2e édition du festival de Djoua


Une montagne en chantier et en fête

DJOUA- 2010Le coup d’envoi de la 2e édition du festival de Djoua, organisé par l’Association de protection et de développement du patrimoine et du tourisme, sera donné demain dans la soirée.

Le mont Djoua, situé dans la commune de Boukhelifa, à une trentaine de kilomètres de Béjaïa, accueille la deuxième édition du festival de Djoua qui verra la participation de plusieurs stars de la musique algérienne et internationale. Pour cette soirée d’ouverture, le groupe de rock kabyle très en vogue en ce moment, Les Abranis, lancera les festivités qui dureront toute une semaine, dans cet endroit féerique culminant à plus de 1000 mètres d’altitude. Plusieurs autres grands artistes seront de la partie : Chikh Sidi Bémol, Amazigh Kateb, Gaâda Diwane Bechar, Djamel Allam, Azal Belkadi, le groupe Tagrawla, Chikha Cherifa venue du Maroc, le groupe de musique traditionnelle amérindienne Orquestra de instrumentos autoctonos qui nous vient d’Argentine, la formation de musique afro-brésilienne Luma et So de Samba, et bien d’autres. Mais ces animations musicales ne sont, selon les organisateurs, à leur tête M. Youcef Khelfaoui, le président de l’association Djoua, qu’un agrément destiné à égayer les nuits du festival. L’essence de cette manifestation réside, en effet, dans la volonté des concepteurs de réhabiliter le patrimoine de cette région et surtout d’en faire une destination touristique susceptible de relancer le tourisme de montagne, notamment culturel. Ainsi, le programme de cette deuxième édition est réparti sur trois axes principaux : le village artisanal, les débats et les animations.

L’artisanat dans tous ses états
Le village artisanal accueillera nombre d’activités liées aux métiers anciens et à l’industrie traditionnelle. Une vingtaine de métiers sera représentée par de vrais artisans qui occuperont les différents stands alloués aux expositions et aux démonstrations. La bijouterie, la maroquinerie, le tissage, la tapisserie, la céramique, la poterie, la couture traditionnelle, la décoration, la peinture sur soie et autres pratiques oscillant entre l’artisanal et l’artistique seront exposées lors de cette deuxième édition. Des journées thématiques sont également prévues, rythmées par des démonstrations, des ateliers, des projections de films documentaires et des conférences, afin de promouvoir ces métiers menacés de disparition, mais aussi d’attirer l’attention du public sur l’immense intérêt que représente ce domaine dans le cadre du développement local, du tourisme et du rayonnement culturel. Est prévue aussi l’installation d’une kheïma qui sera le centre névralgique du village et où auront lieu une exposition de photographies intitulée «Focus sur l’art du tissage : portraits d’artisanes, les matériaux, les motifs, les outils et leur signification», ainsi qu’un espace pour la documentation où les visiteurs pourront s’informer sur la question grâce à des ouvrages fournis par une librairie d’art et à une documentation spécialisée liées aux entreprises artisanales. Aussi, plusieurs conférences et projections de documentaires sont-elles programmées pour accompagner les journées thématiques. Il y aura notamment des journées autour de la poterie berbère, la teinture végétale, la vannerie. En outre, un mini-salon d’artisanat sera installé autour de la kheïma où une vingtaine d’artisans venus de différentes régions d’Algérie proposeront leurs produits à la vente, mais s’engageront également dans un travail pédagogique afin de renseigner les visiteurs sur les techniques et le savoir-faire de l’artisanat traditionnel algérien.

Débats et loisirs
Le festival de Djoua, comme le rappellent souvent ses initiateurs, s’inscrit avant tout dans une démarche de sensibilisation et de réhabilitation qui se fixe comme premier objectif de réanimer et enrichir le secteur du tourisme et du développement local et de rendre sa place au soleil à un patrimoine culturel et populaire menacé d’oubli. Plusieurs débats citoyens auront donc lieu à l’occasion de cette deuxième édition. Ils porteront essentiellement sur les perspectives d’un tourisme de montagne écologique et culturel, qui ne saurait réussir sans «la préservation et la réhabilitation du patrimoine et la promotion d’un développement durable». Les débats s’intéresseront également à un sujet d’importance capitale mais qui est resté, malheureusement, dans l’ombre depuis plusieurs années. Il s’agit des vieux villages kabyles plus ou moins abandonnés par leurs habitants. A ce propos, le débat sera centré sur nombre de questionnements : faut-il faire de ces villages des musées ou des lieux de vie et d’activité ? Comment faire cohabiter la construction traditionnelle et le confort moderne ? Quels aménagements et quelles activités pour faire revivre les espaces autour de ces villages ? Ce sont là des questions pour le moins intéressantes qui éclaireront le public sur la possibilité de sauver une architecture unique en son genre, témoin d’une histoire et gardienne d’une mémoire collective d’une valeur inestimable. Quant aux animations artistiques, littéraires, associatives et ludiques, elles s’inscrivent également dans un esprit de promotion et de réhabilitation du patrimoine et des divers avantages du tourisme de montagne. Ainsi, seront installés des chantiers pour la reconstruction d’une maison kabyle selon la typologie de Djoua, la fabrication de charbon de bois selon la technique dite «du bûcher» que pratiquaient naguère les habitants de Djoua, le repérage et la délimitation des sentiers muletiers qui sillonnent la région par la construction de murets en pierre sèche. Les loisirs de montagne, les cafés littéraires et les espaces associatifs seront aussi des acteurs déterminants dans la réussite de cette deuxième édition.

Le festival de Djoua est une démarche forte et ambitieuse qui, après seulement deux ans d’existence, arrive à s’imposer comme un événement majeur sur la scène culturelle algérienne. La qualité de l’organisation, alliée au concept de développement durable et de promotion du patrimoine, sans oublier son esprit écologique, font de cette manifestation l’une des plus prometteuses de notre agenda culturel annuel. Djoua sera en fête, en débat et en chantier du 15 au 22 juillet. Les nombreux touristes locaux qui affluent sur les plages de Béjaïa seront certainement intéressés de découvrir l’autre face de la région : une montagne féerique qui se voit embellir par un festival de haute voltige.

Le Jeune Indépendant

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