Tizi-Ouzou La maison de la culture Mouloud-Mammeri



Farid Ferragui . L’invité du jeudi a répondu présent, fidèle à sa ponctualitié légendaire.

Farid Ferragui où l’art de bercer par la force du verbe et les vibrations mélancoliques du Luth

Invité à la rencontre mensuelle “parole aux artistes” qu’organise la Maison de la culture Mouloud Mammeri et animée par Slimane Belharet, Farid Ferragui . L’invité du jeudi a répondu présent, fidèle à sa ponctualitié légendaire. Farid Ferragui un artiste dépassant la cinquantaine et fort de ses trente années d’albums, durant lesquelles, il a produit une vingtaine d’albums, tous disponibles sur le marché.


Cet artiste unique dans son genre, célèbre par ses chansons sentimentales et sociales, est revenu presque sur tout son parcours dans sa langue maternelle qu’il s’est prêté au jeu et à répondu à toutes les questions de l’animateur et du public dans une simplicité rare qui a justement fait la grandeur de l’auteur des chansons tout simplement curatives. Des chansons qui ne sont en fait qu’un baume aux cœurs chauds. Cet homme qui aurait pu faire autre chose dans sa vie, d’ailleurs il est passé par l’école normale et a fait des études dans le domaine du journalisme, mais l’amour de la chanson, de la scène et de la communion avec ses fans ont prévalues, Farid a répondu à l’appel du cœur et a choisi la chanson et l’art de bercer.

Les débuts de Ferragui

“En 1981, lorsque j’ai commencé à chanter, la situation était tout autre, c’est vous dire les difficultés que rencontrait l’artiste à cette époque. Des difficultés d’ordre politique, sociale et artistique. Se frayer un chemin et gagner sa place sur la scène n’était pas chose aisée. Je prenais les choses sans calcul et sans prétention. Je prenais les choses comme elles venaient mais à chaque nouvelle chanson, à chaque nouvel album, j’essayais de donner le meilleur de moi-même. Le travail, la persévérence et l’acharnement en sont le secret de ma réussite, si réussite il y a, c’est aux admirateurs de le dire. Avec le temps, comme un oiseau qui construit petit à petit son nid. Farid Ferragui est devenu ce qu’il est maintenant. Conscient de l’estime qui est dans les cœurs et les esprits, je m’attelle toujours à redoubler d’efforts pour être à la hauteur de ce que le public attend de son artiste,” répondra Farid à l’animateur qui l’a sollicité à ce propos.

Le niveau de la chanson kabyle actuellement

La chanson kabyle n’est plus ce qu’elle était pendant les années 70-80. Le niveau a un peu baissé et les causes en sont multiples. L’apparition du raï en kabylie, la chanson rythmée, qui dans certains cas, n’apporte aucun progrès à la chanson kabyle. Les reprises dont lesquelles versent certains jeunes chanteurs qui reprennent d’anciennes œuvres artistiques qu’ils dénaturent et sans oublier les conséquences de la décennie noire qui a vu beaucoup de grands noms quitter le pays pour préserver leurs vies et celles de leurs familles, choses légitimes, je présume. Pour les jeunes chanteurs, je leur conseille si je suis en mesure de le faire, de travailler car c’est en forgeant qu’on devient forgeron, imiter les anciens n’est pas du tout le chemin à prendre car il ne peut pas y avoir deux Farid Ferragui, il n y en a qu’un seul, et il n y aura qu’un seul, que chacun trouve sa voie et se fasse un nom. C’est bien de s’imprégner du travail des autres, c’est ce que tout artiste fait. Mais vouloir être et prendre la place d’un autre, c’est mal.

Toutefois, il y a des jeunes qui font de très bonnes choses. Je reste optimiste, la chanson kabyle retrouvera la place qui est sienne, les jeunes peuvent sûrement relever de défi, pourquoi pas, le retour à la poésie et à la chanson à texte sera d’un grand apport.

L’absence de Ferragui pendant le décennie noire


A cette remarque qui viendra d’un admirateur, le chanteur dira : “Ce n’est pas tout à fait juste, je ne me produisais pas sur scène mais j’ai continué à mettre sur le marché des albums. Le lien n’a jamais été rompu même si pendant la terrible décennie je n’ai pas eu à animer de galas, la raison en est bien simple. L’amour du public et le souci de préserver la vie de mes fans ne me permettait pas de prendre ce risque. J’aime et je respecte mon public. Je ne respire que par lui et pour lui, alors de grâce ne me parlez pas de galas et de fêtes en pleine tempête. Maintenant que l’accalmie semble revenir, eh bien, on est là devant vous et avec vous”.

Le victoire des Verts et le comportement des artistes égyptiens

A ce sujet Farid Ferragui a répondu avec le titre de l’une de ses œuvres : “Negha attsegem, attif Ula d Marikan”, ce qui voudra dire “nous voulons qu’elle se redresse et qu’elle dépasse l’Amérique”, dans des moments pareils, le citoyen et l’artiste en particulier, ne peut être que derrière son pays. Notre joie était immense, d’ailleurs nous avons fêté cette victoire en France, avec nos frères émigrés qui étaient venus en grand nombre au gala que nous avons organisé. Ce qu’a fait l’équipe nationale est une preuve que les jeunes algériens peuvent accomplir des merveilles, pourvu qu’on leur offre le cadre et les moyens nécessaires. Cette victoire peut donner une dimension grandiose à toute la nation. Quant aux insultes et égarements des égyptiens et de leurs soit-disant “artistes”, le chanteur trouve que les Pharaons se sont rebaissés et tombés très bas. Cela est une question de niveau. Le sport censé consolider les liens et rapprocher les foules est devenu par l’ignorance, source d’incidents et de discordes.
Espérons que cette victoire et tout ce qui s’en est suivi, nous fera réconcilier avec notre identité nationale chère à Abane et Krim “Algérie Algérienne”.

Ambiance familiale et conviviale

Les questions pleuvaient à flots, l’homme, l’artiste répondait avec simplicité et modestie qui lui sont connues. Farid a su subjuguer la foule nombreuse venue l’écouter, pourtant son luth et son bendir ne l’avaient guère accompagnés. Avec la force de son verbe et la maîtrise parfaite de son sujet, Farid a réussi à capter les cœurs et les esprits.

Chose qui n’est pas à la portée du premier venu. Pendant plus de trois heures, le “berceur” de plusieurs générations kabyles a pu, avec tact et minutie, hypnotisé toute l’assistance, envoûtés et charmés par la force et la magie du verbe de son les présents ont longuement applaudi le guérisseur et le porte étendard des cœurs.

La Dépêche de kabylie

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