À PARTIR DU PRINTEMPS 2010

Tizi Ouzou aura son festival du cinéma

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La tenue du Festival du film amazigh devrait combler le vide culturel.

Désormais, le Festival culturel national annuel du film amazigh aura lieu à Tizi Ouzou. C’est ce qui a été réaffirmé jeudi dans la ville des Genêts par Assad Si El Hachimi, commissaire de la manifestation, en marge de la tenue du Panorama du film amazigh en hommage au cinéma africain.

La tenue du festival du film, à Tizi Ouzou à partir de mars 2010, est une excellente nouvelle pour la population de la région qui s’est toujours plainte de la pauvreté de l’animation culturelle.
Cette information est d’autant plus intéressante que le lancement de ce festival sera accompagné par l’inauguration de la cinémathèque de Tizi Ouzou dont les travaux sont en cours au niveau du site de l’ex-cinéma Mondial (près du siège de la daïra). Depuis 1998, il n’existe aucune salle de cinéma dans la wilaya de Tizi Ouzou alors qu’avant, il y en avait un nombre suffisant: les salles «Djurdjura», «L’Algéria», «Le Mondial», «Le Studio» en plus de celles de Tigzirt, Azazga, Larbâa Nath Irathen et Aïn El Hammam.
Le septième art a ainsi connu une véritable traversée du désert.
Cette coupure est malheureusement intervenue presque simultanément avec la mise sur pied du cinéma d’expression kabyle.

En 1994, est sorti sur les écrans le premier long métrage professionnel en tamazight, la Colline oubliée. La projection du film a eu lieu à la Maison de la culture Mouloud-Mammeri, dans un climat festif. C’était un moment historique auquel ont pris part des hommes de culture et des militants de la cause berbère.

Le fait que le film soit adapté d’un roman d’un pilier de l’amazighité Mouloud Mammeri, a donné à cette oeuvre une dimension symbolique. Comme ce genre de productions exige des moyens financiers énormes, l’engouement suscité par sa réalisation a failli faire long feu. De même que sa sortie a ouvert la brèche à une multitude de réalisateurs amateurs ayant investi le créneau, même il s’est agi souvent de productions de qualité très discutable, voire médiocre. En plus de l’amateurisme et du manque de moyens, ces productions en tamazight ont à peine servi à meubler le temps libre de leurs initiateurs. Ce n’est que quelques années plus tard que l’un des plus beaux films en kabyle voit le jour. Il s’agit de La Montagne de Baya du regretté Azeddine Meddour.
Le film a connu un franc succès auprès du public avec l’histoire émouvante et le récit à peine réaliste. Mais ce qui impressionne dans cette production cinématographique est sa qualité technique incontestable.

Le lancement du Festival du film amazigh en 1999 avait tout l’air d’être une utopie. Certains observateurs sont même allés jusqu’à suggérer son annulation pure et simple parce que, ont-ils argué, il n’y avait aucune production à même d’animer ce genre de festivals. Mais la détermination des initiateurs a été telle qu’ils ont réussi à relever le défi.
Un défi dont ils célèbreront le dixième anniversaire en 2010 dans la capitale du Djurdjura.
«Il est vrai qu’au départ, la filmographie amazighe était très pauvre, mais nous avons voulu que le film amazigh puisse devenir une réalité», explique Assad Si El Hachimi.
La preuve, lors de la dernière édition du Festival du film amazigh, tenu au début de l’année à Sidi Bel Abbès, pas moins de soixante-quatre films ont postulé. Suite à une sélection effectuée par un jury, dix-sept films ont été retenus pour la compétition finale.
Trois ont obtenu l’Olivier d’Or ainsi que des enveloppes d’argent afin de pouvoir poursuivre le chemin de la production cinématographique.

L'Expression

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