WORKSHOP INTERNATIONAL SUR LE DICTIONNAIRE DES LANGUES DE MOINDRE DIFFUSION


Le cas de tamazight à rude épreuve

Le cas de tamazight à rude épreuve«A l’heure actuelle, il n’existe aucun dictionnaire de kabyle moderne mis à jour et vérifié valable au-delà d’un seul parler, d’un seul village, comme celui des Aït Menguelat», affirme-t-on.

Qu’est-ce qui fait qu’une langue meurt et d’autres restent?  Pourquoi certaines survivent au détriment des autres?  Si l’on consent à dire que la vitalité d’une langue est le reflet de la vitalité des individus qui en font usage, quel serait le rapport entre une langue populaire usitée mais non écrite et une autre officielle, comme c’est le cas en Algérie? Qui détermine le choix de sa vivacité et ou vitalité? Comment établir les lois de sa survivance alors? La transcription s’applique-t-elle à toutes les langues?

La langue amazighe fait partie de ces langues vernaculaires qui peuvent disparaître à tout moment car la problématique de sa transcription demeure encore actuelle tant qu’elle n’est pas complètement enseignée dans les écoles.
Ses dialectes sont autant nombreux qu’ils demeurent encore difficile de les astreindre à un alphabet et les réduire à des dogmes standards.
La viabilité d’une langue reste tributaire des gens qui la pratiquent. Toutes ces questions linguistiques relatives à la langue amazighe seront débattues par un ensemble de chercheurs au cours du printemps prochain.

En effet, du 1er au 3 juin, le Centre national pédagogique et linguistique pour l’enseignement de tamazight (Cnplet), en collaboration avec le laboratoire Paragraphe de l’université Paris 8, organise à Alger-Tipasa un workshop sur le thème «La dictionnairique de langues de moindre diffusion (le cas de tamazight)».
Il sera le prolongement des deux ateliers qui ont eu lieu en mai 2008 sur «les Tics et les méthodes d’enseignement/ apprentissage des langues» et fin mai 2009 sur la «Normalisation, numérisation et le e-learning» tenus à Tipasa. «Aujourd’hui, l’un des moyens les plus sûrs pour la conservation et le développement des langues de faible diffusion et de fonctionnalité sociale réduite, est la confection de bases lexicales et de corpus d’expressions de tout ordre compatibles avec une utilisation informatisée.(...) c’est sur la base d’une analyse linguistique sérieuse que pourra se réaliser une extraction automatique réussie des données selon le besoin fixé». Le traitement automatique des corpus suppose-t-on, sera à même de régler un ensemble de questions relatives à la fixation graphique et orthographique des unités de la langue, par conséquent, de la morphologie et de la syntaxe.

S’agissant de la langue amazighe, le kabyle en particulier, dit-on, a fait l’objet de recherches diverses depuis le XIXe siècle. Même si on dispose aujourd’hui d’une connaissance linguistique structurale importante de cette langue, il n’est pas de même, note-t-on, quant à l’aspect dictionnairique et celui relatif à son évolution qui manque cruellement. «A l’heure actuelle, il n’existe aucun dictionnaire de kabyle moderne mis à jour et vérifié valable au-delà d’un seul parler, d’un seul village comme celui des Aït Menguelat.» Or, l’école a grand besoin de cet outil de travail comme tout dictionnaire de grammaire scolaire.
Le but de ces journées de travail qui réuniront plus d’une vingtaine de chercheurs dans le domaine est de «réfléchir sur les méthodes et moyens pouvant aboutir à la mise en place et à la disposition des chercheurs, des utilisateurs et des secteurs concernés d’une grande base de données lexicales et d’expressions numérisables susceptibles d’être développées ultérieurement sous forme de dictionnaire, électronique ou non, spécialisé par thème et par niveau».
Le workshop sera organisé sous la forme de présentation consacrée aux recherches sur les dictionnaires et les questions connexes à caractère linguistique, morphosyntaxique, lexigraphique et sémantique (pour les langues de moindre diffusion). Aussi, ces présentations seront accompagnées par des articles qui seront publiés dans les actes de la conférence après une évaluation par le comité de programme international et pluridisciplinaire.
Un ensemble d’universitaires, chercheurs, lexicologues etc., sont invités à se réunir, à discuter et sortir avec des résultats, lesquels seront publiables ultérieurement.

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