constantine, Moza D.

Le Jeune Indépendant

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